DÉMOCRATIE (suite de 26/01/2015) Charter 6c


4. Socrate. Socrate (17), d´origine plutôt modeste et populaire -toute sa vie, il a marché pieds nus- fut la seule personne qui a parlé contre la démocratie carrément et sans hésitation, en en faisant sa propre théorie. Il a commencé sa vie professionnelle comme sculpteur, en prenant la profession de son père. On dit qu´il a sculpté les trois Grâces dans le temple de la Victoire sur l´Acropole (18), sur lesquelles Aristophane le fait jurer (19). Il est apparu dans la vie publique athénienne, quand il avait déjà 45 ans, à peu près, en 425/4. Une fois atteint par la presbytie, qui l´empêchait de sculpter les fines dentelles grecques dans le marbre et ayant fait des études sérieuses (20), il a laissé le scalpel et il s´est donné comme but du reste de sa vie de changer, sans violence, le régime politique d´Athènes. On dit, d´habitude, qu´il ne s´occupa pas de la politique ; or, en obéissant aux lois et aux institutions de sa cité, ses éducatrices, comme lui-même les appelait (21), tiré au sort pour être député pendant une année, comme tout autre Athénien, il eut la chance de se voir désigné aussi, encore une fois par le sort, pour servir sa cité comme épistate des prytanes, durant cette même année naturellement (22). En plus, quand Antiphon lui a demandé pourquoi il conseillait à d´autres de s´occuper de la politique, alors que lui-même ne s´en mêlait pas énergiquement, bien qu´il savait le faire, Socrate a répondu qu´il préférait rendre d´autres capables de le faire (23). Comment donc dire que le philosophe n´a pas fait de politique ? Il en a fait à sa façon, qui n´était pas du tout anodine. Il ne fut pas stratège et il n´a participé à aucun mouvement ou hétairie qui veuillent renverser la démocratie, mais, à proprement parler, il fut le premier intellectuel qui ait essayé de ronger la pierre angulaire du régime démocratique, le tirage au sort, tout au moins, selon tout ce que nous a laissé Xénophon dans ses Mémoires (24). Il a voulu changer le régime politique athénien, en prenant pour arme sa grande capacité de discuter et de convaincre son interlocuteur. C´est ainsi que le maître de Platon et de tant d´autres, fut l´initiateur et le fondateur de la lutte

théorique contre la Démocratie ; ses arguments sont répétés par tous les « bons intellectuels » de toutes les époques : Il faut abolir le tirage au sort ; tous les pouvoirs aux connaisseurs, c´est-à-dire il faut s´emparer du pouvoir de la foule et le donner à peu de personnes. Quand il parle pour les connaisseurs, Socrate donne l´impression d´attendre que ses amis, souvent ses ex-élèves à lui, l´invitent d´un moment à l´autre à gouverner l´état, comme un deuxième Solon, comme un despote éclairé, en abolissant le tirage au sort. C´est cela qu´il attendait, peut-être, de la part des Trente Tyrans. En effet il n´est pas pourchassé par les Tyrans, même quand il a refusé de collaborer à l´assassinat de Léon de Salamine (25). Il appartenait très probablement aux trois mille participants au régime de la tyrannie (26). Or, Théramène fut exécuté peu après la mort de Léon de Salamine pour avoir commencé à avoir de gros différends avec les vingt neuf autres Tyrans et surtout avec Critias (27).

Les relations de Socrate avec les Trente sont restées dans un état tout au moins supportable. Il n´y eut aucun besoin d´aller rencontrer Thrasybulos, Thrasyllos et les autres démocrates. Tout au contraire, il s´attendait, sans doute, à être invité à co-gouverner. Or, Critias et les autres ont voulu le faire collaborer à leurs horreurs et à leurs injustices, avant de co-gouverner. Mais Socrate détestait les horreurs et les injustices et il n´avait peur de rien, ni même de sa mort. Il l´avait déjà démontré, lors de l´affaire des Arginuses, quand, en tant qu´épistate des prytanes, il avait empêché qu´on juge tous les stratèges ensemble, en votant, seul, contre la volonté de toute l´Ecclésia du Démos (il faut se rappeler de la n. 22). C´ est ainsi qu´il a refusé de collaborer à la mort de Léon de Salamine.

