ΑΡΒΑΝΙΤΕΣ ΕΙΤΕ ΑΛΒΑΝΙΤΕΣ -ΑΡΚΑΔΙΤΕΣ ?- extraits d’Histoire de l’Albanie (H7 ΠΕΡΙΠΤΩΣΙΣ)


(SUITE DE  1/12/17)

Chapitre 15

Première série des évêques d’Ochride – Saint Grégoire le Grand proteste contre le titre de patriarche oecuménique – Mahomet Saint Denys est le premier des évêques d’Ochride que mentionne Lequien en son Oriens christianus. Saint Denys assista au concile de Sardique ou Sophia (346). Ce concile décida que pour honorer l’autorité donnée par Jésus Christ à Saint Pierre, on doit en appeler au pape, son lieutenant, pour toutes les affaires et détails majeurs entre ecclésiastiques. Saint Denys ne souscrivit pas seulement les actes mêmes du grand concile, il souscrivit aussi la circulaire adressée par lui à toutes les églises en faveur du grand Saint Athanase d’Alexandrie. Antoine est le deuxième évêque que nous trouvons à Ochride. Arrivé à Ephèse en 449 Antoine se rangea au parti de la cour byzantine et souscrivit les actes du conciliabule ou brigandage. Mais ensuite nous trouvons sa signature au bas de la lettre adressée à l’empereur Léon par le Synode d’Epire. Saint Protérius avait été assassiné à Alexandrie par les partisans d’Eutychés, et avant d’agir contre les assassins, Léon voulut avoir l’avis des évêques. Or le pape en tête, la presque unanimité des évêques fut d’avis que les assassins de Protérius devaient être punis. Laurent paraît avoir été le successeur immédiat d’Antoine. Sachant que Saint Gélase venait de monter sur le siège de Saint Pierre, Laurent l’informa du succès de la lettre de Saint Félix, son prédécesseur.

La circulaire de Saint Félix aux évêques d’Illyrie avait été lue à Salonique et dans toutes les autres églises du vicariat apostolique. En terminant, Laurent demande et pour lui et pour les autres évêques une réponse médicinale. La réponse du pape est de 495. Saint Gélase répond aux évêques illyriens que “fût-il patriarche, l’évêque de Constantinople n’en serait pas moins soumis aux lois ecclésiastiques, et qu’il doit être condamné quand il manque à ses devoirs ou enseigne une doctrine fausse comme il est arrivé à tant de patriarches grecs.” “Du reste,” ajoute le pape, “bien qu’Acace se dise patriarche, il ne l’est pas.” Pour faire de leur église un patriarcat, les Byzantins s’étaient adressés au Pape Saint Léon, et Saint Léon avait repoussé la demande d’Anatolius, de l’empereur Marcien et du sénat. “Enfin,” poursuit Gélase, “Anatolius lui-même finit par reconnaître que le pape seul pouvait élever d’autres évêques à la dignité de patriarche.” Plus tard Laurent eut à défendre la foi contre l’empereur Anastase, et son courage lui valut une prison de sept ans dans les cachots de Byzance. Il y avait perdu l’usage de ses membres. Mais il le recouvra miraculeusement dans l’église de Saint Cosme et Saint Damien où il se fit transporter. De retour à Ochride, Laurent y mourut octogénaire la même année que son persécuteur (518). Théodoret paraît être monté sur le siège d’Ochride pendant la prison de son prédécesseur. Il paraît aussi qu’il fut directement élevé sur ce siège par le Pape Saint Hormisdas, car dans une lettre à Saint Avit, un des évêques de France, Saint Hormisdas dit: “Les églises de Dardanie et d’Illyrie nous ayant demandé des évêques, nous en avons ordonnés là où il était besoin.” A ce moment, l’Archevêque de Salonique était passé dans le parti des hérétiques et il avait perdu tous les pouvoirs qu’il tenait du pape. C’est pour cela que Saint Hormisdas avait été obligé de pourvoir directement à la vacance des sièges illyriens. C’est Théodoret qui reçut à Ochride les légats demandés par l’empereur Justin. Comme Zoïle, évêque de Scampis, il fit lire à l’église et souscrivit le formulaire que devaient souscrire à Constantinople 2,500 évêques, prêtres et moines. C’est aussi du temps de Théodoret que le vicariat apostolique d’Illyrie fut partagé en deux: celui de Salonique et celui de Justinianée (Custendil) par les papes Saint Agapet et Vigile à la demande de Justinien. Bénénat paraît avoir été l’immédiat successeur de Théodoret.

