DÉMOCRATIE (suite de 19/05/2014) Charter 6b


7a. QUELQUES OPINIONS SUR LE TIRAGE AU SORT

et sur la démocratie en général.

a) Dans l´Antiquité Grecque

Quand il eut décidé de soumettre la Grèce, Xerxès envoya à toutes les cités grecques des hérauts pour demander aux Grecs « γῆν καὶ ὕδωρ », « de la terre et de l´eau », comme signe de soumission, selon les usages persans. Or, il n´en envoya ni à Athènes ni à Sparte, parce que les Athéniens avaient précipité les hérauts de Darius, son père, dans un puits, en leur disant d´en prendre autant qu´ils voulaient, pour amener à leur roi et les Spartiates les précipitèrent dans Céadas, le gouffre où ils jetaient les nouveaux nés invalides. Tuer les hérauts était considéré comme un sacrilège. C´est pourquoi, peut-être, selon Hérodote qui nous transmet l´histoire, Athènes fut détruite pendant les Guerres Médiques. Or, à Sparte où les descendants de Talthybius, le devin homérique déifié après sa mort, avaient fait construire un sanctuaire, ils ne voyaient pas les sacrifices des Spartiates être acceptés par les dieux. Aussi ont-ils décidé d´envoyer deux Spartiates à Xerxès afin qu´il les fît tuer et qu´en revanche, il y eût une délivrance de la colère divine.

On a convoqué plusieurs fois l´Halia, l´Assemblée du Peuple spartiate, pour trouver deux volontaires. Les volontaires Sperthias, fils d´Anéristos et Boulis, fils de Nicolas, des premières familles de Sparte, sont passés en Asie Mineure où ils ont été reçus comme des personnes très honorées par le satrape Hydarnès qui, étonné de leur courage, leur a proposé de devenir des amis de Xerxès afin d´avoir des honneurs et des richesses comme lui, et devenir les satrapes de la Grèce avec l´aide du Perse. Alors les deux Spartiates ont répondu : « Hydarnès, le conseil que tu nous adresses ne se fait pas à titre égal. En effet, tu nous conseilles sur une chose que tu connais et sur une autre que tu ne connais pas ; car tu sais très bien comment être un bon esclave, mais tu n´as pas encore connu la liberté, ni si elle est quelque chose de délicieux ni si elle ne l´est pas. En effet, si tu la connaissais, tu nous conseillerais de nous battre pour elle non seulement avec des lances mais aussi avec des haches. » (1).

 

Ce qui unissait les Grecs anciens et les différenciait des autres peuples et civilisations était le sens de la liberté : ils vécurent dans un régime politique sans pareil, et jamais vu nulle part vu au monde jusqu´­à nos jours. Il s´agissait d´un régime avec une liberté très particulière que nous n´avons jamais connue, nous les « postérieurs ». Il s´agissait d´une société qui, malgré quelques superstitions, ne connaissait pas en général de tabous politiques, philosophiques, religieux ou autres ; c´­était une société sans livres sacrés. Avant que les grands théoriciens, sophistes (2) ou philosophes, n´analysent leurs théories politiques, les citoyens Grecs ont vécu des situations analogues, malgré tout, et les législateurs Grecs ont cré­é des institutions grâce à qui la vie dans les cités grecques fut très humaine. Pour toute civilisation populaire et surtout pour les Grecs, avant la théorie, il y a la pratique, la praxis. C´est pourquoi il faut penser surtout à la praxis grecque de la liberté pour comprendre les intellectuels Grecs qui, autrement, nous paraîtront très contradictoires vu que souvent ils s´expriment contre la démocratie carrément et semblent avoir des sentiments proaristocratiques, mais tout simplement ils préfèrent vivre dans une société libre « à la grecque classique » c´est-à-dire démocratique et surtout ils aiment vivre à Athènes. Dans la pratique grecque, il y avait trois degrés fondamentaux de liberté : 1) Le degré de pleine liberté (citoyen) : L´homme devait participer -et il le faisait- aux trois pouvoirs en personne, sans représentant, sous peine d´atimie (privation de droits civiques).