Une fois restaurée, la Démocratie avait amnistiés tous les collaborateurs des Trente Tyrans et personne ne pouvait agir en justice ni accuser personne pour cette collaboration (28). Or, parti avec Thrasybule et Thrasyllos, Anytos (29) a intenté contre lui un procès avec le verdict que l´on sait, l´accusation n´étant qu´un prétexte bien dissimulé. Socrate n´a pas collaboré avec les Tyrans ; mais, une fois le tirage au sort aboli, il favoriserait leur régime, tout au moins au début, qui ne le dégoûtait pas tellement ; et plus tard, il ne fut pas assez ennuyé pour finir par partir d´Athènes.

Peu d´intellectuels furent et sont vraiment pour la tyrannie, mais également

peu d´intellectuels sont vraiment pour la démocratie. Ils préfèrent l´Oligarchie Parlementaire ou autre -ça dépend de ce qui est à la mode- et ils méprisent le Démos et son régime. Socrate fut son adversaire le plus efficace, pas tellement par sa vie que par sa mort qui, comme celle des stratèges des Arginuses, a terni la Démocratie et l´Héliée, le tribunal populaire, son tribunal ; Anytos et sa compagnie ont apporté de l´eau au moulin de l´idéologie oligarchique. La Démocratie n´avait pas besoin de la mort du philosophe, malgré la peur qu´elle a eue à cause des Trente Tyrans.

En tout cas, nous pouvons dire que Socrate, comme tant d´autres intellectuels Grecs dans l´Antiquité, fut ennemi de la Démocratie « dans les mots », mais en choisissant d´y vivre, il l´a aimée « dans les œuvres », pour nous rappeler Thucydide. Quand on a vécu en Démocratie, on finit par ne pouvoir vivre ni ailleurs ni autrement ; même si l´on est contre elle, même si l´on a élaboré toute une théorie contre sa pierre angulaire : le tirage au sort.

5. Critias. J´ai choisi Critias, fils de Calleschros, justement parce qu´il fut chef des Trente Tyrans et j´ai voulu montrer qu´il circulait, lui-aussi malgré tout, entre les discussions politiques et les idées démocratiques d´une part, et les tentatives de révolutions pour instaurer la démocratie, comme il avait fait en Thessalie avec un certain Prométhée (30) en 406 ou des coups d´état pour instaurer une oligarchie, comme en 411 et en 403, à Athènes, de l´autre.

Les démocrates font venir Alcibiade, en 405, Critias proposant le décret qui a suscité le retour de son ami (31) ; or, en 403, le fils de Calleschros, en tant que chef des Trente Tyrans, n´hésite pas à proposer à Lysandre et aux Spartiates l´assassinat d´Alcibiade, parce qu´il avait peur que son ex-ami puisse comploter contre la tyrannie (32).

Nous pourrons dire que dans le fragment de sa tragédie Rhadamanthys, dans une liste de ce qu´aime avoir un homme parfait, un gentilhomme, un καλός κἀγαθός, nous retrouvons un auto-portrait : riche, fort, audacieux pour convaincre les gens à ses idées. Ce sont les traits d´un aristocrate bien cultivé qui croit que tout lui est permis. Or, le fait qu´il naquit et vécut dans un contexte démocratique lui a donné la liberté d´expression et la souplesse d´esprit (33) d´élaborer une théorie sur la religion que Marx et Engels lui auraient enviée. « La religion », dit Sisyphe dans la tragédie homonyme de Critias, « est une invention humaine. Un législateur plus ancien l´a inventée pour inspirer la peur aux gens pour qu´ils ne violent pas les lois, quand il n´y a pas une autre puissance pour les obliger à y obéir. » (34). Critias faisait partie du cycle où se trouvaient Anaxagoras et Protagoras, l´un grand athée, l´autre grand athée ainsi que grand théoricien de la démocratie accusés tous deux d´athéisme. Or, Critias n´a pas eu leur chance : il ne fut jamais accusé d´athéisme ; il était l´enfant gâté de l´aristocratie-oligarchie athénienne. Durant la démocratie, c´était les Oligarques qui faisaient, en général, des procès d´athéisme contre les Démocrates, le procès de Socrate étant une des peu nombreuses exceptions, peut-être, où les Démocrates ont fait un procès d´athéisme contre les Oligarques (35)

Les lois sont, elles aussi, une invention humaine, il continue à le dire dans Sisyphe ; or, cette théorie était la praxis quotidienne à Athènes et en Grèce, en général ; tout Athénien, tout Grec, savait que les lois sont une invention humaine, puisque c´étaient eux-mêmes qui les faisaient quarante fois, au moins, par année à Athènes (36) et un nombre de fois suffisant dans les autres cités grecques. En disant, à Athènes et en général en Grèce, que les lois est une invention humaine, on ne faisait qu´ « amener des chouettes à Athènes » (κομίζειν γλαῦκἈθήναζε), « enfoncer des portes ouvertes ».

