DÉMOCRATIE (suite de 12/01/2018) Charter 7c


Le théâtre grec ancien pour la démocratie

Le théâtre fut la création, par excellence, démocratique. D´autres civilisations ont créé le théâtre d´ombres en essayant de faire parler les ombres à la place des êtres humains, parce qu´ils ne pouvaient dire que peu de choses et, surtout à cause du régime, ils ne pouvaient pas contester leurs chefs. En Grèce, on n´a connu le théâtre d´ombres que beaucoup plus tard. À l´époque classique, les gens avaient entièrement le droit de parler et de contester (iségorie). C´est ainsi que le théâtre est né. Aristote fait correspondre la Poésie Dramatique à la Rhétorique et ce n´est pas par hasard ; le Théâtre et la Rhétorique présupposent la Démocratie et ils ne sont créés que grâce à elle.

Nous verrons brièvement -cela pourrait être le sujet d´une autre thèse- comment les idées et les institutions démocratiques sont soutenues, dans les œuvres des trois auteurs tragiques, en laissant de côté Aristophane dont les descriptions des structures de la Démocratie sont très éloquentes et évidentes, même si le poète aurait désiré que « ça » change.

…….

7. Eschyle. Eschyle qui a combattu à Marathon, à Salamine et à Platée fait l´hymne du régime démocratique dans les Perses surtout. Le poète montre une grande finesse en faisant prononcer au Coryphée, un vieux Perse, l´hymne suivant : « Ils

[les Athéniens]

ne sont esclaves ni sujets d´aucun homme. » (v. 242), (40). Il s´agit d´un vers qui fait « éclater » les spectateurs en applaudissements, chaque fois qu´il est entendu, de nos jours, au théâtre d´Épidaure. L´hymne pour l´invincible Athènes qui a fait pleurer la Perse, est continué par le Messager.

D´ailleurs l´esprit et le régime démocratiques sont toujours présents dans toutes les pièces. Tout d´abord le couple de notions qui font le citoyen, αἰδςκαὶδίκη, (pudeur et justice), devient chez Eschyle : αἰσχύνηκαὶδίκη, (pudeur et justice ; αἰσχύνη est un synonyme de αἰδώς), (Sept contre Thèbes, v.v. 407-416). La Justice, Δίκη, est un des mot les plus fréquents dans toute l´œuvre du poète. Nous avons déjà parlé de la Sainte Trinité préchrétienne, en évoquant Protagoras.

Les noms κλῆρος, klêros, et πάλος, son synonyme, et les verbes κληρῶ, klêrô et λαγχάνω, lankhano rappelaient aux Athéniens les structures de leur régime : « κἀγώπάλουτἔκυρσα » (Enfin moi-même, ayant obtenu du sort…), (Les Perses, 779.) « Κληρουμένουςδἔλειπον, ὡςπάλῳλαχών » (Tandis qu´ils tiraient au sort, je les ai laissés, puisque je l´ai obtenu par le sort) (Les Sept contre Thébes, 55.). « ὡςτἐνπύλαιςἕκαστοςεἴληχεπάλον. », (…comment le sort a désigné à chacun d´eux sa place aux portes.), ibidem, 376. « ἴσονλαχεῖν », (… ils se sont partagés [mot à mot : tirés au sort] leurs biens), ib. 908.

Je ne parlerai pas des mots nombreux, composés ou produits du mot Démos, dont se sert Eschyle, et je ne mentionnerai pas combien de fois le poète parle des citoyens, même au sujet de la Perse ; je ne m´occuperai pas de « la liberté de parole (ici Eschyle utilise un mot autre que l´iségorie, mais un synonyme) qui va démolir », selon le poète, « l´état perse, après la defaite à Salamine », (Les Perses, 591-597), ou des expressions comme : « Κατ΄ἀρχῆςγὰρφιλαίτιοςλεώς. », (Car le peuple aime à critiquer ses chefs.), (Les Suppliantes, 485), qui nous rappelle, certes, Thersite. C´est l´objet d´une autre étude. Je terminerai ce bref rappel des idées politico-démocratiques du théâtre eschylien en me référant à l´adjectif ὑπεύθυνος, (Les Perses, 213 et Prométhée enchaîné 324), et à son contraire, ἀνεύθυνος, (cf. Hdt. III, 80 3 et 6) qui signifient responsable-irresponsable de nos jours, mais qui, accompagnés du mot archonte, au sens large du terme, montraient dans l´Antiquité Grecque que toute personne responsable d´une charge était obligée d´en rendre des comptes, une fois son mandat expiré, et qui, d´habitude, ne durait qu´une année. Ce terme passe presque sans être noté aujourd´hui ; en effet, la traduction rendre des comptes ne nous dit pas grand´chose. Or, le spectateur, citoyen Athénien, savait très bien ce que ce terme signifiait, il en était très fier, et, très sûr de son régime, qui ne considérait personne au-dessus de lois et ne permettait à quiconque, même désigné par le sort, d´exercer sa vie durant, un second mandat de député ou d´administrateur dans le secteur public (41).

