ΑΡΒΑΝΙΤΕΣ ΕΙΤΕ ΑΛΒΑΝΙΤΕΣ -ΑΡΚΑΔΙΤΕΣ ?- extraits d’Histoire de l’Albanie (H5 ΠΕΡΙΠΤΩΣΙΣ)


(SUITE DE 5/12/15)

Chapitre 10

Romanisation de l’Illyrie

Au quatrième siècle avant J. C. les historiens grecs appellent Illyrie la côte orientale de l’Adriatique depuis le fond de cette mer au nord jusqu’aux monts Acrocérauniens au sud où commençait l’Epire. Dans l’intérieur des terres, l’Illyrie s’étendait jusqu’à la Save au nord-est, et à l’est jusqu’à son affluent le Drina entre la Bosnie et la Serbie. Le mont Scardus l’aurait ensuite séparée de la Macédoine et de la Thrace. Traversée du nord-est au sud-est par le prolongement des alpes Juliennes, elle était parsemée d’îles, repaires des pirates et divisées par trois fleuves principaux: la Kerka ou Tatius qui se jette dans la mer à Scardona, le Narenta ou Naro et le Drin méridionale ou Drilo. L’Illyrie méridionale était comprise entre le Drilo et les monts Acrocérauniens. Rome n’occupa d’abord que l’Illyrie méridionale, la Macédoine et l’Epire.

La conquête de l’Illyrie septentrionale fut l’oeuvre d’Octave avant la bataille d’Actium. Mais déjà il importe de faire la remarque d’Appien. “Les Romains,” dit cet auteur, “entendent par le nom commun d’Illyriens non seulement les Dalmates et les tribus voisines, mais encore les Pannoniens, les Mésiens et tous les peuples qui se trouvent à droite en aval du Danube. Je n’ai pu découvrir, ajoute l’historien susdit, ce qui a fait naître cette opinion. Mais certainement elle prévaut aujourd’hui, et le tribut payé par tous ces peuples depuis le Pont Euxin (mer Noire) jusqu’à l’Istrie s’appelle collectivement le tribut illyrien.” Poinsignon explique le nom commun d’Illyrie donné à tous ces peuples par l’érection de l’Illyricum en duché ou gouvernement militaire. Mais Desdevises en trouve la cause dans une homogénéité de race, tous ces peuples étant illyriens (Macédoine ancienne, pag 59).

Quoiqu’il en soit, devenue province du vaste empire romain et s’étendant, y compris la Macédoine et l’Epire, de l’Adriatique à la mer Noire, l’Illyrie vécut plus que de la vie commune à toutes les autres, à la France, à l’Angleterre, à l’Espagne, à l’Italie. C’est dans cette vie commune qu’elle prit la forme romaine et contracta les habitudes qui en eussent fait le bras oriental de la civilisation chrétienne sans les intrigues anti-chrétiennes de l’esprit byzantin. Commencée en 168 avant J. C. par la conquête de l’Albanie, de l’Epire et de la Macédoine, la romanisation de la presqu’île illyrienne fut achevée en 46 de l’ère chrétienne par la transformation de la Thrace en province romaine. Deux choses y contribuèrent: les écoles et la législation. A vrai dire, Rome n’imposait aux vaincus ni sa langue ni ses lois. Mais elle établit une école de latin dans tous les principaux centres, afin qu’on put s’entendre avec les gouverneurs, car les gouverneurs ne devaient parler que latin, même en Grèce, dit Valère Maxime. Rome accordait en outre une législation particulière à ceux qui lui en demandaient.

Les Macédoniens en ayant demandé à Paul-Emile, il leur en donna une, dit Tite-Live, “qui semblait faite non pour des ennemis vaincus, mais pour des alliés qui auraient rendu d’importants services” (liv. 4, ch. 32). Très probablement Anicius en rédigea d’analogues pour toute l’Albanie du golfe de Cattaro à celui d’Ambracie. Mais pour respecter les usages nationaux, Rome n’en rendit pas moins accessible la qualité de citoyen romain à quiconque méritait cette faveur. Il est probable cependant que du jour où l’empereur Caracalla étendit le droit de citoyen romain à tous les sujets de l’empire, les coutumes locales se trouvèrent abolies en principe (211-217). Quoiqu’il en soit, la romanisation avait déjà tellement travaillé en Illyrie les éléments nationaux dont se composait le pays et elle en avait fait, grâce au Christianisme, un tout si homogène, que Constantin le Grand fit des provinces illyriennes un état distinct gouverné par son neveu Dalmatius. Qui est-ce qui annula les dispositions testamentaires du grand empereur? La faction hellène inféodée à l’arianisme et toute puissante alors. Cette faction réagit contre la volonté de Constantin. Dalmatius étant venu à Constantinople y fut massacré. Les états de ce prince, suivant les vues de Constantin, devaient former un tout capable de résister aux barbares. Mais partagés, affaiblis, rendus incapables de  repousser l’ennemi, ils en devinrent la propriété après en avoir été la proie.

