ΑΡΒΑΝΙΤΕΣ ΕΙΤΕ ΑΛΒΑΝΙΤΕΣ -ΑΡΚΑΔΙΤΕΣ ?- extraits d’Histoire de l’Albanie (H4 ΠΕΡΙΠΤΩΣΙΣ)


(ΣΥΝΕΧΕΙΑ ΑΠΟ  8/03/2015)

Chapitre 7
Guerre entre Rome d’un part, la Macédoine et l’Illyrie de l’autre  L’établissement des Romains en Illyrie effraya les Macédoniens.
Néanmoins, Philippe n’aurait pas éprouvé tant de crainte sans le Grec  Démétrius de Pharos à qui Rome avait dû enlever Corfou. Il n’aurait pas non plus envoyé 4,000 hommes au secours d’Hannibal, moins encore se  fut-il emparé d’Apollonie. A des actes d’hostilités le sénat répondit par  d’autres et en 214 avant J. C. , une flotte romaine détruisit une flotte  macédonienne à l’embouchure de la Voyoussa.
La paix de 205 eut ceci de remarquable que Rome et la Macédoine se partagèrent en quelque sort l’Albanie. Philippe y ayant fait
comprendre l’Epire, Rome y fit comprendre Pleuvrat II et la haute Illyrie.
Mais cette paix ne fut qu’une sort de trêve, car la guerre recommença l’année 200 avant J. C., et dès la première campagne,
Sulpitius pénétra par la Candavie jusqu’au coeur de la Macédoine. Arrivé  sur les crêtes du Pinde, il battit Philippe aux environs d’Attacus sur un des lacs de Prespa. Il parcourut ensuite la Pélagonie, l’Eordée (Cailari),
l’Elymée (Anaselitza) et l’Orestide où il prit Célétrum (Castoria).
Reprenant ensuite le chemin d’Apollonie, il laissa une forte garnison à  Pellion (Bilichta) selon les uns, Pleassa selon les autres, qu’il avait prise  aux Dassarètes et dont il emmena les esclaves n’y laissant que les  hommes libres.
Trois ans plus tard, Quintus Flaminius prend en mains les  opérations militaires contre la Macédoine. Quarante jours son armée et
celle de Philippe restèrent en présence vers les sources de l’Aoüs  (Voyoussa). La position de Philippe était imprenable, et déjà Flaminius  se disposait à pénétrer en Macédoine par la Candavie, route que Sulpitius  avait déjà suivie quand le préteur d’Epire, Charopus, lui amena un  berger.