Appelé à Constantinople pour l’affaire des trois chapitres, c’est-à-dire pour les trois écrits d’Ibas, de Théodoret d’Ancyre et de Théodoret de Mapsueste, Bénénat paraît avoir compris avec le Pape Vigile qu’il ne faut pas confondre un écrit avec son auteur. Au concile de Chalcédoine, les susdits auteurs avaient été reconnus pour orthodoxes, bien que les ouvrages écrits ci-devant par eux ne le fussent pas.

Justinien, dans sa manie de dogmatiser, confondait les livres avec les auteurs eux-mêmes, et de là les violences impies et scandaleuses qu’il fit au Pape Vigile et aux évêques de son avis. Finalement un concile eut lieu (553). Les trois chapitres furent condamnés, mais leurs auteurs furent tenus pour orthodoxes, comme les avait tenus le concile de Chalcédoine. Catellius I, vicaire apostolique de la haute Illyrie, ne nous est connu que par le rescrit de Justinien (535). Mais Jean, un de ses successeurs, joue un rôle considérable dans la correspondance de Saint Grégoire le Grand. Son élection avait été agréée par l’empereur Maurice, et Saint Grégoire lui envoya le Pallium (591). L’institution de la primatie ou Patriarcat de Justinianée, Ochride avait donc été faite par le pape à la demande d’un empereur chrétien, et c’est à un empereur non chrétien en 1767 que le patriarche grec demande la suppression de la même primatie. Or lequel de ces deux actes est canonique ou anticanonique, chrétien ou antichrétien? Mais une suppression anticanonique et antichrétienne peut-elle être de quelque valeur aux yeux des chrétiens: Albanais, Valaques et autres? Selon toute apparence, l’archevêque primat de Justinianée ne transféra sa résidence à Ochride que dans les premières années du septième siècle. Car à cette époque la Macédoine, l’Albanie inférieure, la Prévalitane ou Albanie supérieure furent saccagées par les Avares et les Slaves. Seule après Constantinople, Salonique ne tomba point aux mains de ces barbares. L’Epire elle-même pouvait être saccagée un jour ou l’autre. C’est pour cela qu’on emporta à Corfou les reliques de Saint Donat. Beaucoup d’évêques se réfugièrent alors à Corfou et ailleurs. S’étant ensuite attribué une juridiction sur les églises qui les avaient accueillis, Saint Grégoire le Grand décida qu’ils avaient eu simplement droit à l’hospitalité en attendant qu’ils puissent revenir en leur pays. Il existe encore des lettres du Pape Saint Grégoire aux évêques d’Albanie relatives à plusieurs choses, entre autres à une loi de l’empereur Maurice qui défendait aux soldats de se faire moines. Saint Grégoire recommande à ses légats, Eusèbe de Salonique et Jean de Justinianée, aux métropolitains Urbitius de Durazzo, André de Nicopolis et à d’autres de n’admettre ni dans les monastères ni dans la cléricature les employés civils et militaires qui n’auraient pas rendu leurs comptes.