Dans une autre tragédie, Pirithous, Critias dit que le bon caractère est plus sûr que la loi, (τρόπος δὲ χρηστὸς ἀσφαλέστερος νόμου). Guthrie écrit dans The Sophists (p. 95 de l´édition grecque) que Critias sous-entend la nature humaine et en général la Nature avec le mot grec τρόπος (mode d´agir, caractère). Guthrie veut soutenir que Critias acceptait la priorité de la Nature vis-à-vis de la loi humaine ; le savant britannique veut confirmer son idée avec une note (n. 30 de la p. 408 de l´édition grecque) où il mentionne un extrait du discours funèbre de Périclès (μὴ μετὰ νόμων τὸ πλέον τρόπων ἀνδρείας ἐθέλομεν κινδυνεύειν) [nous sommes prêts à risquer notre vie non pas tellement à cause de lois {qui nous y obligent, comme font les Spartiates}, mais grâce à nos caractères courageux , Thuc. II, 39, 4]. Or, Périclès (et Thucydide) fait justement une comparaison entre les deux régimes politiques, celui d´Athènes et celui de Sparte, voulant démontrer que la Démocratie dote les gens d´un

caractère libre et courageux qui fait aimer aux gens leur patrie, leur régime, tandis que les lois de Sparte forcent les gens à faire quelque chose : les Spartiates n´agissent pas en tant qu´hommes libres. C´est la différence fondamentale entre l´idéologie démocratique athénienne et la pratique oligarchique spartiate, non seulement selon Périclès et Thucydide mais aussi une considérable partie de chercheurs sur l´Antiquité Grecque qui partagent cet avis. En parlant de « bon caractère », Critias ne fait, malgré tout, qu´y introduire les idées démocratiques. Le fait, d´ailleurs, qu´il croit que la plupart des gens peuvent devenir bons par étude (ἐκ μελέτης, Guthrie p. 313 de l´éd. gr.) vient confirmer son idéologie athénienne, c´est-à-dire démocratique. Critias aime Athènes ; certes, il met sa patrie après soi-même, mais il l´aime quand même ; comme, d´ailleurs, Alcibiade, l´autre « méchant garçon » d´Athènes, a aimé sa patrie. Car ce n´est qu´à Athènes -ni à Sparte ni en Thessalie- où Critias aura la liberté du 1er degré ; il est sincère, je crois, quand il accuse Cimon d´être pro-spartiate (Guthrie, p. 491, n. 80 de l´éd. gr.). Critias aime Athènes et, à la fois, il ne peut se passer de l´idéologie démocratique grecque, qui préconise que l´homme libre doit aimer le pouvoir, les honneurs, (les τιμαί), que le pouvoir est pour tout le monde. D´ailleurs, ἐξουσία, le pouvoir est de genre féminin, en grec. D´où les contradictions apparentes de Critias, d´Antiphon, de Socrate, de Platon : ils sont, tous, amoureux d´Athènes et du pouvoir, chacun à sa façon, comme tout Grec libre de l´époque.

En vivant dans les sociétés « oligarchiques » contemporaines, où le pouvoir n´est qu´à la portée de peu des gens, nous ne pouvons pas les comprendre. C´est pourquoi ils nous semblent contradictoires (*). Seule l´attitude de Xénophon ne sera pas contradictoire (37) : il combattra contre la Démocratie et contre Athènes, sa patrie, à côté d´Agésilas, le roi de Sparte.

6. Platon. (428-348/7 av. J,-C.) En parlant de Socrate, nous avons déjà évoqué largement Platon. Nous allons y revenir, bien que ses lignes directrices ne soient pas, après tout, très différentes de celles des autres intellectuels Grecs.