C´était le citoyen. La définition de la liberté, qu´Aristote nous a gardée « la liberté est de gouverner et d´être gouverné, tour à tour », n´envisageait que lui. Cet homme jouissait, bien sûr, de la liberté de circulation. 2) Le degré moyen (métèque) : il s´appliquait aux gens qui avaient changé de résidence, de bon gré. Ceux-ci ne disposaient que de la liberté de circulation, en général. 3) Le degré zéro : Il s´agissait des esclaves qui ne disposaient même pas de liberté de circulation. Quand ils parlent de la liberté, les Grecs pensent à la liberté du 1er degré surtout et secondairement à celle du 2e degré. Les deux volontaires Spartiates ne pensent qu´au 1er degré. Les caractéristiques des cités grecques, étaient les suivantes : I. la liberté, II. l´autonomie et III. l´autarcie ou autarkeia, selon la traduction et la translittération du mot grec αὐτάρκεια. La première concernait leur vie politique intérieure et elle était composée : a) de l´isonomie

 

(égalité devant la loi), b) de l´iségorie (égalité au droit de parler) et c) du tirage au sort, qui assurait l´égalité au droit de participer au pouvoir : c´était, surtout, le tirage au sort qui effectuait la définition démocratique de la liberté, gouverner et être gouverné à tour de rôle. La deuxième caractéristique concernait leur vie politique extérieure et la troisième, leur vie économique. Sparte et d´autres cités oligarchiques n´utilisaient pas le tirage au sort, mais elles assuraient, quand même, le changement aux postes de pouvoir.

C´est pourquoi, avoir l´ambition d´être le premier ou parmi les premiers dans sa cité, c´est une ambition tout à fait loyale dans la pensée des Grecs (3). Si quelqu´un admirait une cité autre que la sienne, il savait que ce serait très difficile d´y obtenir la citoyenneté et avoir la liberté du 1er degré ; ce qui aboutissait à un grand amour pour sa propre cité, même s´il n´était pas d´accord avec toutes les institutions du régime. Pour la civilisation grecque, la plus grande punition -après la mort- fut l´exil. Plus on était ambitieux, plus on voulait se mêler à la vie politique de sa cité d´une manière ou d´une autre, moins on acceptait de vivre loin d´elle. Solon, Pisistrate, Clisthène, Aristide, Thémistocle, Périclès, Antiphon, Alcibiade, Critias, Socrate, Platon ne sont que quelques exemples pris au hasard qui confirment cette règle.

Si l´on disait que la Politique était entrée dans les chromosomes des Grecs, pour ainsi dire, on n´exagérait pas. Or, cette mentalité fut le produit de la Démocratie qui prônait que tout citoyen devait gouverner, chacun à son tour. C´est le seul régime politique où tout citoyen est un archonte potentiel, où tous les citoyens ont les mêmes probabilités d´accès à la gestion du pouvoir ; justement grâce au tirage au sort et par son intermédiaire. Seule la Démocratie ne prêchait ni l´abus ni l´abrogation du pouvoir, mais, en le distribuant à tous les citoyens, elle pratiquait sa pulvérisation, ce qui permettait la participation du Démos. Or surtout la participation du Démos -et deuxièmement le climat doux grec- ont abouti au « Miracle Grec ». Mais les intellectuels de tout le temps, Grecs et non Grecs, n’ont pas pu réaliser cette réalité historique. Si nous pouvons réaliser tout cela, nous pourrons également voir les penseurs Grecs dans leur propre contexte socio-politique et les comprendre.

 

Et maintenant examinons la praxis et la théorie personnelles de quelques Grecs anciens bien connus.

1. Protagoras. Protagoras d´Abdère, (cité de Thrace, au Nord de la Grèce) [Abdère v. 485 av. J.C., v. 410 av. J.C.] peut être considéré comme un théoricien de la Démocratie. Avec son fameux mythe (4) que Platon nous a préservé dans son dialogue homonyme (Plat. Prot. 322), le sophiste nous dit qu´en obéissant à un ordre de Zeus, Hermès a donné la capacité politique à tout le monde sans exception, homme ou femme, Grec ou barbare. La capacité politique est composée de deux notions : « αἰδῶ τε καὶ δίκην » la pudeur et la justice, le sentiment de la justice. Ailleurs, dans Platon (Lois, XII, 947), la Justice est considérée comme fille de la Pudeur, chez Eschyle (Les Sept contre Thèbes, 662), la Justice est considérée comme fille de Zeus et chez Sophocle (Œd. à Col. 1268), la Pudeur s´assied à côté de Zeus ; enfin nous pouvons dire que nous avons une Sainte Trinité bien avant le Christianisme : Zeus-Pudeur-Justice, avec la différence que le sexe féminin domine, dans cette sainte trinité profane, préchrétienne, tandis que dans la Sainte Trinité chrétienne, le sexe masculin l´emporte complètement : le Patriarcat s´y trouve dans sa splendeur.