Le berger s’offrit à conduire par les chemins détournés un corps  de troupes romaines sur une montagne qui dominait le camp macédonien.
Effectivement trois jours après les Macédoniens sont attaqués de front et de queue. Prenant aussitôt la fuite, Philippe descend en Thessalie, où  Flaminius lui fait éprouver la défaite sanglante de Cynocéphales (197).
Pour obtenir la paix, Philippe dût réduire son armée à 500  hommes, sa flotte à 5 navires, payer 500 talents, promettre 50 de tribut  annuel et donner son fils Démétrius en otage.
De Thessalie où il avait tout réglé avec Philippe, Flaminius se  porte vers Corinthe et déclare libres les Grecs d’Europe et d’Asie. A ces  paroles une joie stupide éclate en Grèce. Deux fois l’assemblée générale  se fait répéter le décret romain, et Flaminius faillit périr étouffé sous les  fleurs et les couronnes qu’on lançait de toute part (196).
Déclarer les Grecs libres politiquement, c’était les obliger à  rester tranquilles. Telle avait été l’intention du sénat. Telle avait été
précisément l’intention de Philippe et d’Alexandre.
Mais les Grecs donnèrent bientôt un tout autre sens au décret du  sénat. De nouvelles dissensions éclatèrent donc entre eux, et plusieurs  Etats osèrent se liguer contre les Romains.
Finalement ils poussèrent la Macédoine de recommencer la lutte,promettant de la soutenir. Mais Persée fut vaincu à Pidna par Paul-Emile  (168) et son allié Gentius le fut à Scodra par Anicius. La Macédoine  avait été divisée en quatre districts indépendants les uns des autres,l’Illyrie le fut en trois. C’est en présence des principaux habitants que  Paul-Emile, Anicius et les commissaires envoyés de Rome firent ce  partage. Ceux des Illyriens qui avaient prit fait et cause pour les Romains  furent exemptés d’impôts, les autres impôts furent réduits de moitié.
L’Epire fut traitée autrement. On s’y était ouvertement déclaré  contre Rome, et Anicius y avait pris d’assaut quatre villes: Passaron,Tecmon, Phalace, Horéum. Aussi y en détruisit-on 70 appartenant pour  la plupart aux Molosses, dit Strabon (liv. 7, ch. 7, pag. 3). En outre,150,000 habitants ou chefs de famille furent transportés en Italie. A leur  place on envoya d’autres colons, ce sont les Valaques ou les Roumains  de nos jours, particulièrement les Zagorites.
Notons aussi que la correspondance de Persée était tombée aux  mains de Paul-Emile. Rome savait de combien les Grecs avaient été en  cette guerre. Cependant elle patienta. Mais pour être différée, la  vengeance n’en fut pas moins terrible. A Corinthe, on avait assassiné les  députés de Sparte et outragé ceux de Rome. Mais bientôt Mummius  arrive. Il prend d’assaut Corinthe (146), la rase et met ses habitants à  l’enchère. Thèbes et Athènes n’étaient plus rien à cette époque. Pour ce  qui est de la Macédoine et de la haute Albanie, la division de ces anciens  royaumes, le premier en quatre provinces ou districts, le second en trois,
ne fut pas de longue durée. Les habitants eux-mêmes demandèrent une  réforme et le sénat mit à profit les troubles excités par Andriscus pour  faire de ce pays, unis à l’Epire, une seule et même province (147).
Déjà Persée, roi de Macédoine, et Gentius, roi d’Illyrie, en  avaient orné le brillant triomphe de Paul-Emile. Andriscus orna celui de
Metellus. Détachés des chars de triomphe, ils furent les uns et les autres  plongés dans des cachots où ils s’éteignirent d’une mort lente et cruelle.
Les grands du pays qui avaient partagé leurs fautes furent exilés en Italie.
Probablement qu’un certain nombre y mourut, mais Justin nous apprend  que les autres furent rapatriés à la demande des villes.
Et maintenant voici en quels termes Justin a résumé l’histoire des  Macédoniens: “De Caranus à Persée, ils eurent 30 rois. Cette monarchie  dura 923 ans, mais sa domination ne fut que de 192. Devenus ses  maîtres, les Romains en firent un état libre, et ils établirent des magistrats  en chaque cité. Elle reçut ensuite de Paul-Emile des lois qui y sont  encore en vigueur” (Justin, liv. 33, ch. 2).
Les impôts sur les mines et sur certaines terres devaient être  prélevés par les fermiers publics ou par les Macédoniens. A Rome on  préféra les abolir absolument. Pourquoi? C’est, dit Tite-Live (liv. 45, 11),que leur maniement enrichit toujours ceux qui les touchent et devient une  occasion d’envie, de haine, et parfois de sédition. Enfin, poursuit Tite-Live, on fit partir pour Rome ceux des Macédoniens qui avaient  l’habitude de servir humblement le roi et de gouverner les autres avec  hauteur” (liv. 45, ch. 32). Le même auteur nous apprend qu’on distribua aux habitants de Corcyre, d’Apollonie et Dyrrachium les 200 barques  qu’on avait prises à Gentius.
Maintenant que l’Albanie vient pour longtemps de perdre son  autonomie, il importe de placer ici l’observation que Pouqueville
(tome 3, pag. 194) a faite à ce propos.
“Les Albanais ou Schkipitar qui suivirent sans doute le sort du  royaume de Macédoine restent confondus et enveloppés dans la
dénomination générique de Macédoniens et d’Illyriens, suivant la  volonté des conquérants toujours occupés de démarcations  topographiques pareilles à celles qui se produisent de nos jours sur la carte. Mais étrangers à ces distributions de pays, les Albanais du haut de  leurs montagnes assistent à la chute des empires, et sous quelque nom  qu’on les désigne, ils semblent défier les maîtres éphémères du monde  qui peuvent à leur gré tracer des frontières et envahir des provinces mais  auxquels l’irrésistible puissance de Dieu ne permet pas plus d’effacer le  type des nations que d’aplanir les montagnes et détourner le cours des fleuves.”