Mais les plus remarquables comme aussi les plus énergiques de ses lettres sont relatives au titre d’oecuménique que venait de prendre l’évêque de Constantinople. Depuis 451, ces évêques n’avaient pas un moment cessé d’empiéter sur les droits des autres évêques et des autres patriarches. Finalement ils voulurent d’eux-mêmes prendre la place assignée par Jésus Christ au pape, en la personne de Saint Pierre. Jusqu’à présent ils ont empiété tantôt sur l’un tantôt sur l’autre, maintenant ils veulent se substituer à tous. De là vient que Saint Grégoire, écrivant aux patriarches d’Alexandrie et d’Antioche, leur dit: “Ne donnez à personne le titre d’universel, car le donner à l’un, c’est dégrader les autres, et s’il arrive,” dit encore Saint Grégoire, “que celui qu’on nomme ainsi tombe dans l’erreur comme déjà il est arrivé à plusieurs évêques de Constantinople, tous s’y trouveront plongés avec lui.” Dans une de ses lettres au primat de l’Illyrie, Jean de Justinianée, Saint Grégoire ne veut pas qu’on reconnaisse un titre pareil, ni à l’archevêque de Constantinople, ni à qui que ce soit: “Et cela,” dit-il, “ par ce que le titre de patriarche oecuménique ou de patriarche universel exclut l’existence de tout autre patriarche. Comment y aurait-il des patriarches à Alexandrie, à Jérusalem, à Antioche et ailleurs si celui de Constantinople est patriarche de l’univers entier.” Cette prétention de Jean le Jeûneur à vouloir être seul patriarche au monde était le fruit d’une ambition et d’une hypocrisie diabolique. De là vient que Saint Grégoire lui écrit lui-même: “Une chose m’étonne c’est que vous ayez paru d’abord fuir l’épiscopat, et que vous paraissiez maintenant l’avoir recherché par ambition. Vous vous déclariez indigne de nom d’évêque et maintenant vous voulez le porter vous seul” (595). A cette époque, Mahomet, chef du musulmanisme, avait déjà vingt-six ans. Dans plusieurs de ses lettres à l’empereur Maurice et à d’autres, on voit que Saint Grégoire pressentait un châtiment exemplaire pour les évêques et pour les empereurs byzantins. Les uns et les autres avaient tous perfas et nefas cherché à faire de Constantinople la capitale du monde chrétien. Bientôt nous verrons Dieu en faire la capitale du monde musulman.

Chapitre 16

Ravages en Albanie par les Vandales et les Visigoths – les Albanais quittent l’armée grecque – conseil de guerre à Durazzo – châteaux construits ou réparés en Albanie – Principauté Deocléate – Illyrie dévastée par les Slaves et les Avares – réflexion de Pouqueville sur les châteaux et les lois de Justinien

En 475, sachant qu’on lui envoie une ambassade, Genséric, roi des Vandales, se hâte de la prévenir et envoie sa flotte piller les villes de Sicile, d’Italie et d’Epire, entre autres Nicopolis. L’ambassadeur grec s’en étant plaint comme d’un acte d’hostilité, Genséric répliqua: “Alors j’étais en droit d’agir en ennemi. Maintenant que vous me faites des propositions de paix, je suis prêt à les entendre.” En 459, Théodoric, roi des Ostrogoths, vient en Albanie avec toute sa nation et veut s’y établir. Déjà il était maître de Durazzo quand il échangea cet établissement contre un meilleur que l’empereur Zénon lui offrait en Mésie. Pélagonie (Monastir), leur ayant refusé des vivres pour aller en Albanie, ils la prirent d’assaut et la brûlèrent. Peu avant ils avaient de même pris et détruit Gradsko (l’ancienne Stobie). Pour se venger des Byzantins qui lui disputaient l’Italie, Tolida, roi des Ostrogoths, envoie trois cents barques avec ordre de piller les côtes de la Grèce. Ils abordèrent, dit Le Beau, l’île de Corfou, la saccagèrent et passèrent en terre ferme (551). Nicopolis, Ochesme et d’autres villes jusqu’à Dodone éprouvèrent toute la fureur des Goths. S’étant ensuite rembarqués, ils ravagèrent toute la côte albanaise et saisirent les nombreux vaisseaux qui portaient des provisions à Salone où l’on attendait les armées de Jean et de Nerses (liv. 48, ch. 4). Le même auteur nous apprend encore que, mécontent des Gépides, Justinien donna aux Lombards des habitations en Pannonie et en Norique, et qu’il leur prodigua même de grandes sommes d’argent pour aller s’établir dans le voisinage des Gépides en delà du Danube. Mais toutes ces gratifications n’empêchèrent pas les barbares de ravager la Dalmatie et l’Illyrie jusqu’à Durazzo. Le titre d’alliés ne leur donnait que plus d’audace. Arrivait-il que les prisonniers leur échappassent des mains, ils se croyaient en droit de les redemander. “On les vit même,” dit Procope (liv. 3, ch. 33 et 34), “rentrer sur nos terres aller reprendre leurs esclaves dans les maisons, et les arracher des bras de leurs parents.” Procope nous apprend aussi (Guerre des Goths, liv. 3, ch. 11). qu’un corps de troupes albanaises quitta les armées grecques disputant l’Italie à Totila.