Platon s´occupa de la politique plutôt en tant que théoricien qu´en praticien militant. Il a passé une partie de sa vie en Italie et en Sicile, où il croyait, en vain, que ses idées politiques pourraient être réalisées. Peut-être même, a-t-il voyagé même ailleurs (38). Il a fini par s´installer dans sa cité natale, déçu, lui aussi, comme son maître, de ne pas être invité quelque part pour fonder son état idéal. Enfin, il a compris qu´il pourrait mieux écrire et agir à Athènes, en tant que philosophe et théoricien de la politique, que nulle part ailleurs.

L´aristocrate Platon montre qu´il a du respect pour la démocratie et le tirage au sort, contrairement à son maître, l´homme du peuple, Socrate. Nous l´avons déjà vu, au début de l´introduction : Platon ne fait pas de la démocratie une bifurcation ; il n´y a pas de bonne démocratie et de démocratie mauvaise ou dégénérée. Nous donnerons un coup d´œil rapide sur son œuvre, pour discerner ce qu´il en pense.

Bien sûr, il utilise les verbes classiques pour indiquer le tirage au sort : λαγχάνω, lankhano (obtenir par tirage au sort) et κληρῶ, klêrô (tirer au sort). Nous commencerons par les ouvrages de sa jeunesse.

a) Politicos. 290 e et 291 a : Platon parle de rois et de prêtres tirés au sort.

298 e : Après avoir parlé d´autorités tirées au sort soit parmi les riches soit parmi le Démos, il introduit des juges tirés au sort soit parmi les riches soit parmi le Démos encore. Nous pouvons constater qu´il copie, en gros, le régime athénien.

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* Or, enfin, la contradiction, n´est-ce pas un signe de liberté, comme nous l´avons déjà signalé ?

b) Phèdre. 249 a-b : Les âmes vivent une deuxième vie après un tirage au sort ou une élection.

c) La République. VIII, 557 a : En démocratie, dit-il, la plupart des autorités sont tirées au sort.

X, 619 d-e : Il s´agit de la même idée sur le retour de l´âme qui se réalise

par tirage au sort.

d) Les Lois. III, 692 a : Le philosophe fait parler l´Athénien (il y a trois interlocuteurs dans cette discussion : un Athénien, Socrate probablement, le Crétois Clinias et le Lacédémonien Mégillos) qui dit que le législateur Spartiate a mis trois collèges gouvernant la cité pour qu´il y ait un équilibre entre eux. Il dit : « Il a institué le pouvoir des Ephores comme une bride, à peu près comme le pouvoir tiré au sort. » Le respect de Platon pour le tirage au sort est évident. Il le

considère comme une bride, une soupape contre les abus du pouvoir.

Peut-être ne faudrait-il pas cesser de parler de Platon sans rapporter l´information que nous lègue Diogène Laërce (III, 23, FHG iii, 521) selon laquelle, invité et prié de légiférer pour la cité Megalopolis (Péloponnèse central, fondée en 368 av. J.), par les Arcades et les Thébains, le philosophe Athénien n´a pas accepté d´y aller, parce que les Megalopolites avaient refusé l´égalité. L´influence du régime athénien sur Platon, Aristote et d´autres Grecs théoriciens de la Politique est plus qu´évidente.

Après tout ce que nous raconte Platon sur le tirage au sort dans ses œuvres principalement politiques et après l´information de Diogène Laërce rélévée dans les écrits d´une autre Grecque, Pamphile d´Épidaure, fille de Sotéridès (Suda) (39), comment douter de son Epître VII et de son hymne sur la Démocratie ? « Et je vois que ces hommes [les Trente Tyrans] ont démontré en peu de temps que le régime précédent, la démocratie, était de l´or. » (Ep. VII, 324 d.)

(être continué)

par  Alexandre Kontos

 

NOTES

1. Hdt. VII, 133-135. Les Spartiates parlent des lances en sous-entendant la bataille en ordre à laquelle ils étaient, en général, invincibles ; en parlant des haches, ils sous-entendent la bataille sans ordre et en désespoir, chose difficile et douteuse. Cf. Hom. Il. XV 711: « Ils combattaient maniant des haches affûtées et des cognées. »

Pour qui voudrait connaître la suite : Xerxès n´a pas fait tuer les deux Spartiates afin de ne pas leur être pareil .