Notre intention n’est pas de retracer les douloureuses vicissitudes de la presqu’île illyrienne au temps des invasions barbares. Mais il est un point sur lequel aujourd’hui plus qu’à une autre époque, il importe d’avoir une opinion. D’où vient en effet qu’il n’en a pas été en Romanie (provinces illyriennes), comme en France, en Italie, en Espagne, voir même en Angleterre? En d’autres termes, d’où vient que le slavisme y a prévalu sur la romanisme? Qu’elle en a été la cause? L’impuissance des Grecs et leur esprit sectaire. Installé à Byzance au lieu et place du romanisme, l’hellénisme en prit le nom, mais il n’en fit pas les oeuvres. Au lieu de s’en tenir aux décisions inévocables des conciles oecuméniques et de laisser le gouvernement civil concentrer son attention sur la défense des frontières, il fit du palais impérial une arène théologique. Et chose remarquable, c’est précisément à l’heure où la frontière était la plus menacée et les provinces illyriennes les plus ravagées par les Goths, les Huns, les Avares, que les Grecs se disputaient avec le plus de fureur. En un mot, au moment où les provinces tombaient, l’une après l’autre, aux mains des barbares, ils firent exactement ce qu’ils devaient faire encore au moment où les Turcs s’emparaient de Constantinople (Etudes historiques sur les Valaques du Pinde, pag. 213-214).

Chapitre 11

Les légions illyriennes et l’empereur Sévère

– leur protestation contre la vente de l’empire par les prétoriens L’empereur Sévère n’était point Albanais de naissance, mais il commandait les légions illyriennes au moment où après avoir égorgé Pertinax, les gardes impériaux vendirent l’empire romain à Dedius Julianus au prix de 6,250 drachmes par soldat. Réduit à l’impuissance, le sénat lassait faire, mais un tel marché souleva l’indignation de toutes les légions romaines. Celles d’Angleterre proclamèrent empereur le général Albin, celles de Syrie Pecennius Niger et celles d’Illyrie Septème Sévère. Or les légions illyriennes se recrutaient particulièrement en Albanie et en Macédoine. Pour ne pas le céder en ambition à ses collègues, Sévère ne voulut pas de lui-même prendre la dignité impériale. Il attendit que son armée la lui imposa. Seulement, dit Hérodien (liv. 2), il s’emportait fort contre la garde prétorienne. Entre autres, il l’accusait d’avoir égorgé Pertinax après lui avoir juré une fidélité inviolable, et il aurait voulu qu’un homme énergique vengeât sa mort et rétablit l’honneur de l’empire. Or, ajoute Hérodien, ces discours faisaient plaisir aux soldats d’Illyrie qui avaient servi sous Pertinax au temps de Marc-Aurèle et qui avaient admiré sa douceur envers les soldats autant que sa valeur intrépide. Les voyant pleins de vénération pour Pertinax et de ressentiment pour ceux qui l’avaient tué, Sévère parut indifférent à toute autre chose qu’à venger un sang si cher aux soldats. Les soldats le crurent car, dit Hérodien, autant ils ont la taille avantageuse et se portent aux combats avec intrépidité, autant ils sont peu propres à démêler les véritables sentiments de ceux qui les trouvent. Pleinement convaincus que Sévère ne pensait à rien moins qu’à sa propre élévation, ils se donnèrent à lui et le proclamèrent empereur.

“Je ne m’étais jamais attendu,” répondit Sévère, “à me voir à la place où vous m’élevez. Mon attachement pour mes légitimes souverains m’avaient empêché d’y prétendre, mais puisque vous m’en faites un devoir, ni vous, ni moi, nous ne devons laisser plus longtemps l’empire dans l’opprobre. Les reproches qu’on pouvait faire à Commode ne pouvaient s’adresser à Pertinax, ce vieillard dont la valeur et la modération seront toujours présentes à ma mémoire. Non seulement les prétoriens ont osé porter sur lui leurs mains sacrilèges, encore ils n’ont pas eu honte de vendre à vil prix un empire qui s’étend au loin sur terre et sur mer. Autant ils se sont avilis, autant ils sont peu à craindre. Ce sont des soldats de parade et de cérémonie.

Ni par leur courage ni par leur nombre ils ne sont comparables à vous. Effectivement vous êtes, vous, accoutumés à voir l’ennemi, à soutenir les plus longues marches, à souffrir patiemment le froid et le chaud, la soif et le faim, à traverser les fleuves couverts de glaces. Mourir au contraire dans les luxes et les délices de Rome, les cohortes prétoriennes ne sauraient soutenir votre présence.” Ce discours fini, on se dirige vers Rome. Partout la terreur précède l’armée d’Illyrie. Les prétoriens eux-mêmes lui viennent audevant sans armes. Les ayant faits entourer par ses légions, Sévère commence par leur reprocher la mort de Pertinax et le honteux marché de Dedius. Il leur fait ensuite arracher les enseignes militaires, casse leurs cohortes et leur défend les approches de Rome. Ainsi tomba, grâce aux légions illyriennes, cette garde turbulente de vrais janissaires ottomans, vrais strélitz russes. Ses commencements avaient été obscurs et elle avait fini par s’arroger le droit de vendre l’empire au dernier enchérissant

(D’ETRE CONTINUE)

Jean-Claude Faveyrial

SOURCE   livre ‘Histoire de l’Albanie’

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