Érga kaì Hêmérai – Ἔργα καὶ Ἡμέραι – Труды и дни,mais ton диан (II)


( SUIVRE DE  6/12/13 )

L’âge d’or

Quand les hommes et les dieux furent nés ensemble, d’abord les célestes habitants de l’Olympe créèrent l’âge d’or (8) pour les mortels doués de la parole. Sous le règne de Saturne qui commandait dans le ciel, les mortels vivaient comme les dieux, ils étaient libres d’inquiétudes, de travaux et de souffrances ; la cruelle vieillesse ne les affligeait point ; leurs pieds et leurs mains conservaient sans cesse la même vigueur, et loin de tous les maux, ils se réjouissaient au milieu des festins, riches en fruits délicieux et chers aux bienheureux Immortels. Ils mouraient comme enchaînés par un doux sommeil. Tous les biens naissaient autour d’eux. La terre fertile produisait d’elle-même d’abondants trésors ; libres et paisibles, ils partageaient leurs richesses avec une foule de vertueux amis. Quand la terre eut renfermé dans son sein cette première génération, ces hommes, appelés les génies terrestres, devinrent les protecteurs et les gardiens tutélaires des mortels : ils observent leurs bonnes ou leurs mauvaises actions, et, enveloppés d’un nuage (9), parcourent toute la terre en répandant la richesse : telle est la royale prérogative qu’ils ont obtenue.

L’âge d’argent

Ensuite les habitants de l’Olympe produisirent une seconde race bien inférieure à la première, l’âge d’argent (10) qui ne ressemblait à l’âge d’or ni pour la force du corps ni pour l’intelligence. Nourri par les soins de sa mère, l’enfant, toujours inepte, croissait, durant cent ans, dans la maison natale. Parvenu au terme de la puberté et de l’adolescence, il ne vivait qu’un petit nombre d’années, accablé de ces douleurs, triste fruit de sa stupidité, car alors les hommes ne pouvaient s’abstenir de l’injustice ; ils ne voulaient pas adorer les dieux ni leur offrir des sacrifices sur leurs pieux autels, comme doivent le faire les mortels divisés par tribus. Bientôt Jupiter, fils de Saturne, les anéantit, courroucé de ce qu’ils refusaient leurs hommages aux dieux habitans de l’Olympe. Quand la terre eut dans son sein renfermé leurs dépouilles, on les nomma les mortels bienheureux ; ces génies terrestres n’occupent que le second rang, mais le respect accompagne aussi leur mémoire.

L’âge d’airain

Le père des dieux créa une troisième génération d’hommes doués de la parole, l’âge d’airain, qui ne ressemblait en rien à l’âge d’argent. 
Robustes comme le frêne, ces hommes, violents et terribles, ne se plaisaient qu’aux injures et aux sanglants travaux de Mars ; ils ne se nourrissaient pas des fruits de la terre, et leur coeur impitoyable avait la dureté de l’acier. Leur force était immense, indomptable, et des bras invincibles s’allongeaient de leurs épaules sur leurs membres nerveux. Ils portaient des armes d’airain ; l’airain composait leurs maisons ; ils ne travaillaient que l’airain, car le fer noir n’existait pas encore. Égorgés par leurs propres mains, ils descendirent dans la ténébreuse demeure du froid Pluton sans laisser un nom après eux. Malgré leur force redoutable, la sombre Mort les saisit et ils quittèrent la brillante lumière du soleil.

L’âge des Héros

Quand la terre eut aussi renfermé leur dépouille dans son sein, Jupiter, fils de Saturne, créa sur cette terre fertile une quatrième race plus juste et plus vertueuse (11), la céleste race de ces Héros que l’âge précédent nomma les demi-dieux dans l’immense univers. La guerre fatale et les combats meurtriers les moissonnèrent tous, les uns lorsque, devant Thèbes aux sept portes (12), sur la terre de Cadmus, ils se disputèrent les troupeaux d’Oedipe (13) ; les autres lorsque, franchissant sur leurs navires la vaste étendue de la mer, armés pour Hélène aux beaux cheveux, ils parvinrent jusqu’à Troie, où la mort les enveloppa de ses ombres. Le puissant fils de Saturne, leur donnant une nourriture et une demeure différentes de celles des autres hommes, les plaça aux confins de la terre. Ces Héros fortunés, exempts de toute inquiétude, habitent les îles des bienheureux (14) par delà l’océan aux gouffres profonds, et trois fois par an la terre féconde leur prodigue des fruits brillants et délicieux.