2. Le sens péjoratif du terme est postérieur. Hérodote (I, 29) et Isocrate (Panath. 15. 235) mentionnent Solon, qui fut toujours respecté à Athènes, et les six autres grands sages Grecs, comme sophistes. D´ailleurs Pindare (Isth. 5[4].28), Platon (Rép. X, 596 d) et d´autres écrivains utilisent le mot « sophiste » sans aucun sens péjoratif.

3. Il suffit de songer à ce qui est arrivé après la victoire navale des Grecs à Salamine, lors des Guerres Médiques : La flotte grecque arrive à l´Isthme de Corinthe et les stratèges posent leurs votes sur l´autel de Poséidon pour décider qui des Grecs fut le meilleur pendant la guerre, pour lui donner le prix. Chaque stratège avait le droit d´en proposer deux ; chacun d´entre eux a voté pour lui-même comme premier et la plupart d´entre eux, Thémistocle comme deuxième. Selon Hérodote (VIII, 123-124), les stratèges, ne s´étant pas mis d´accord, sont partis pour leur propre cité, sans attribuer le prix de la victoire contre les Perses. Selon Plutarque (Thém. 17. 1-3), Thémistocle a pris le prix.

4. (Protagoras) Les penseurs Grecs utilisaient très souvent des mythes faits par eux-mêmes pour confirmer une certaine théorie plus ou moins évidente. À l´époque, on n´avait pas encore inventé la méthode des Statistiques et comme il n y avait pas un livre sacré, une mythologie bien stricte gérée et interprétée par une organisation politique ou religieuse, n´importe qui pouvait raconter n´importe quoi sur la mythologie. Cette liberté d´agir et de raconter a créé, paraît-il, cette pluralité bien connue des versions de mythes sur presque tous les personnages de la Mythologie Grecque. Quelques-uns de ces mythes furent fameux dans la littérature grecque, comme celui de la caverne dans la République (VII, 514 a et après) de Platon et celui de la palinodie de Stésichore, concernant Hélène ; Euripide utilise cette version pour sa tragédie homonyme. Nous retrouverons cette méthode dans les paraboles des évangiles. La pluralité des évangiles apocryphes, qu´a « purgés » le premier Synode Écuménique, en 324, à Nice de la Bithynie, en Asie Mineure, sous la présidence de Constantin le Grand, est encore un exemple de l´influence polyvalente grecque sur le Christianisme.

5. IX, 1.

6. Diogène Laërce, IX, 50.

7. Homère, Il. XV, 502.

8. (Antiphon) Solon a naturalisé pas mal d´étrangers (Plut. Sol., 22, 1-2) Clisthène a fait, paraît-il, la même chose (XXI, 4 et Pol.III, 1275b, 34-37), tandis que Trasybule a eu des problèmes pour avoir appliquer la même tactique (XL, 2).

9. XXVI, 4 .

10. Il avait offert à la cité, pour les besoins de la Guerre du Péloponnèse, deux trirèmes. Xén. Hist. Gr. II, iii, 40.

11. L´oligarchie grecque -sauf Sparte qui fut un cas très particulier et unique dans le monde grec- fonctionnait, comme nous l´avons déjà signalé dans l´introduction, comme la démocratie, en utilisant, elle aussi, le tirage au sort assez souvent. La différence essentielle entre les oligarchies et les démocraties grecques était le nombre des gens qui avaient des droits politiques, et qui jouissaient de la citoyenneté. Dans les démocraties, le Démos, les gens pauvres, qui étaient, d´habitude, exempts d´impôts, jouissaient tous pleinement de leurs droits politiques et de la liberté du « 1er degré ». Dans les oligarchies, ce n´étaient que le gens riches

ou, tout au moins, d´une certaine aisance économique qui participaient à la cité ; leur nombre devait varier autour de dix mille, comme l´expression μυρίανδρος πόλις (cité de dix mille hommes, c´est-à-dire citoyens) (Isocr. Panath. 12. 257) le signale ; voir aussi Plat. Epître VII, 337 c et Arist. Pol. II, 1267b 31. L’oligarchie grecque ancienne n’était qu’une démocratie abrégée, tandis que l’oligarchie contemporaine est une monarchie abrégée.