Ils en donnèrent pour raison qu’on ne les payait pas, qu’en leur absence les Huns avaient fait irruption dans leur pays et qu’ils avaient enlevé leurs femmes et leurs enfants (541). Un conseil de guerre se tint à Durazzo entre Bélisaure et les autres généraux envoyés au secours de Rome qu’assiégeait Totila (548). “Peu après,” ajoute Procope (Guerre des Goths, liv. 3, ch. 39), “les Slaves inondent toute l’Illyrie jusqu’à Durazzo, y exercent toute espèce de cruautés, de meurtre, de brigandages et enlevèrent une partie de ses habitants. Ils y prennent aussi quelques forts jusqu’ici estimés imprenables et parcourent tout le pays. Les généraux chargés de protéger l’Illyrie avaient réuni quinze mille hommes et pourtant ils ne suivirent l’ennemi que de loin.” Veut-on approximativement juger des ravages faits par les barbares en Albanie sous le règne de Justinien, on n’a qu’à jeter un coup d’oeil sur le nombre de forts que Procope nous dit y avoir été ou faits à neuf ou réparés par cet empereur. Panégyriste et contemporain de Justinien, Procope compte trente-deux bâtis à neuf et vingt-six réparés dans la nouvelle Epire ou Albanie centrale. Dans l’ancienne Epire, le même auteur en compte douze construits à neuf et vingt-quatre réparés. La nouvelle Epire avait Durazzo pour capitale et l’ancienne pour ville principale Nicopolis. Mais d’où vient qu’ayant fait construire ou réparer ailleurs tant de forts, Justinien n’en fit ni réparer ni construire dans la Prévalitane? Le voici en peu de mots. Luccarius, dans son histoire de Raguse, nous apprend qu’un des premiers Goths établis en Dalmatie avait conquis la Prévalitane et avait fait de Scutari sa capitale. Marié à la soeur d’Istok, père de Justinien, il demanda plus tard à Justinien, son neveu, le titre de roi, mais l’empereur ne lui accorda que le titre de comte, sous lequel les gouverneurs de la Prévalitane furent désignés par les chroniqueurs grecs. Ducange trouve ces détails très probables. Aussi bien les Visigoths et les Ostrogoths occupèrent-ils successivement la Dalmatie et la haute Albanie, y établirent des colonies et des gouverneurs de leur nation, et gardèrent ce pays jusqu’en 535. Il est vrai qu’à cette dernière époque le Bas-Empire reprit possession de la Dalmatie, mais le peuple y resta. Seules les garnisons des Goths d’Italie en furent expulsées. Ailleurs nous avons dit qu’à l’approche des barbares, les évêques de la Basse-Albanie transportèrent à Corfou les reliques de Saint Donat. Or les malheurs qui nécessitèrent une pareille mesure et jetèrent partout l’épouvante coïncident avec la destruction de quarante villes de Dalmatie par le Khaham des Avares (598). C’est au moment où Justinien éparpillait ses troupes en Italie contre les Goths, en Orient contre les Perses que, trouvant dégarnies les frontières de la Save et du Danube, les Slaves envahirent par troupes l’Illyrie. Or leurs troupes couvraient encore le pays de la mer Noire à la mer Adriatique, du Danube au cap Matapan, quand les Avares se présentèrent. Pour les Avares, il n’était question que de venger l’outrage faite aux ambassadeurs massacrés par les Slaves. Mais pour l’empereur Tibère ce fut une occasion favorable de purger l’Illyrie. Du consentement de Bayan et de Tibère, quinze mille cavaliers avares tombent sur le campement des Slaves et le pillent (581). Jusqu’ici les Slaves avait pillé l’Illyrie pour leur compte et désormais ils la pilleront encore pour le compte des Avares. Les Avares viennent de piller eux-mêmes quarante villes en Dalmatie.

Les Slaves en pilleront d’autres. L’Albanie centrale ne fut pas épargné. Elle a éprouvé, dit Pouqueville, le fléau de toutes les guerres qui précédèrent l’établissement et la chute du Bas-Empire. Les villes furent plusieurs fois détruites et relevées. Justinien avait fait rebâtir Tyranna, Avlone, Mousseion, il fit aussi fortifier le défilé des portes Caudavicunes pour arrêter les incursions des barbares. Mais il en fut des châteaux de Justinien comme de ses lois. La multiplicité des unes et des autres ne pouvait plus soutenir un colosse frappé de vétusté (Pouqueville, Voyage, tome 1, pag. 373).