8. Sophocle. Puisqu´il avait bien aimé Athènes, Sophocle est caractérisé par le titre : φιλαθηναιότατος (très proathénien). Il n´est jamais sorti d´Athènes, comme Socrate, que pour participer à une ou deux expéditions militaires ; nous l´avons déjà signalé, en parlant d´Antiphon. Ses textes sont, en général, truffés de terminologie politico-démocratique. Nous examinerons Ajax et Électre, justement parce que ces deux pièces contiennent moins de vocabulaire politique, vu que les thèmes traités s´y prêtent moins.

Dans Ajax, nous ne retrouvons les mots κλῆροςetλαγχάνωque très peu (508, 825, 1058), tandis que les mots δίκη etαἰδὼςou αἰσχύνη(voir plus haut Eschyle) les notions de base de la citoyenneté, selon Protagoras (Plat. Prot. 322), y sont plus fréquentes. Nous retrouvons, pour la première fois, dans la pièce, le mot αἰδώς, quand Ajax se délivre de sa folie et que les marins de son bateau, ses camarades, ses amis, ses concitoyens, le Chœur, cherchent à le voir : « Peut-être, s´il me voit, aura-t-il quelque honte. » (v. 345), (42). La folie avait enlevé la honte, la pudeur, à Ajax ; ce sera sa guérison lorsqu´il pourra voir ses concitoyens, sa pudeur reviendra, en voyant ses concitoyens. Sophocle utilise également le verbe correspondant pour montrer le respect vis-à-vis des parents (v. v. 506, 507). Or, les institutions démocratiques de la cité et surtout le tribunal populaire et la pudeur convenable que doit avoir tout citoyen envers les lois sont précisément citées (v. v. 1073-1083 et 1136, 1243-1254). Il est vrai que le poète met cette citation dans la bouche de personnages peu aimables : Ménélas et Agamemnon dans Ajax, Créon dans Antigone. Or, après avoir esquissé le bon citoyen -qui doit être muni de pudeur- ces chefs aboutissent à ne pas être pudiques, eux-mêmes, mais abusant du pouvoir : ils interdisent de donner une sépulture aux morts. Le Chœur, qui représente le Démos, le corps civique suprême de la cité, les désapprouve entièrement dans Ajax (v. v. 1091-1092) et, d´une façon détournée, dans Antigone (v. v. 211-214 et 216). Même la franchise de Teucre et d´Antigone n´est-elle pas un trait de la démocratie et en rapport avec elle ?

Dans Électre, l´occurrence des noms κλῆρος, son synonyme πάλος et du verbe λαγχάνω est peu importante (v. v. 710, 751, 760), tandis que la pudeur et la justice dans toutes ses formes se trouvent partout (v. v.34, 254, 476, 538, 551, 560, 561, 583, 607, 609, 615-616, 621-622, 989 etc.).

Or, Sophocle, comme « bon intellectuel », malgré son pro-athénisme (43) sincère, méprise le Démos ; nous l´avons déjà vu, en parlant d´Antiphon ; son petit fils homonyme, (fils d´Ariston, son fils bien aimé de sa deuxième épouse, l´hétaire Théoris) fut l´un des Trente Tyrans (44). Sophocle, le petit fils du poète, n´aurait-il pas vécu dans un contexte plutôt antidémocratique qui le conduisit à un tel geste ?