Chapitre 8
Administration romaine en Macédoine et au pays des Illyriens  Au lieu de rois ou de préteurs, la Macédoine, l’Illyrie et l’Epire
n’eurent à partir de 147 avant J. C. que des proconsuls ou magistrats  romains pour gouverneurs. Ces gouverneurs ne furent sans doute pas  tous bons, mais aussi tous ne furent pas mauvais. Le premier que  l’histoire nous dit s’être mal conduit fut dénoncé au sénat et, à son  arrivée à Rome, son père lui dit: “Je ne te connais point, tu n’es pas digne  de moi, non plus que de notre famille; sors de ma maison.”
Pison, lui aussi, fut dénoncé à Rome et judiciairement poursuivi  par le fameux Cicéron. Dans la harangue prononcée devant le peuple  romain que nous avons encore, cet orateur dit à Pison: “Vous êtes le seul  de tous les proconsuls de Macédoine qui ne soyez pas entré à Rome par  la porte triomphale, vous êtes le seul qui revenant de Macédoine, n’ayez pas obtenu les honneurs du triomphe.” (ch. 23).
L’Illyrie et la Macédoine conquise, Rome y avait envoyé 15commissionnaires: 5 en Illyrie et 10 en Macédoine. Ils avaient mission
de réorganiser le pays et leurs instructions, dit Tite-Live (liv. 45), avaient  été discutées en plein sénat.
Entre autres, ils devaient supprimer l’impôt établi sur les mines  et réduire de moitié le tribut qu’on payait aux rois. “Par ces mesures,” dit  Tite-Live (liv. 45, ch. 18), “le peuple romain prouva qu’il n’apportait pas  l’esclavage aux hommes libres, mais la liberté à ceux qui étaient  esclaves.” Les Macédoniens demandèrent une législation nouvelle. On  la leur fit, et cette législation était encore en vigueur lorsque Tite-Live  rédigea ses annales.
Cantù observa en outre (tome 5, pag. 205) que pour affermir sa  domination, le premier soin de Rome fut toujours d’enlever aux vaincus  la force publique et la liberté constitutionnelle, de dissoudre les  confédérations, d’introduire dans le pays une population romaine, et  d’accorder le droit de cité à tout indigène qui en était digne.
La vie de 150,000 familles enlevées et de 70 villes détruites en  Epire par ordre du sénat romain fait jeter un grand soupir au Grec
Plutarque dans sa biographie de Paul-Emile (ch. 29). Mais qu’est-ce que  cela prouve? Que Plutarque jugeait les faits en Grec et Tite-Live en  Romain.
D’ailleurs les Thessaliens égorgés ou faits esclaves par les Grecs  et les 150,000 familles enlevées par Paul-Emile furent aussitôt remplacés  par d’autres, par les Valaques envoyés d’Italie et organisés en colonie par  les Duumviri.
Si le pays n’avait pas été repeuplé par les colonies amenées  d’ailleurs, comment Pompée aurait-il pu recruter des soldats en ces
mêmes pays. vu que Rome ne recrutait alors des soldats que parmi les  colons ou les citoyens.
Or il est question, non pas d’alliés, mais de véritables recrues  dans les commentaires de César. Ni soldats, y lisons-nous, ni cavaliers  n’avaient quitté César pour se rendre vers Pompée. Au lieu que tous les  jours il venait des soldats du camp de Pompée vers César, surtout parmi  ceux qui avaient été recrutés (conscripti) en Epire, en Thessalie et dans  les autres contrées que César avait soumises (Bel. Civ. liv. 3, ch. 61).