12. IV.

13. XXXII.

14. Diodore de Sicile, XVIII, 18 et Plut. Phocion, 28.

15. Xén. Mém. I, vi, 15.

16. Tout espèce de droit créé par l’homme n’est qu’un Droit Positif, même si ce n’est pas encore écrit. Les us et les moeurs ne sont qu’un Droit Positif, créé par les gens et non pas par la nature.

17. (Socrate) Pour les détails de sa vie, on peut toujours trouver dans Diogène Laërce qui a rassemblé tous les renseignements sur lui, d´après Xénophon, d´aprés Platon et d´autres écrivains (Diogène Laërce, II, 18-47), ainsi que dans Lesky (p.p. 683-692 de l´éd. gr.) naturellement.

18. Arph. Nuées, 773.

19. Diogène Laërce dit qu´il avait écouté même des philosophes physiciens. Donc Aristophane n´exagère pas, quand il le représente comme physicien dans les Nuées. Très simple dans sa vie personnelle, Socrate disait : « Tὴν σχολὴν ἀεὶ ὁρᾶτέ μοι παροῦσαν. » (Vous voyez que le loisir, le temps libre, ne me manque jamais.), Xén. Banquet, iv, 44. Il ne cherchait pas à travailler afin d´agrandir sa fortune, préférant avoir du temps libre. Rien que pour ces mots mais aussi pour avoir le courage de contrarier tout le monde et surtout les grandes personnalités d´Athènes, comme le faisaient les écrivains comiques à leur propre manière, Socrate pourrait être considéré comme le plus Grec des Grecs, le plus Thersite des Thersite (Voir à la fin de la note.). Le mot grec σχολὴ signifie loisir, temps libre. Or les philosophes et les Grecs, en général, utilisaient le temps libre pour s´instruire et s´occuper de la politique. C´est pourquoi le mot σχολὴa commencé à signifier école. Socrate fut très instruit, paraît-il, puisqu´il avait toujours du temps libre. D´ailleurs, un des soucis majeurs de la Démocratie fut d´économiser du temps libre, du loisir pour les citoyens. Et ici se trouve la contradiction de Socrate : le sculpteur n´a pas conscience que c´était justement le tirage au sort, sans lequel la démocratie serait impossible, que le temps libre ne pourrait être accordé aux gens pauvres, puisque plusieurs d´entre eux vivaient aux frais de l´état, et donc que le sculpteur ne pourrait jamais être philosophe. Socrate n´a pu saisir que la Démocratie serait un mot vide, sans le tirage au sort, comme les Oligarchies Parlementaires le font encore de nos jours, en utilisant son nom sans établir son contenu. Les Oligarchies Parlementaires sont « des démocraties dans les mots mais des oligarchies dans les œuvres », pour reprendre, encore une fois, l´expression thucydicienne.

Est-ce qu´il faut faire une note dans la note pour rappeler qui était ce Thersite ? Il s´agit d´un personnage imaginaire qu´a créé Homère (Il. II, 212-277). À vrai dire, ce personnage n´était ni tellement imaginaire, ni tellement créé par Homère. Thersite est la personnalisation du Peuple Grec, du Démos Grec, qui n´était pas beau, comme les aristocrates en l´honneur desquels chantait Homère, et qui protestait toujours contre ses chefs (cf. l´expression d´Eschyle : « Κατἀρχῆς γὰρ φιλαίτιος λεὠς », [Car le peuple aime à critiquer ses chefs…] Suppliantes, 485). Socrate, avec sa laideur, lui ressemblait vraiment ; Homère a créé Thersite, comme s´il avait vu un type populaire ressemblant à Socrate ; en effet, qui pourra prétendre sérieusement qu´il n´existe pas de type comme Thersite et Socrate, parmi tous les peuples, depuis toujours ?

Les gens beaux sont moins nombreux que les autres ; dans presque toutes les fables, les beaux, ce sont des nobles, tandis que les gens du Peuple sont, d´habitude, laids. Pour dire qu´il préfère comme chef de l´armée un homme du peuple, Archiloque (fr. 60) dit qu´il préfère avoir comme stratège quelqu´un qui n´ait pas de longues jambes, comme les beaux aristocrates,

mais plutôt quelqu´un qui est petit, pourvu qu´il soit courageux. Et Aristote, copiant, sans doute, sur Hérodote (III, 20) : « Autrement si l´on se répartissait les magistratures d´après la taille, comme on le fait, dit-on, en Ethiopie, ou d´après la beauté, on aurait une oligarchie, car c´est une petite minorité que le nombre des hommes beaux et celui des hommes de haute taille. » [Toujours selon la traduction de Jean Aubonnet aux éditions « Budé ».] (Pol. IV, 1290b 4 -7.) La laideur est un trait populaire et démocratique. La fameuse beauté grecque était plutôt un cliché, une fabrication toute faite qu´une réalité quotidienne en Grèce antique, comme d´ailleurs, un peu partout dans le Monde.