9. Euripide. Euripide est plus direct en ce qui concerne les commentaires sur la démocratie. Dans les Suppliantes, Thésée analyse les traits caractérisant le régime d´Athènes, la démocratie : Le régime est soutenu par la classe moyenne (v. 244), lui-même ne veut pas s´appeler « tyran » bien qu´il soit le chef, le roi de la cité. Il faut nous rappeler que le sens initial du mot « tyran » est « roi » (45). Euripide, contrairement à Thucydide (voir plus haut), fait dire par Thésée que la cité n´est pas gouvernée par un seul homme (v. 405). Un autre trait de la Démocratie, c´est la durée du mandat qui n´excède jamais une année. Il y a égalité devant la loi (isonomie), sans que l´argent ne soit le régulateur de tout. Thésée et Euripide font l´éloge d´Athènes démocratique (v.v. 403-463).

Dans Médée, nous retrouverons la même attitude vis-à-vis du mot « tyran » : Égée, le père de Thésée ne s´appelle ni roi ni tyran, tandis que Créon, le roi de Corinthe, et sa fille, Créuse sont appelés « tyrans » (v.v. 607, 700, 877) ou « kérans » (v. 875) ; le mot « kéran » ou « kœran » ou « kœranos » -selon la traduction et la translittération du mot grec, κοίρανος– est synonyme du mot « tyran ». Même les futurs enfants de Jason et de Créuse sont appelés « tyrans ». Dans Médée, nous retrouverons la notion de la pudeur (v.v. 439, 472), tandis que Zeus et Dikè, la Justice, apparaissent ensemble (v. 764).

Dans Iphigénie au pays des Taureaux (v.v. 1579-1581), Euripide mentionne l´Héliée et la manière de voter : l´égalité des voix implique l´acquittement. C´est le principe d´équité, principe démocratique dont parle Aristote dans la Politéia des Athéniens (46).

Or, l´éloge de la Démocratie et des idéaux démocratiques n´empêche pas Euripide de quitter Athènes et d´aller vivre dans la cour royale de Macédoine où il a laissé paraître un caractère très autoritaire et pas du tout démocratique, et il a accompli des actes impensables à prévoir, lorsqu´il vivait à Athènes : il a fait fouetter quelqu´un pour lui avoir dit que sa bouche avait une mauvaise haleine Une telle attitude serait inouïe, infaisable et même punie à Athènes ; en effet, personne ne pouvait battre ou faire battre un citoyen Athénien. Or Archésilaos, le roi Macédonien, lui en avait accordé la possibilité (47).

Nous voyons encore une fois comment un “bon intellectuel” loue la démocratie, lorsqu´il s´y trouve et il essaie d´obtenir -pourquoi pas- le premier prix ; mais il n´hésite pas à se comporter d´une toute autre manière, même antidémocratique, si l´occasion lui en est donnée.

Un usage du vocabulaire démocratique différent.

10. Alcméon le Crotoniate. Nous finirons cette revue rapide des opinions des penseurs Grecs sur la démocratie avec le médecin Crotoniate Alcméon (fin VIe- début Ve siècle). Dans un fragment qu´Aétios (V, 30, 1 ou Diehl-Kranz 24 b 4) a préservé, le médecin grec de l´Italie du Sud dit que la santé est une question d´équilibre entre situations contraires, comme l´humidité et la sécheresse, le froid et le chaud etc. Cet ouvrage est considéré comme un des écrits médicaux grecs et, naturellement européens, les plus anciens. Et je dis un des plus anciens, parce que la recherche nous laisse croire qu´il y en avait eu d´autres.

Ce qui est intéressant dans les théories d´Alcméon c´est la terminologie : il utilise la terminologie politique pour s´exprimer métaphoriquement en biologie. Je cite le texte grec : « Ἀλκμαίωντῆςὑγεἰαςεἶναισυνεκτικὴντἠνἰσονομίαντῶνδυνάμεων, ὑγροῦ,ξηροῦ, ψυχροῦ, θερμοῦ …, τὴνδἐναὐτοῖςμοναρχίαννόσουποιητικήν· φθοροποιόνγὰρἑκατέρουμοναρχίαν. » (Alcméon dit que l´isonomie des puissances, c´est-à-dire de l´humidité et de la sécheresse, du froid et du chaud…, maintient la santé ; au contraire la monarchie parmi elles [les puissances] crée la maladie ; car la monarchie de chacune provoque la catastrophe.). Le sens propre précède toujours le sens figuré, métaphorique. C´est une règle sans exception. La métaphore d´Alcméon montre donc, comment les notions politiques-démocratiques sont entrées dans le vocabulaire grec et, bien sûr, depuis une date bien avancée de sorte qu´elles puissent être comprises au sens figuré, dans d´autres domaines, comme dans la théorie médicale (48).