Quand un pays avait été conquis, le premier soin de Rome était  de le relier à la capitale au moyen de routes militaires. C’est ce qu’elle  fit encore en Illyrie et en Macédoine. La voie Egnatienne dont parlent  Polybe et Strabon avait deux embranchements sur l’Adriatique: le  premier à Apollonie, le second à Dyrrachium, l’un et l’autre se  rencontraient à Claudiana.
Gravissant ensuite les montagnes de Candavie, elle fut prolongée  d’abord jusqu’en Thrace, plus tard jusqu’au Bosphore, et plus tard  encore jusqu’en Perse. Les distances y étaient marquées par des pierres  militaires. Chaque ruisseau, chaque rivière, chaque fleuve était couvert  d’un très solide pont. Des relais de chevaux y étaient établis de distance  en distance. Tout gouverneur ou tout officier y voyageait de droit, mais  aux civils une permission ad hoc était nécessaire.
Pylon ou Diavat séparait l’Illyrie de la Macédoine. La Voie  Egnatienne y passait. Longeant ensuite la Barnum ou Barnuntum
(Péristeri), elle atteignait Héraclée de Pélagonie. Traversant ensuite le   pays des Lyncestes (Florina) et des Eordiens (Ostrova), elle se dirigeait  par les villes d’Edesse (Vodena) et de Pella vers Salonique.
Sur la Voie Egnatienne, en avant de Diavat, ou Pylon, nous  trouvons Lychnide et son lac, le Pont Servilius sur le Drin aux environs
de Strouga, la station des Tres Tabernae (ou trois khans de Domousdere),la ville de Scampis, la bifurcation de Claudiana aux environs d’Elbassan,puis Dyrrachium au nord sur l’Adriatique, et Apollonie au sud,c’est-à-dire à l’embouchure de la Voyoussa.
Parlant de cette voie qu’il paraît avoir parcourue, Strabon  nomme épirotes les nations ou tribus albanaises qu’on avait à droite et
illyriennes celles qu’on avait à gauche. Au sud étaient les monts de  Candavie et au nord les monts illyriens. Aujourd’hui l’on dirait les  Guègues au nord et Tosques au sud.
Cicéron est un des plus grands personnages qui aient parcouru  la Voie Egnatienne. Poursuivi par Claudius, le même que Milon
assassina plus tard, il se retira à Salonique où il fut témoin des orgies  auxquelles se livraient Pison et son troupeau de Grecs. Mais les  circonstances devenant favorables, il quitta Salonique, se rapprocha de  Rome et s’établit à Dyrrachium jusqu’au jour où un sénatus-consulte mit  fin à son exil.
La guerre civile ayant éclaté entre Pompée et César, c’est autour  de Dyrrachium que se livra la première bataille. Grâce aux positions qu’il  avait prises et à ses longs préparatifs, Pompée y remporta une première  victoire. Mais l’année suivante il en perdit une décisive à Pharsale en  Thessalie (9 août 48 avant J. C.).
César n’avait cependant mis en ligne que 22,000 légionnaires et  1,000 cavaliers contre une infanterie double en nombre et une cavalerie  septuple. Mais depuis dix ans ses troupes vivaient sous la tente.
Inférieure en nombre, son armée était supérieure en discipline et en   dévouement au chef. Surtout il avait son incomparable alouette ou légion  gauloise qui fit de César l’arbitre de Rome et le maître du monde.
Plus tard, César est tué (44), mais, Octave, son neveu, et  Antoine, un de ses meilleurs généraux, poursuivent les meurtriers et les
taillent en pièces à Philippes (42 avant J. C.). Bientôt une guerre nouvelle  éclate, c’était la troisième entre Octave et Antoine dont ce dernier avait répudié la soeur. Une bataille décisive se livre en Epire et la victoire reste  au neveu du grand César (31 avant J. C.).