Décidément l´allégorie mythologique grecque est très éloquente : la pudeur est en relation très étroite avec la justice et toutes deux avec le chef des dieux. Or, pudeur signifie respect d´autrui et de soi-même. Donc, tout humain peut être juge ou membre du législatif et de l´exécutif.

Il faut aussi signaler qu´à Sparte, il y avait des fils d´Hilotes, qui avaient fait leurs études avec les fils des Spartiates, les Ὁμοῖοι, dans les mêmes écoles publiques, et qui s´appelaient Mothakès (Μόθακες, pl., Μόθαξ, sing.). À Athènes, il y avait le dieu Mothon (Μόθων), protecteur de l´Impudence (Aristophane, Cavaliers, 635, 695 [avec commentaire au v. 697 : espèce de danse vulgaire] ; et Euripide (Bacchantes, 1060). Les deux mots (Mothax et Mothon) sont deux formes peu différentes de la même notion : l´impudence. Nous pouvons en conclure que les non-citoyens, comme les Hilotes, étaient considérés, comme non munis de pudeur, qualité appartenant exclusivement aux citoyens.

Le mot justice qui parle explicitement du pouvoir judiciaire nous rappelle les paroles d´Aristote selon lesquels Solon a montré que la voie pour la  démocratie passe par les tribunaux populaires (5). Nous nous apercevons que Protagoras suit la praxis athénienne qu´avait introduite Solon dans sa patrie (594 ou 592 av. J.-C.). Il faut se rappeler que Protagoras fut envoyé par Périclès pour établir la constitution de la cité panhellénique en Italie du Sud, Thurioi, lorsque les Grecs ont décidé, après les Guerres Médiques, de reconstruire la cité Sybaris, avec ce nouveau nom (444/3 av. J.-C.) (6) ; Sybaris avait été détruite par les Crotoniates, peu de temps avant.

Quand nous analyserons la distinction des trois pouvoirs, nous parlerons du judiciaire plus analytiquement et nous retrouverons la persistance de la praxis démocratique grecque sur les tribunaux populaires exprimée explicitement, dans le Serment des Ephèbes Athéniens.

Le mot « αἰδώς », nous le retrouvons dans les cris qu´a poussés Ajax pour encourager les Grecs contre Hector et les Troyens : « Αἰδώς, Ἀργεῖοι! » « Pudeur, honte à vous, Argiens ! » (7). Ce mot n´est pas utilisé au hasard. Il se trouvait dans le vocabulaire quotidien des Grecs et il contenait des notions politiques et morales à la fois, depuis l´époque d´Homère au moins.

