Érga kaì Hêmérai – Ἔργα καὶ Ἡμέραι – Труды и дни,mais ton диан (III)


(ETRE SUITE DE 14/05/15)

La moisson

Commence la moisson (27) quand les Pléiades, filles d’Atlas, se lèvent dans les cieux, et le labourage quand elles disparaissent ; elles demeurent cachées quarante jours et quarante nuits, et se montrent de nouveau lorsque l’année est révolue, à l’époque où s’aiguise le tranchant du fer. Telle est la loi générale des campagnes pour les colons qui habitent les bords de la mer ou qui, loin de cette mer orageuse, cultivent un sol fertile dans les gorges des profondes vallées. Sois toujours nu quand tu sèmes, nu quand tu laboures et nu quand tu moissonnes, si tu veux exécuter à propos tous les travaux de Cérès, voir tes fruits parvenir à leur maturité et n’être pas forcé, dans ton indigence de parcourir en mendiant les maisons étrangères sans rien obtenir. Déjà tu es venu près de moi, mais je ne te ferai plus ni aucun don ni aucun prêt. Travaille, imprudent Persès ! travaille à ces ouvrages que les dieux imposèrent aux hommes ; tremble d’être contraint dans ta douleur de mendier ta nourriture avec ta femme et tes enfants et d’implorer des voisins qui te mépriseront : ils te donneront deux et trois fois, mais si tu les importunes encore, tu n’obtiendras plus rien et tu perdras ton temps en paroles ; tes longs discours, seront inutiles. Je te conseille plutôt de payer tes dettes et d’éviter la famine.
Procure-toi d’abord une maison, un boeuf laboureur et une esclave non mariée qui suivra tes troupeaux ; rassemble chez toi tous les instruments nécessaires à l’agriculture pour ne pas en demander aux autres et ne pas en manquer si tu éprouvais un refus : alors tu verrais le temps s’écouler et l’ouvrage en souffrirait. Ne remets pas tes travaux au lendemain ni au surlendemain : l’homme qui reste oisif ou qui diffère d’agir ne remplit pas ses granges. L’activité double la richesse. Celui qui temporise lutte toujours avec le besoin.

L’automne

Lorsque le soleil ne darde plus les rayons de sa brûlante chaleur, lorsque, pendant l’automne, les pluies du grand Jupiter rendent le corps humain plus souple et plus léger (car alors l’astre du Sirius roule moins longtemps pendant le jour sur la tête des malheureux mortels et prolonge davantage sa course nocturne), lorsque les arbres coupés par le fer sont moins exposés à la carie, quand leurs feuillages tombent et leur sève s’arrête, songe que c’est le temps d’abattre les bois nécessaires à tes travaux. Façonne un mortier de trois pieds, un pilon de trois coudées et un essieu de sept pieds : telle est la mesure la plus convenable ; taille ensuite un maillet de huit pieds et arrondis une jante de trois palmes pour un char qui en aura dix ; prépare beaucoup d’autres morceaux de bois recourbés. Lorsque, en parcourant la montagne ou la plaine, tu auras trouvé un manche de yeuse, apporte-le dans ta maison, c’est l’instrument le plus solide pour servir au labourage ; qu’un élève de Pallas, l’attachant avec des clous, le fixe au dental et l’adapte au timon. Alors construis dans ta demeure deux charrues, l’une d’une seule pièce, l’autre de bois d’assemblage ; rien n’est plus utile, puisque si tu brises l’une, tu pourras atteler tes boeufs à l’autre : c’est le laurier ou l’orme qui forme les timons les plus forts ; que le dental soit de chêne et le manche de yeuse. Achète deux boeufs de neuf ans ; à cet âge leur vigueur est infatigable ; parvenus au terme de la jeunesse, ils sont encore propres aux travaux : tu ne craindras point qu’en se disputant ils ne brisent la charrue au milieu d’un sillon et ne laissent l’ouvrage imparfait. Qu’un homme de quarante ans les accompagne, après avoir mangé en huit bouchées un pain divisé en quatre parties ; tout entier au labour, il tracera des sillons toujours droits, ne détournera point ses yeux sur ses camarades et tiendra son esprit constamment appliqué à sa tâche : un plus jeune laboureur ne saurait ni répandre la semence avec mesure, ni éviter de la répandre deux fois, car un jeune homme est toujours impatient de rejoindre ses compagnons.
Observe chaque année le temps où tu entendras les cris de la grue retentir du haut des nuages; c’est elle qui apporte le signal du labour et qui annonce le retour du pluvieux hiver. L’homme qui manque de boeufs sent alors les regrets déchirer son âme. Nourris dans ton étable des boeufs aux longues cornes. II est aisé de dire : Prête-moi des boeufs et un chariot ; mais il est aisé de répondre : Mes boeufs sont occupés. L’homme riche en imagination parle de construire un chariot ; l’insensé ! il ignore que pour un chariot il faut cent pièces de bois, il aurait dû y songer plus tôt et se munir des matériaux nécessaires. Dés que le temps du labourage arrive pour les mortels, hâte-toi, pars le matin avec tes esclaves, travaille dans la saison le sol humide et sec pour rendre tes champs fertiles, défriche la terre dans le printemps, laboure-la encore pendant l’été ; elle ne trompera point ton espérance ; quand elle est devenue légère, c’est le temps de l’ensemencer. Ainsi travaillée, elle fournit les moyens d’écarter les imprécations et de procurer du repos aux enfants. Invoque le Jupiter infernal et demande à la chaste Cérès de faire parvenir ses divins présents à leur maturité. Lorsque, commençant le labour et prenant dans ta main l’extrémité du manche, tu frappes de l’aiguillon le dos de tes boeufs qui traînent le timon à l’aide des courroies, qu’un jeune serviteur te suive armé d’un hoyau et donne du mal aux oiseaux en recouvrant la semence. L’ordre est pour les mortels le plus grand des biens, le désordre le plus grand des maux. Ainsi tes lourds épis s’inclineront vers la terre si le roi de l’Olympe accorde un heureux terme à tes travaux. Tu débarrasseras tes urnes de leurs toiles d’araignée (28) et je crois que tu te réjouiras, riche de tous les biens entassés dans ta maison. Tu attendras dans l’abondance le printemps aux blanches fleurs et tu ne regarderas pas les autres d’un oeil jaloux ; ce seront les autres qui auront besoin de toi. Si tu ne laboures la terre féconde que dans le solstice d’hiver, tu pourras moissonner en demeurant assis ; à peine saisiras-tu dans ta main quelques rares épis que tu lieras en javelles inégales, en te traînant dans la poussière et sans te réjouir beaucoup. Tu emporteras ta moisson dans une corbeille et tu seras pour peu de monde un sujet d’envie. L’esprit de Jupiter maître de l’égide passe aisément d’une pensée à une autre, et il est difficile aux hommes de pénétrer ses desseins. Si tu ne laboures que tard, le mal n’est pourtant pas sans remède. Dés que le coucou chante dans le feuillage du chêne, et réjouit les mortels sur la terre immense, si Jupiter ne cesse de pleuvoir pendant trois jours et si l’eau ne reste pas au-dessous du sabot de tes boeufs sans toutefois le surpasser, le dernier labourage sera aussi heureux que le premier. Retiens tous ces préceptes dans ta mémoire. Observe attentivement l’approche du printemps aux blanches fleurs et la saison des pluies.