C’est donc en Macédoine, d’abord en Thessalie, plus tard à  Philippes, finalement en Epire que se décida le sort du monde à trois
reprises différente. Après Philippes, Octave avait été inexorable: la tête  de Brutus fut coupée et déposée à Rome aux pieds de la statue de César.
Après Actium, il fut indulgent: Aucun des prisonniers qui demanda la vie  n’essuya un refus.
Il se livra dans la haute Illyrie (Dalmatie et Mésie) des combats  nombreux entre les partisans de Pompée et de César. C’était le
contrecoup de la guerre civile et la guerre n’eut lieu que de Romain à  Romain.
Mais sous Auguste, le pays se révolta et beaucoup de sang fut  répandu surtout aux sièges d’Audretium et d’Arduba.
Tibère qui avait été chargé de soumettre les rebelles s’étant fait  amener Baton, leur chef, lui demanda quel motif les avait portés à la  révolte. C’est, répondit hardiment Baton, que vous faites garder vos  troupeaux par des loups, au lieu de les confier à des pasteurs.

Chapitre 9
Ere chrétienne
Il se fit alors un silence profond dans tout l’univers, et c’est au  milieu de ce profond silence que naquît Jésus Christ, le grand
pacificateur des peuples et des consciences. Auguste lui-même concourut  sans le savoir à l’accomplissement des décrets divins. Les prophètes  avaient dit que le Messie, l’attente des peuples, naîtrait à Bethléem. Or  le dénombrement ordonné par le grand empereur força Joseph et Marie  de s’y transporter. Au règne du démon va maintenant succéder l’empire  de Jésus Christ et de son Eglise.
Cependant Auguste voulut perpétuer le souvenir de sa grande  victoire. Il entoura donc de fortes murailles l’espace ou il était campé à  Actium, y construisit de beaux édifices, et donna les uns aux habitants  d’Ambracie, les autres aux habitants de plusieurs autres villes épirotes  que les guerres précédentes avaient ruinées. Au temps où Strabon visita  Nicopolis, sa population était nombreuse et son commerce florissant.
Petit neveu d’Auguste et petit fils d’Antoine, Germanien profita  du moment où l’on y radoubait ses navires pour voir Nicopolis. Il visita  tout ensemble et le camp du vaincu et les monuments élevés par le  vainqueur. Et ce fut là pour lui, dit Tacite, un double sujet de joie et de  douleur.
Le Christianisme y fut prêché par un des plus grands apôtres.
Saint Paul nous apprend lui-même qu’il passa à Nicopolis l’hiver de  l’année 64 et qu’il y donna un rendez-vous à St Tite (Epît. 3. 12). A ce  moment le même apôtre avait déjà prêché l’Evangile en Macédoine,notamment à Philippes, à Salonique et à Berée (Veria). L’épître qu’il  écrivit de Rome aux habitants de Philippes et les deux qu’il écrivit de  Corinthe aux habitants de Salonique figurent parmi les livres du Nouveau  Testament.

Cet apôtre était dans l’Asie Mineure lorsque un ange sous la  forme d’un vieillard l’invita à passer en Macédoine car déjà le peuple y
était disposé à recevoir la bonne nouvelle.
Dans son épître aux Romains (ch. 15, v. 19) Saint Paul dit qu’il  a prêché L’Evangile jusqu’en Illyrie, mais on ignore s’il y est allé de
Macédoine ou s’il est venu par l’Adriatique.
Ce fut après avoir prêché l’Evangile aux peuples de Scythie,d’Illyrie et d’Epire que Saint André vint mourir à Patras. Pour se donner  du ton et tromper les ignorants, les patriarches de Constantinople  attribuent à cet apôtre la fondation de leur ville. Nestor lui attribue aussi  la fondation du siège de Kiëv.
Des assertions pareilles ne soutiennent pas la critique, mais fût-il  vrai que le frère de Saint Pierre prêcha l’Evangile à Byzance. Les Grecs  seuls ont pu lui faire oublier ce qu’il avait entendu Jésus Christ dire à  Saint Pierre, et en faire le Prodrome ou Jean Baptiste d’un Photius.
Aristarque martyrisé sous Néron est le premier évêque que nous  trouvons à Salonique. Mais cette ville ne paraît pas avoir eu de vicaire  apostolique avant Saint Aschole que nous verrons baptiser l’empereur  Théodore le Grand. Saint Démétrius y avait été martyrisé sous Dioclétien  en 307.
Héliodore le premier des évêques que nous trouvons à Nicopolis  souscrivit la lettre écrite aux églises par le concile de Sardique ou
Sophia. La même lettre fut encore souscrite par Parégorius, le premier  des évêques que nous trouvons à Scopia. A Scodra nous ne trouvons pas  d’évêque avant Bassus (fin du quatrième siècle), et Dyrrachium que  paraît avoir gouverné l’évêque Apollon aux temps apostoliques ne fut  érigée en métropole qu’au cinquième siècle. L’évêque Saint Aste,Pérégrin et plusieurs autres y avaient souffert le martyr sous Trajan.
Expulsé de Rome par Domitien avec les autres philosophes  grecs, Epictète se retira en Epire et y resta aussi longtemps que cet
empereur vécut encore (90-96). Cependant l’empereur Adrien eut pour  Epictète une grande estime. Mais Lucien se moque d’un homme qui paya  trois drachmes la lampe dont Epictète se servait. L’acheteur avait cru  qu’en travaillant à la lumière de cette lampe, il recevrait par infusion la  science de celui à qui elle avait appartenu. Au reste, la philosophie  d’Epictète fut celle des philosophes idolâtres. Un chrétien n’en peut faire  grand cas, attendu qu’il a dans l’Evangile et dans l’exemple des saints de
meilleurs principes et de plus grands modèles.

