ΑΡΒΑΝΙΤΕΣ ΕΙΤΕ ΑΛΒΑΝΙΤΕΣ -ΑΡΚΑΔΙΤΕΣ ?- extraits d’Histoire de l’Albanie (H3 ΠΕΡΙΠΤΩΣΙΣ)


(ΣΥΝΕΧΕΙΑ ΑΠΟ  25/06/2014)

Chapitre 5
Dynastie épirote
L’histoire de l’Epire ne nous est connue que par les auteurs  grecs, c’est-à-dire par des étrangers. Il ne faut donc pas se fier à ce qu’ils  racontent d’un pays qu’ils traitaient de barbare et dont ils ne  connaissaient ni la langue ni les moeurs.
Cependant il paraît que, de bonne heure, la population albanaise  forma deux principaux groupes: celui du nord avait Scodra (Scutari) pour  centre et celui du sud Passaron. Ce n’était pas deux races différentes,
mais comme on le voit encore aujourd’hui, deux groupes d’une même  population, gouvernés par des dynasties différentes et pouvant avoir  chacune leurs intérêts distincts.
Plutarque veut qu’après le Déluge, les Molosses et les  Thesprotes aient eu pour roi un certain Phaeton (1525 avant J. C.), puis
longtemps après (treizième siècle avant J. C.), un certain Néoptolème,
dont les descendants auraient porté le nom commun de Pyrrhides ou  d’Eacide, à peu près comme en Egypte ils se nommaient Pharaon et  Brennus chez les Gaulois.
Théopompe de Chio, continuateur de Thucydide, avait fait  l’histoire de l’Epire, mais son ouvrage est perdu. Cet auteur comptait en
Epire quatorze peuples ou tribus différentes. Voici le nom des principales  et celui des pays qu’elles paraissent y avoir occupés.
Les Hellopes à l’ouest du lac de Janina, les Perrhébes à l’est  jusque vers Mezzovo et peut-être au-delà, au sud les Molosses, les
Chaones entre la Voyoussa et la mer Adriatique, les Thesprotes le long  de la mer depuis les monts Cérauniens jusqu’à Preveza, les Athamanes  sur la rive gauche de l’Inachus où l’Arta, les Dolopes sur  l’Aspropotamos dans l’Anovlachie, les Amphilociens au-dessous des Athamenes sur le golfe d’Arta.