2. Thucydide. Thucydide semble être admirateur de celui qu´on appelle « grand homme », personnalité « charismatique » et d´Athènes démocratique à la fois. Est-ce une contradiction ? Selon le mode de penser d´aujourd´hui qui suit des directives philosophiques ou religieuses plus ou moins strictes, je pense que oui. Or, pour les Grecs anciens qui vivaient avec leur propre sens de liberté, il s´agissait d´un mode de penser singulier : être en contradiction avec soi-même, c´est être libre. Qu´a-t-il de plus humain que la contradiction ? Et la civilisation grecque est considérée comme la plus humaine. C´est ainsi que le grand historicien nous a laissé une description succulente et dense de Thémistocle (I, 138) et une autre presque pareille de Périclès (II, 65), où il dit notamment sa phrase fameuse que le régime d´Athènes sous l´influence de Périclès : « ἐγίγνετο λόγῳ μὲν δημοκρατία, ἔργῳ δὲ ὑπὸ τοῦ πρώτου ἀνδρὸς ἀρχή. » (…[le régime] devenait le gouvernement du Premier Homme dans les œuvres, encore qu´il restait démocratie dans les mots.). Cette phrase est utilisée d´habitude par les gens qui ne veulent pas accepter qu´­à Athènes, malgré tout, il y eut une vraie démocratie, ou par les gens qui ignorent comment fonctionnait le  régime athénien. Or, celui qui voudrait être objectif, saurait voir à travers ces paroles l´exagération rhétorique et les sentiments aristocratiques de Thucydide. En croyant l’historien, nous pourrions comprendre que Périclès avait abrogé la démocratie et le tirage au sort et il pouvait convaincre les Athéniens de partager son avis, par ses harangues. Or l´iségorie n´a jamais cessé d´exister à Athènes, sauf à des époques très dures, comme celle des Trente Tyrans. Périclès n´utilisait que les moyens que le régime lui accordait, les institutions démocratiques fonctionnant toujours, malgré la rhétorique de l´historien, qui ne pouvait qu’admirer le politicien et voulait insister sur le fait de sa présence.

Les préférences aristocratiques-oligarchiques de Thucydide sont évidentes dans le Discours Funèbre (II, 37) qu´a prononcé Périclès, en 430 av. J.-C. La fameuse objectivité de l’historien est carrément annulée ; il ne faut pas oublier que la composition du discours funèbre est attribuée plutôt à Thucydide, lui-même, qu’à Périclès : la seule chose que Thucydide dit sur la démocratie est qu´Athènes est appelée démocratie parce que son pouvoir est géré non pas par peu de gens mais par plusieurs ; autrement la démocratie est décrite comme aristocratie-oligarchie, le tirage au sort est passé sous silence, les charges ne sont pas distribuées par tirage au sort mais selon la vertu de chaque citoyen ; la « soi disant » vertu était la demande constante des aristocrates-oligarques qui n’acceptaient pas que tout le monde passer par toutes les charges.

À vrai dire l’objectivité de Thucydide va de pair avec la plainte incessante, par exemple, du Vieil Oligarque connu sous le nom de pseudo-Xénophon. L’historien ne pardonnera jamais à ses concitoyens qu’il fut obligé de prendre la route de l´exil ; oligarchique et condamné à mort par contumace pour ne pas avoir exercé dûment son devoir de stratège à Amphipolis durant la Guerre du Peloponnèse, il ne rentra dans sa cité natale que lors de la période des Trente Tyrans et en est parti après leur chute, n’étant pas concerné de l’amnistie concédée par les démocrates.

Finalement, nous pouvons dire du grand historien qu´il préfère les aristocrates et les hommes dits « charismatiques ». Thucydide, grâce à tout ce qu’il dit sur le régime politique d’Athènes peut être considéré comme le fondateur du Parlementarisme : les Anglosaxones et tous les parlementaristes sont basés sur lui et passent pour démocrates. Or le Parlementarisme se servant des élections pour désigner ses autorités n’est qu’une version de régime oligarchique.

3. Antiphon. Les renseignements assez rares et peu explicites ainsi que la difficulté de comprendre la dite contradiction de la plupart des intellectuels Grecs ont fini par convaincre la grande majorité des chercheurs sur l´Antiquité grecque qu´il y a eu deux Antiphons : le sophiste qui est pour le Droit Naturel et l´orateur oligarchique qui est resté à Athènes, après l´échec du coup d´état en 410, et qui, condamné à mort, a bu la ciguë, ne voulant pas aller vivre ailleurs. Socrate fera la même chose une dizaine d´années plus tard. Hermogènes (IIIe siècle après J.-C.), qui a introduit, le premier, l´hypothèse des deux personnages différents, prenant le renseignement dans une œuvre perdue de Didymus (I siècle après J.-C.), selon ses propres dires, n´en est pas tellement sûr. Nous n´entrerons pas dans la discussion, qui est totalement traitée dans The Sophists de W.K.C. Guthrie (Cambridge University Press 1971). Nous nous bornerons à dire que nous croyons qu´il n´y a eu qu´une seule personne qui n´a fait que suivre le comportement grec général de participation tant pratique que théorique dans les affaires de sa cité.