Il faut noter encore qu´Alcméon n´utilise pas le terme démocratie mais le terme isonomie (égalité devant la loi), comme Hérodote (III, 80), qui semble être son synonyme par synecdoque, le mot démocratie n´étant pas encore tellement en usage. À vrai dire, on a commencé, semble-t-il, à utiliser le mot démocratie, quand le Démos, les gens pauvres qui étaient exempts d´impôts, ont acquis le droit de participer à la citoyenneté, d´avoir des droits civils. Nous avons signalé à plusieurs reprises que la différence entre démocratie et oligarchie fut quantitative et non pas qualitative dans l´Antiquité Grecque. Les citoyens d´une oligarchie furent isonomes (égaux devant la loi) et ils payaient, tous, des impôts, selon leur possibilité économique. On appelait Sparte oligarchie isonome (49). Il y a le mot isocratie, comme terme de transit entre le mot isonomie et le mot démocratie. Nous en avons déjà parlé dans l´introduction.

Conclusion partielle.

En conclusion partielle, nous pouvons répéter, sur l´ensemble des intellectuels Grecs, ce que nous disions de chacun d´entre eux à : ils sentaient qu´ ils ne pouvaient vivre ni ailleurs ni autrement qu´en démocratie, mais ils auraient préféré vivre sans le Démos : ils aimaient l´aillasse mais pas l´ail ; en effet, si l´on pouvait fabriquer l´aillasse sans ail, on pourrait installer la démocratie sans le Démos.

Gérer le pouvoir ou s´en occuper, en général, c´était la marotte des intellectuels Grecs. La préoccupation unique de la Paidéia Grecque, c´était, grâce à la liberté-démocratie, d´éduquer les citoyens et leurs fils de telle manière qu´ils puissent être capables d´exercer le pouvoir. Par conséquent, aimer le pouvoir, c´était tout à fait normal et loyal. La seule personne qui renonça au pouvoir et qui ne méprisa pas le Démos, bien qu´il fût un intellectuel, fut Solon (50). Quand on lui avait offert le pouvoir absolu, la monarchie-royauté-tyrannie, il y renonça, puisque le nom même de la monarchie (gouvernement d´un seul homme) lui semblait être repoussant et, à son avis, elle ne pouvait se transformer qu´en tyrannie ; la royauté, même si la personne qui l´exerce est pleine de vertus, ne peut aboutir qu´en tyrannie et, quant à celle-ci, Solon disait qu´elle était un beau pays mais sans issue (51). Le sage Athénien n´exprimait que ce que pensaient les Grecs, en général, sur toute espèce de monarchie, encore qu´il y eut des exceptions, comme celles de Pittacos à Mytilène et de Tynnondas à Eubée.

Il y avait des gens qui se moquaient de Solon et ils le traitaient d´insensé, d´imprudent, d´inconsidéré, pour ne pas accepter la tyrannie d´Athènes -il y en avait même qui désiraient s´emparer du pouvoir pour un seul jour et disparaître, eux-mêmes et leur famille, après. Or, le grand législateur eut la perspicacité de saisir que sa législation, la Démocratie, devait tout vaincre. Et, vu que la Civilisation Grecque et, par conséquent, la Civilisation dite Occidentale est due surtout à la Démocratie, il est évident que Solon pouvait voir très loin dans le temps. Il répond, donc, à tous ceux qui le controversaient, à tous les ennemis de la Démocratie, ses contemporains ou à venir, d´une manière qui ne semble être nullement tempérée et tout à fait contraire à son caractère : « Je n´en ai aucune honte ; car c´est ainsi que je crois aller vaincre tous les gens. » (52). Nous pourrions penser que, même s´il n´a pas voulu s´emparer de la tyrannie à Athènes, Solon se sentait content et fier d´avoir gagné tout le monde à sa législation, par la démocratie. Décidément l´ambition d´être premier fut une idée très répandue parmi les Grecs, elle fut considérée comme un signe de l´homme libre, de l´homme démocrate. Or, dans l´Histoire de l´Humanité, les exemples de gens qui ont eu le pouvoir et qui l´ont quitté volontiers, afin que d´autres puissent en jouir, sont comptés sur les doigts d´une seule main. La grande majorité en furent abusifs.