Chapitre 17

Manière dont les Slaves s’établissent en deçà du Danube – Touchées de ce que Jean IV rachète leurs esclaves, plusieurs tribus se convertissent – leurs serments – leur constitution politique – établissement des Bulgares en Mésie – Italiens et Grecs

Sous Maurice et Phocas, les Avares trouvèrent lucratif d’envoyer des Slaves ravager l’Illyrie pour leur compte. Et finalement ils en envoyèrent un si grand nombre qu’il ne fut plus possible ni de les rappeler, ni de partager avec eux les dépouilles des Romains. C’est alors que l’Illyrie toute entière, mais l’Albanie un peu moins que la Macédoine, la Dardanie, la Mésie et la Thrace, fut littéralement inondée et couverte par une population nouvelle. C’est alors aussi que Salone fut ruinée (639). C’est alors enfin que, chassés de l’Herzégovine par les Slaves, des populations romaines passèrent les unes en Dalmatie, les autres à Durazzo (610-640), dit Constantin Porphyrogénète. Des auteurs ont prétendu que Héraclius avait fait venir des Slaves en Illyrie. Son but aurait été de repeupler les campagnes désertes et d’opposer une barrière aux Avares. Mais les choses ne se passèrent pas ainsi. Tout ce que Héraclius pût faire fut de ne pas essayer de renvoyer ceux qu’il ne pouvait chasser des Balkans et du Pinde. Probablement les engagea-t-il ensuite à défendre contre les Avares les terres abandonnées, les villages et les villes dont ils avaient pris possession. Touchés de ce que le Pape Jean IV et l’Abbé Martin, son vicaire, faisaient pour le rachat des captifs illyrico-romains tombés au pouvoir des Slaves, des Serbes et des Croates, en un mot beaucoup de ces barbares, demandèrent eux-mêmes de se faire chrétiens (640). Et comme tous ces pays faisaient partie du vicariat illyrien, c’est-à-dire relevaient du pape, c’est au pape qu’Héraclius s’adressa pour avoir des prêtres et des évêques. Ce fait est d’autant moins douteux qu’il nous a été conservé par un empereur grec, Constantin Porphyrogénète. Les Slaves baptisés, ajoute cet auteur, jurèrent par un serment prêté à Saint Pierre qu’ils vivraient en paix et en repos avec les chrétiens, et en retour le pape leur promis sa protection et celle de Dieu. Remarquons aussi que les immigrés slaves ne formaient ni un état ni une confédération. C’était une masse inerte et utile comme population agricole, mais inoffensive pour l’autorité impériale. Chaque tribu était gouvernée par un Jupan, sort de kodja-bachi, dont l’autorité s’étendait plus ou moins à proportion du nombre et de la force de la tribu. Vidimir, un de ses principaux Jupans, avait pris au baptême le nom de Wiatoplok (Wiati-Pelek) ‘saint enfant,’ et à sa mort il fut enterré dans la cathédrale de Dioclée, dans la haute Albanie. Les Slaves illyriens étant pour la plupart devenus chrétiens, les auteurs grecs et particulièrement Constantin Porphyrogénète les distinguent de leurs frères restés en Moravie, en Galicie et en Boucovine, par les noms de Slaves chrétiens et Slaves païens. On le voit même qualifier de païens ceux des cantons d’Herzégovine qui reçurent le baptême beaucoup plus tard. Essentiellement agricoles et manquant d’un chef commun, les tribus slaves vont bien longtemps encore ne pas causer de graves soucis aux empereurs byzantins. Il n’en sera pas ainsi des Bulgares. Déjà ils avaient assiégé Byzance unis aux catholiques illyriens sous l’empereur Anastase en 514 et 518. Ils l’assiégeront encore unis aux Avares en 625. Affranchis ensuite de la tutelle des Avares, Couvrat, leur chef ou roi, recherche l’amitié d’Héraclius (640) à l’heure même où Amron prenait l’Egypte. Mais ensuite Couvrat meurt et la nation se partage entre ses cinq fils. Le cinquième ayant conduit les siens en Italie, Asparoukh, le second, fut s’établir avec d’autres en Mésie (678). Constantin Pogonat accourt aussitôt de Constantinople et veut les en chasser. Mais il est vaincu aux bouches du Danube. A partir de ce jour, les Gréco-Byzantins auront deux principaux ennemis à combattre: les Bulgares en Europe et les Avares en Asie et en Afrique.

(D’ETRE CONTINUE)

Jean-Claude Faveyrial

SOURCE   livre ‘Histoire de l’Albanie

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