Au nord, on voyait les Labéates tout autour de Scodra, les  Hymaniens vers Antivari et Dulcigno, les Taulantiniens dans le
Musaché, et à l’est de Dyrrachium, les Parthéniens vers Elbassan et  Tyranna, les Dassarètes plus haut dans les montagnes, ayant pour villes  principales Ochride (Lychnus) et Pellion (Bilichta), les Pénestes dans les  Basses Dibres, ayant Uscana pour ville principale, et les Pirustes de  Prisrend à Pristina.
Chacune des tribus albanaises avait indubitablement ses rois ou  chefs ou gouverneurs particuliers. Mais les deux les plus célèbres de  leurs dynasties et dont les autres paraissent avoir plus ou moins subi  l’influence sont celles des Molosses en Epire et celles des Labéates en  Illyrie.
La série la moins fabuleuse des rois Molosses ne compte que douze princes: Admète, Terrutas, Alcestas, Néoptolème, Arymbas,
Alexandre I, Eacide, Alcestas II, Pyrrhus II, Néoptolème II, Alexandre  II, Ptolémée, Pyrrhus III, Léodamie.
Admète (480-429) n’avait pas voulu secourir la Grèce envahie  par les Perses, mais ensuite il accueilli Themistocle banni et persécuté  par les Athéniens. L’histoire ne dit rien de Terrutas (429-395), non plus  que d’Alcestas (395-361). Néoptolème eut deux enfants célèbres:
Olympias, épouse de Philippe II et mère d’Alexandre le Grand, puis  Alexandre le Molosse que bientôt nous verrons gouverner ce peuple.
Arymbas (L’Arybas) de Justin (liv. 7, ch. 3) dota l’Epire d’une  législation nouvelle et, le premier de tous, jura de l’observer (361-342).
Frère d’Olympias et oncle d’Alexandre le Grand, Alexandre le  Molosse fait la guerre en Italie contre les Brutiens, à l’heure même où  son neveu la faisait aux Perses. Mais il fut moins heureux que son  homonyme sans avoir moins de talents militaires. Vainqueur des  Brutiens (Italie méridionale), il est vaincu par ses alliés et se noie dans  l’Achérontia (324).
Les Romains avaient recherché son estime, et il avait fait avec  eux un traité d’alliance.
Sous Eacide et Alcestas, Cassandre envahit l’Epire sous prétexte  que les Epirotes avaient fourni des troupes à Olympias, mère
d’Alexandre le Grand. Mais Alcestas aidé par les Acarnanes chasse les  Macédoniens et affranchit l’Epire de la domination étrangère.
Pyrrhus avait été élevé par son parent Glaucias, roi des  Taulantiens, et il ne monta sur le trône d’Epire qu’avec les troupes  fournies par son beau-père, le roi d’Egypte. Certainement il avait  beaucoup de courage et d’intrépidité. Mais pour être un général
accompli, il lui aurait fallu moins d’inconstance, moins d’ambition et  plus de déférence aux sages conseils de son maître Cinéas le Thessalien.
Les Tarentins qui déjà avaient engagé Alexandre dans une guerre contre les Brutiens l’engagèrent lui-même dans une autre guerre contre  Rome. A vrai dire, il remporta sur les Romains une première victoire,
mais la bataille avait été sanglante, et il perdit 13,000 hommes. Si une  deuxième victoire devait me coûter autant, s’écria-t-il, je reviendrais en Epire sans soldats.
D’Italie il passe en Sicile, bat les Carthagénois, et dégage  Siracuse. Mais il perd en revenant sa caisse militaire et une partie de sa
flotte au détroit de Messine. “Que vous en semble du sénat?” lui dit  Pyrrhus. “C’est une assemblée de rois,” répond le ministre. Cinéas étant  allé de sa part proposer la paix au sénat romain, Les expéditions  militaires de Pyrrhus en Italie paraissent lui avoir donné l’idée de jeter  un pont entre Apollonie et Brindes. Toujours est-il revenu en Epire, il
court en Macédoine et s’y fait proclamer roi. Puis il va se faire tuer à la  prise d’Argos (272). Sa tête ayant été apportée à Antigone, Antigone la  rend à Hellénius, qui la transporte en Epire. Les Epirotes l’ayant un jour  qualifié d’aigle. Oui, assurément, j’en suis un, répond Pyrrhus, mais c’est  par vous que je le suis devenu. On voulait chasser un homme qui avait
médit de lui. Qu’il reste ici, dit Pyrrhus, de peur qu’il n’aille me diffamer  ailleurs.
Au dire de Justin (liv. 25, ch. 5), tous les historiens conviennent  qu’aucun roi ne fut comparable à Pyrrhus et que bien peu de princes ou  même d’hommes illustres ont mené une vie plus pure, bien peu aussi par  l’éclat de leur nom ont rendu plus célèbre un petit royaume.
Alexandre II voulut un moment imiter son père, il écrivit même  les divres de tactique militaire qu’Arrien cite avec éloge, mais vaincu en  Macédoine, il ne recouvra l’Epire qu’avec les secours des Acarnanes.
Pyrrhus II mourut ensuite sans enfant et la couronne d’Epire tomba aux  mains de sa soeur Léodamie.
Ne voulant pas être gouvernés par une femme, les Epirotes se  soulevèrent et un misérable fut assassiner Léodamie dans un temple où  elle avait cherché refuge.

A l’exemple et à l’instigation des Etoliens, les Epirotes se mirent  en république et nommèrent un préteur ou magistrat annuel. Mais  l’instabilité d’un gouvernement pareil devait leur coûter cher.
“Pour le moment,” dit Justin, “les dieux vengèrent ce crime par  de longs malheurs et par une mortalité générale. Stérilité, famine, guerre  civile, guerre étrangère, tout concourut à la ruine de la nation presque  entière. Milon, l’assassin de Léodamie, livré à des excès de folie furieuse  se déchira le corps avec le fer, avec les pierres, avec les dents et mourut
au bout de douze jours.” (Justin, liv. 28, ch. 3).