Le Pape Eleuthère qui occupa la chaire pontificale de 177 à 186  était de Nicopolis. C’est à lui qu’un roi d’Angleterre demanda à se faire  chrétien. C’est de lui aussi et de ses prédécesseurs que Saint Irénée,archevêque de Lyon, rend le témoignage que voici: C’est par eux, les  Papes, que la tradition et la prédication apostolique nous a été conservée.
Il est de toute évidence que la foi vivifiante de ces évêques est la même  que celle des apôtres, et qu’elle nous a été transmise par eux dans toute  sa pureté.
Nicopolis fut restaurée par l’empereur Julien vers l’année de  J. C. 361. Ses palais, dit Mamert, s’écroulaient alors de toute part, ses
portiques n’avaient plus de toit, ses aqueducs n’amenaient plus d’eau, et  ses jeux publics, institués par Auguste, étant repoussés par le  christianisme, n’y attiraient plus personne.
Nicopolis fut prise et pillée par Genséric en 475. L’ambassadeur  grec s’en étant plaint comme d’un acte d’hostilité, Genséric répondit:
“J’étais en droit d’agir alors en ennemi. Maintenant vous me proposez la paix, je suis prêt à vous entendre.” Nicopolis fut encore ravagée par le roi  de Goths Totila en 542.
On dit qu’elle avait été détruite par des émigrés bulgares en 933.
Cédrène écrit seulement qu’obligés de quitter la Bulgarie, les partisans  d’un certain Michel y avait trouvé un refuge. Elle fut prise par Doliono  en 1040, ajoute Cédrène. La destruction de Nicopolis fut donc celle du  temps, ou celle des Grecs.
Nicopolis fut longtemps métropole de l’Epire entière. Le rôle  qu’ont joué ses évêques est des plus honorables. Nous trouvons
Héliodore au concile de Sardique, Donât à celui d’Ephèse, Atticus à celui  de Chalcédoine. Eugène vivait sous l’empereur Zénon, Alcyson sous  Anastase, Daniel sous Léon le Sage. Mais au dixième siècle Nicopolis  étant déserte soit à cause des Sarassins de Carthage, soit pour tout autre  motif, ses titres de métropole furent transportés d’abord à Naupacte  (Lepante), ensuite à Larta, puis à Janina. Mais quelle différence entre les  évêques de Janina et ceux de Nicopolis. Pour n’avoir pas à revenir sur  cette ville, disons finalement qu’en 1792 un consul de France, M. de  Lassalle, y fut assassiné par un soldat du capitaine Lépéniote, et qu’en
1798 un corps de 280 français retranchés dans ses vieilles ruines, y lutta  plusieurs jours durant contre les forces 20 fois supérieures d’Ali  Tepelenli. Les survivants, dit Pouqueville, furent conduits à Janina  chargé de têtes de leurs camarades qu’on leur fit écorcher. C’est de leurs  bouches que Pouqueville apprit leurs malheurs durant sa captivité aux  Sept Tours de Constantinople. Mais combien durement les Souliotes et  les Prévézans n’ont-ils pas expié leurs trahisons envers les Français.

(D’ETRE CONTINUE)

Jean-Claude Faveyrial

SOURCE   livre ‘Histoire de l’Albanie’

About sooteris kyritsis

Job title: (f)PHELLOW OF SOPHIA Profession: RESEARCHER Company: ANTHROOPISMOS Favorite quote: "ITS TIME FOR KOSMOPOLITANS(=HELLINES) TO FLY IN SPACE." Interested in: Activity Partners, Friends Fashion: Classic Humor: Friendly Places lived: EN THE HIGHLANDS OF KOSMOS THROUGH THE DARKNESS OF AMENTHE
This entry was posted in HISTORIC THEMES and tagged , , , , , , , , , . Bookmark the permalink.

Leave a Reply

Please log in using one of these methods to post your comment:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s