20. Plat. Criton, 50-51.

21. Plat. Apol. de Socr. 32 b ; Xén. Hist. Gr. I, vii, 15.

22. Xén. Mém. I, vi, 15.

23. Œ. c. I, ii, 9 et III, ix, 10.

24. Plat. Apol. de Socr. 32 c et Epître VII, 324 e.

25. Xén. Hist. Gr. II, iii, 18, 20 et 51; et Arist. XXXVII, 1.

26. Xén. Œ. c. II, iii, 56.

27. XL, 1-2.

28. Xén. Hist. Gr. II, iiii, 37- 44.

29. Œ. c. ch. c. 36.

30. (Critias) Xén. Hist. Gr. II, iii, 47- 49.

31. Plut. Alcibiade, 33.

32. Œ. c. 38.

33. Quand nous parlons de la souplesse de l´écrivain, nous ne pensons qu´à l´art dramatique de Critias, qui n´est pas du tout indifférent. Décidément nous ne pensons pas à W. Scmid qui croit que cet ouvrage ne pouvait pas être représenté au théâtre, puisqu´il provoquerait les sentiments religieux des Athéniens. L´hypothèse du savant Allemand ne peut tenir ; le théâtre avait entendu et va entendre pire encore au sujet des dieux de la part d´Euripide et d´Aristophane ; même après le décret de Diopithès, en 432 av. J.-C. à peu près (Plut. Périclès, 32), qui poursuivait les délits de religion. Justement c´étaient, en général, les hétairies oligarchiques qui organisaient des procès politiques sous forme de délit contre la religion ou les bons usages, dressés contre les chefs démocratiques ou leurs amis et leurs proches. C´est ainsi que Protagoras et Anaxagoras sont condamnés l´un à l´exil et l´autre à mort ; c´est ainsi qu´Aspasie fut jugée mais acquittée. C´est ainsi qu´Alcibiade fut jugé par contumace. Or, Critias n´a rien risqué en écrivant Sisyphe. Il était l´enfant gâté des oligarcho-aristocrates. D´habitude, les démocrates ne pratiquaient pas de tels procès contre les oligarches, vu qu´ils tenaient bien le pouvoir. Le seul procès, peut-être, qu´ont érigé les démocrates contre les oligarchiques, une fois le décret de Diopithès voté, c´était celui de Socrate.

34. Il vaut la peine de lire tout le fragment 25, 9 et après ce que W.K.C. Guthrie cite. On peut y voir la description du dieu comme esprit éternel, sachant tout, le passé et l´avenir. Les dieux sont, par ailleurs tout-sachant même dans Homère (Il. I, 70-72 ; Od. I, 37). Quelques siècles après, le Christianisme décrira son propre dieu d´une manière pareille.

35. Voir une fois encore la note 33 ci-dessus.

36. L´Ecclésia du Démos, l´Assemblée du Peuple, se réunissait au moins quarante fois par an, c´est-à-dire quatre fois par prytanée ; l´année était divisée en dix prytanées, autant que les tribus athéniennes. Chaque tribu gouvernait la cité pendant une prytanée. Cf. XLIII, 3 et après.

37. Diogène Laërce, II, 51 et Lesky, p. 849 de l´éd. gr.

38. (Platon) On peut voir, pour les détails de sa vie, dans Diogène Laërce, (III, 1-4) et Lesky (p.p. 700-703 de l´éd. gr.).

39. Le fait que Diogène Laërce relève son information sur une écrivaine nous donne le droit de

soupçonner que Platon voulait établir l´égalité politique féminine, vu que l´égalité politique parmi les hommes n´était rien de nouveau pour une cité grecque nouvelle-née. Cf. le cas de Thurioi où Protagoras fut invité pour établir la Constitution de cette ville panhellénique (Voir plus haut p.p. 105-106).

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