Chapitre 6
Dynastie labéate
Faute d’historiens, la dynastie des Labéates ou Scutarine nous est moins connue que celle des Epirotes. Il n’est cependant pas douteux  qu’elle ne remonte à une aussi grande antiquité que les plus anciennes de  l’Albanie méridionale.
Mais il ne paraît pas que la dynastie Labéate ait primitivement  gouverné toutes les tribus de la haute Albanie. Ce pays aura été lui-même  partagé en diverses tribus gouvernées chacune par des chefs particuliers.
Cependant le besoin de se défendre contre un ennemi commun a dû les  forcer de bonne heure à grouper leurs forces et à les conserver unies.
Quel fut cet ennemi commun? La tradition n’en cite pas d’autre  qu’une émigration gauloise à la même époque qu’il s’en fit une autre  dans l’Italie septentrionale (588 avant J. C.).
On veut donc que des Gaulois conduits par Sigovèse ou par  quelqu’autre chef aient trouvé l’Adriatique à l’heure même que d’autres  s’établissaient à Milan, qu’ils aient vaincu les Liburnes, et qu’arrivés dans la haute Albanie, ils aient fondé unis aux habitants primitifs un  empire considérable, dont Scodra aurait été la capitale. La chose est
possible, mais le fait ne repose que sur une tradition respectable.
Toujours est-il qu’il nous faut descendre à 423 pour avoir du  positif, autant du moins qu’on peut se fier aux Grecs. A cette époque
l’histoire nous montre les Albanais ou Illyriens du nord unis aux  Lyncestes ou Pélagoniens contre la Macédoine. Tous ensemble ils battent  à Arnissa, près d’Ostrovo, les Grecs commandés par Brasidas et les  Macédoniens gouvernés par Perdicas II.
Les Lyncestes, Illyriens, avaient alors pour roi Arribée, fils de  Bromerus. Mais Thucydide ne dit pas quel était le roi des Illyriens (liv. 4,ch. 125). Cependant on peut croire que c’était le fameux Bardylis. Le  règne de ce prince fut de soixante ans. Diodore paraît l’avoir décrit fort  au long. Le fait est que souvent nous le trouvons en guerre avec les  Macédoniens, notamment avec Perdicas II qu’il finit par tuer dans une  bataille en 369.
Mais il fut tué lui-même ensuite par Philippe II qui profita de  cette victoire pour transporter au-delà de Lychnide (Ochride) les
frontières de la Macédoine.
Fils et successeur de Bardylis, Clitus, s’unit contre Alexandre le  Grand avec Glaucias, roi des Taulantiens. Mais ils furent vaincus à
Pellion (Bilichta) et fournirent au vainqueur un corps de troupes illyriens  pour conquérir la Perse.
Alexandre mort, Perdicas, président du conseil impérial,s’attribue l’honneur et le droit de partager l’empire macédo-persan entre
ses généraux. Or nous voyons que dans ce partage l’Illyrie échut à Philon  (Justin 13, pag. 4). Evidemment un choix pareil ne pouvait prévaloir sur  les droits acquis des princes indigènes. Aussi voyons-nous bientôt
Glaucias braver Cassandre, et couvrir de sa protection le jeune Pyrrhus.
Fils de Glaucias, Pleuvrat, nous semble être le premier roi d’Illyrie que  mentionnent les auteurs romains. Appelé au secours des Midoniens,Pélasges d’Acarnanie, Agron, fils de Pleuvrat, leur envoya cent  vaisseaux et dix mille Illyriens
Attaqués à l’improviste, les Etoliens furent battus et Midonie  dégagée. En l’honneur de cette victoire indigne, Agron donna un repas  à toute son armée. Mais s’étant, dit Polybe (liv. 2, ch. 1), donné au vin  et d’autres plaisirs semblables, il y gagna une pleurésie qui le mit en peu  de jours au tombeau.
Au lieu de réprimer la piraterie sur l’Adriatique, Teuta, son  épouse et régente du royaume, paraît l’avoir favorisée, au moins
répondit-elle aux ambassadeurs de Rome que: “ce n’était pas la coutume  des rois illyriens de défendre à leurs sujets d’aller en course pour leur  utilité particulière.” Une telle réponse choqua les ambassadeurs romains
et ils répondirent que: “c’était là une coutume à réformer.”
Or, non seulement l’orgueil de Teuta fut choqué d’une telle  réponse, mais elle fit encore assassiner les ambassadeurs et brûler vifs les  commandants du vaisseau qui les avait amenés. Pour toute réponse le  sénat de Rome envoya en Illyrie 20,000 légionnaires montés sur deux  cents navires (230).

De Rhizon, où elle s’était enfuie, Teuta vaincue accordait tout.
Mais le sénat ne voulut traiter qu’avec son fils, et il exigea non seulement  un tribut et la cession d’une partie de l’Illyrie avec la promesse de ne pas mettre en mer au-delà de Lissus (Alessio) plus de deux navires désarmés,
mais encore la tête des principaux conseillers de Teuta.
Avant cette époque, Rome n’avait pas eu de possessions  véritables en Illyrie. Mais on voit que dès avant la première guerre
punique, Apollonie avait recherché la protection de Rome. Car 264 ans  avant J. C., deux sénateurs romains, Fabricius et Apronius, ayant insulté  l’ambassadeur envoyé à Rome par Apollonie, le sénat les envoya comme
deux criminels recevoir des Apolloniates eux-mêmes le châtiment qu’il  plairait à leur ville. Mais pour tout châtiment Apollonie fit un bon accueil  aux sénateurs romains et les renvoya comblés d’honnêtetés  C’est en 228 avant J. C. que les Romains avaient conquis et  gardé en Illyrie un terrain considérable entre autres Apollonie,
Dyrrachium et Lissus. Sept ans plus tard (221), ils durent occuper l’Istrie.
C’est la piraterie qui nécessita cette nouvelle guerre. Mais la piraterie n’y  cessa qu’après la prise de Nésartie, la mort du roi et la complète  soumission du pays (177 avant J. C.)

(D’ETRE CONTINUE)

Jean-Claude Faveyrial

SOURCE   livre ‘Histoire de l’Albanie’

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