Pour finir, nous devons conclure qu´une fois la démocratie fondée, les intellectuels Grecs, qui, en général, aimaient leur patrie, jouissaient des biens de la démocratie, mais ils méprisaient le Démos.

Examinons maintenant quelques opinions européennes sur la Démocratie et le tirage au sort.

(être continué)

par  Alexandre Kontos

NOTES

40. (Eschyle) La traduction des vers d´Eschyle est faite par Émile Chambry, Eschyle, Théâtre complet. Éd. Garnier-Flammarion, Paris, 1964.

41. Comme nous l´avons déjà signalé, le citoyen Athénien ne pouvait être député deux fois dans sa vie que si la liste des citoyens était épuisée, c´est-à-dire très rarement, presque jamais; aucune autre charge de l´exécutif, désignée par le sort,n´était attribuée pour une deuxième fois.

43. (Sophocle)Sophocle était appelé φιλαθηναιότατος, c´est-à-dire celui qui aime fort bien les Athéniens, comme nous l’avons déjà dit.

44. Xén. Hist. Gr. II, iii, 2.

45.(Euripide) Cf. la traduction habituelle de l´œuvre de Sophocle : Οἰδίπουςτύραννος en Œdipe-roi. Leconte de Lisle traduit : Oidipous-roi. Voir p. 95, n. 26.

46. « En effet, les Athéniens, usant en cela de l´humanité (le texte grec dit πραότητι, à quoi conviendrait mieux le mot français équité ) habituelle à la démocratie, laissaient habiter dans le pays les amis des tyrans qui ne s´étaient pas compromis dans les troubles ;… » XXII, 4.

47. Pol.V, 1311b 30-34. Il s´agit d´un comportement de la part du grand tragédien pas tellement démocratique, même si le jugement sur ce comportement d´Euripide peut sembler pueril.

48. Nous retrouvons aussi chez Pindare (Pyth. V, 66-67) : « ἀπόλεμον ἀγαγών ἐς πραπίδας εὐνομίαν… » (en amenant dans le cœur une eunomie, harmonie sans guerre, douce comme la paix…) ; le poète parle de l´effet du don de la musique qu´Apollon donne à ses favoris. Nous voyons dans ces vers que la terminologie politique est entrée dans le domaine sentimental.

49. Thuc. III, 62, 3.

50. (Alcméon le Crotoniate) On pourrait en proposer d´autres, comme Protagoras. Or, nous ne pouvons juger objectivement que si la personne jugée se trouve dans sa propre cité-patrie où il jouissait de la citoyenneté et pas hors d´elle.

51. Plut. Solon 14 7-8. Rien que le langage du sage Athénien montre un homme calme, sûr de lui, sans passions, mais qui sait très bien ce qu´il faut faire pour sa patrie, pour ses concitoyens.

52. « Οὐδὲν αἰδεῦμαι· πλέον γὰρ ὧδε δοκέω / νικήσειν πάντας ἀνθρώπους. » (Plut Sol. 14, 8).C´est vraiment curieux que Solon utilise le verbe νικῶ, vaincre, comme si le combat politique était un combat à main armée. La corrélation entre la politique et la guerre est une idée fort propagée parmi les Grecs qui étaient toujours citoyens et soldats à la fois mais jamais ni administrateurs, ni militaires professionnels, tout au moins dans leur patrie-cité. Par ailleurs, les mots πόλιςou πτόλιςet πόλεμος ou πτόλεμος sont de la même origine, d´après les lexiques étymologiques (voir Ioannis Stamatacos, Lexique [étymologique de la langue grecque classique. Éd. Athenaion, Mavromichali, 16 Athènes) ; polis signifiait château fort. La polémique et la politique allaient de pair depuis longtemps. Nous retrouverons cette idée explicitement exprimée un peu partout dans les textes grecs. En voici deux exemples chez Xénophon (Hiéron, IX, 5 et De l´équitation, II, 1) et reproduite par le général Coutouzof beaucoup plus tard. Le sage Athénien utilise aussi le verbe qui vient du mot αίδώς. Certes, en disant : « Je n´ai aucune honte… » Solon sous-entend qu´il a tellement respecté (qu´il a eu αίδῶ [aidos, en grec honte, pudeur, respect] pour) ses concitoyens qu´il n´a pas honte vis-à-vis d´eux.

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