(être poursuivie)

TRADUITES PAR M. A. BIGNAN

NOTES

(27) Après avoir tracé les règles de la justice, Hésiode nous propose comme moyen de la conserver le travail, qui seul peut nous préserver du vice et de la pauvreté. La plus utile des occupations, l’agriculture est le premier objet de ses chants ; la navigation ne viendra qu’après. A la partie morale de son poème il fait donc succéder la partie économique, mais sans avoir l’intention de diviser son ouvrage en deux livres ; cette division n’existe ni sur les anciens manuscrits ni dans les notes des scholiastes. Si l’on voulait absolument séparer le poème en deux parties, il faudrait plutôt, pour se conformer à l’esprit de son double titre, ne faire commencer la seconde qu’au vers sept cent vingt-trois, où le poète passe à la définition des bons et des mauvais jours; mais une telle distinction a été inconnue à toute l’antiquité. Les Travaux et les Jours n’ont pas été composés de la même manière que les Géorgiques, dont les quatre premiers vers annoncent la division en quatre chants. Hésiode, qui n’écrivait pas plus qu’Homère, n’a pas songé davantage à diviser son ouvrage en plusieurs livres; pour cela il aurait fallu que l’écriture eût été en usage : or il chantait ses poèmes en les improvisant devant tout un peuple. C’est dans la seule mémoire des hommes que le dépôt s’en est conservé, mais non sans éprouver des pertes d’une part et sans recevoir beaucoup d’additions de l’autre. La poésie de ces anciens chantres de la Grèce était donc étrangère, par sa nature même, à ces combinaisons de plans, à ces calculs de l’art auxquels nous attachons une si grande importance; elle ne suivait d’autre loi que l’inspiration.

(28) Hésiode dit à Persès qu’il lui faudra débarrasser ses urnes des toiles d’araignée pour signifier que la récolte sera abondante. En effet, dans les années de stérilité cette précaution devient inutile, puisque tous les vases destinés à renfermer le blé ne sont pas alors nécessaires. La poésie antique ne dédaignait point les images simples et vulgaires, même en traitant les sujets les plus relevés : ainsi Télémaque dit à son père dans l’Odyssée (ch. 15, v. 35) : “Sans doute, la couche d’Ulysse languit abandonnée et remplie d’odieuses toiles d’araignée.”
Properce a dit (2, 5) :
Sed non immerito velavit aranea fanum
Catulle, pour décrire une bourse vide, emploie celle métaphore pittoresque :
Nam tui Catulli  Plenus sacculus est aranearum

source http://remacle.org/

About sooteris kyritsis

Job title: (f)PHELLOW OF SOPHIA Profession: RESEARCHER Company: ANTHROOPISMOS Favorite quote: "ITS TIME FOR KOSMOPOLITANS(=HELLINES) TO FLY IN SPACE." Interested in: Activity Partners, Friends Fashion: Classic Humor: Friendly Places lived: EN THE HIGHLANDS OF KOSMOS THROUGH THE DARKNESS OF AMENTHE
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