Analysons un peu ses théories. Il faisait une distinction entre φύσις (nature) et νόμος (loi), entre droit naturel et droit positif. Il prônait que les gens naissent égaux (droit naturel), mais également, il croyait que ne pas enfreindre les lois et les us (τὰ νόμιμα) de la cité, c´était la justice (Droit Positif). Cela veut dire qu´il acceptait les deux droits, selon le cas : les gens sont égaux, mais il faut voir chaque fois ce qui est plus convenable pour la cité. Or, cette idée n´a rien de nouveau, à proprement parler ; les Athéniens pratiquaient déjà cette théorie ; ils faisaient des esclaves, même barbares hellénisés, leurs concitoyens tant individuellement que collectivement, pas tous les jours mais dans des cas exceptionels (8). Donc, nous pouvons nous poser la question : comment les Athéniens faisaient-ils des esclaves, même des barbares leurs concitoyens, s´ils ne croyaient pas que tous les gens sont égaux, naissent égaux ? Un cas contraire : En 451, Périclès, vu que le nombre des citoyens était plus grand que la caisse de la cite ne pouvait le supporter, proposa au Démos que « quiconque ne serait pas né de deux citoyens ne pourrait plus jouir de droits politiques. » (9). Est-ce que les Athéniens crurent qu´ il y avait des gens qui, du jour au lendemain, cessèrent d´être égaux ? Antiphon a le même sentiment que n´importe quel autre citoyen Athénien qui vota cette loi ; la seule différence est que le Sophiste en a fait une théorie, étant un militant plus fervent que le citoyen ordinaire.

Le fait de la participation à un coup d´état oligarchique n´a rien d´étonnant : la plupart des intellectuels Grecs furent des gens d´action et de théorie politiques à la fois, en commençant par les Sept Sages et en arrivant jusqu´à Sophocle qui fut envoyé comme stratège à Samos et, une autre fois, peut-être, ailleurs, nous ne savons pas exactement où. En tant que « bon intellectuel », Sophocle méprisait le Démos et, croyant que la démocratie a causé la catastrophe en Sicile, a accepté de participer au collège des dix commissaires (πρόβουλοι) qui furent élus pour resserrer le régime. Enfin Sophocle n´a pas eu le courage de participer au coup d´état, encore qu´il n´était pas contre, comme dit Aristote dans sa Rhétorique (1419a 26). Or, Antiphon, Pisandre et Théramène sont allés plus loin ; Antiphon, en plus, eut le courage de rester à Athènes, sa bien aimée (10), et de payer de sa vie l´échec, comme précurseur de Socrate, tandis que son collaborateur Théramène passa du côté des démocrates. En effet, ce passage n´était pas difficile avec les données grecques jusqu´en 336 et 322 av. J.-C., c´est-à-dire l´arrivée et l´installation de la monarchie macédonienne dans les affaires grecques ; en effet, la différence entre l´oligarchie et la démocratie fut plutôt quantitative que qualitative (11), vu que l´institution de base, le tirage au sort, qui faisait évaluer la mentalité des gens vers la démocratie, fut utilisée même par le régime de Dracon (12) et le régime des Quatre Cents, qui n´étaient pas considérés comme démocratiques (13). En effet, c´est Antipatre qui, en 322, (14) fut le premier à abolir le tirage au sort ; cette abolition a provoqué une autre forme des régimes politiques en Grèce. En définitif, la Démocratie mourut à cause de la monarchie macédonienne. Antiphon, pour y revenir et en finir avec lui, n´est qu´un exemple classique d´un intellectuel qui aimait Athènes et qui suivait les lignes générales de la théorie démocratique, mais qui méprisait, comme tout « bon intellectuel », le Démos et préférait que le pouvoir soit géré par lui et ses amis, les spécialistes, les connaisseurs -comme disait aussi, son interlocuteur (15), Socrate- à la place du Démos, en abrogeant le tirage au sort ou, tout au moins, en limitant sa portée.

Antiphon est le fondateur des notions droit naturel et droit positif. Il n’a pas pu comprendre que la phrase : « l’homme est par nature animal politique » signifie que : « Droit Naturel pour l’homme, c’est créer Droit Positif. » (16)

(être continué)

par  Alexandre Kontos

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