L’âge de fer

Plût aux dieux que je ne vécusse pas au milieu de la cinquième génération ! Que ne suis-je mort avant ! que ne puis-je naître après ! C’est l’âge de fer (15) qui règne maintenant. Les hommes ne cesseront ni de travailler et de souffrir pendant le jour ni de se corrompre pendant la nuit ; les dieux leur enverront de terribles calamités. Toutefois quelques biens se mêleront à tant de maux. Jupiter détruira celte race d’hommes doués de la parole lorsque presque dès leur naissance leurs cheveux blanchiront. Le père ne sera plus uni à son fils, ni le fils à son père, ni l’hôte à son hôte, ni l’ami à son ami ; le frère, comme auparavant, ne sera plus chéri de son frère ; les enfants mépriseront la vieillesse de leurs parents. Les cruels ! ils les accableront d’injurieux reproches sans redouter la vengeance divine. Dans leur coupable brutalité, ils ne rendront pas à leurs pères les soins que leur enfance aura reçus : l’un ravagera la cité de l’autre ; on ne respectera ni la foi des serments, ni la justice, ni la vertu ; on honorera de préférence l’homme vicieux et insolent ; l’équité et la pudeur ne seront plus en usage ; le méchant outragera le mortel vertueux par des discours pleins d’astuce auxquels il joindra le parjure. L’Envie au visage odieux, ce monstre qui répand la calomnie et se réjouit du mal, poursuivra sans relâche les hommes infortunés. Alors, promptes à fuir la terre immense pour l’Olympe, la Pudeur et Némésis (16), enveloppant leurs corps gracieux de leurs robes blanches, s’envoleront vers les célestes tribus et abandonneront les humains ; il ne restera plus aux mortels que les chagrins dévorants, et leurs maux seront irrémédiables.

(être poursuivie)

TRADUITES PAR M. A. BIGNAN

NOTES

(8) Hésiode, après avoir établi la commune origine des dieux et des hommes, fait de l’âge d’or une description brillante, mais contradictoire avec ce qu’il a raconté dans la Théogonie des malheurs arrivés sous le règne de Saturne. De ces deux traditions du bien et du mal, laquelle est la plus ancienne ? L’une n’est-elle qu’une fiction ? l’autre appartient-elle à l’histoire ? Leclerc préfère le récit de la Théogonie à celui des Travaux et des Jours.
D’abord il trouve que l’attentat de Saturne envers son père, qu’il détrôna, s’accorde mal avec cette innocence qu’Hésiode attribue à l’âge d’or.
En second lieu, ce qu’on rapporte de cet âge ne lui paraît appuyé sur aucun fondement historique : les monuments des Hébreux prouvent qu’avant et après le déluge, l’histoire du genre humain n’a été que celle de l’injustice et du crime : “Si nous nous souvenons, dit-il, que l’action de Saturne se passa peu de temps avant Abraham, nous comprendrons aisément que tant d’innocence n’a pu être le partage des colons de la Grèce.”
Enfin l’ignorance de ces premiers siècles, étranger aux arts et à la civilisation, ne lui semble pas supposer de grandes vertus ni un grand bonheur. C’est dans les temps de barbarie que les passions se déploient avec le plus de fougue et de férocité. Alors les dieux étaient aussi cruels, aussi violents que les hommes.
Leclerc ne dissimule pas que, d’après l’opinion de plusieurs savants, cette peinture de l’âge d’or figure l’état du genre humain avant la chute d’Adam et d’Ève,  mais il ne pense pas que les Grecs aient pu conserver le moindre souvenir de ce bonheur si court dont jouirent nos premiers parents dans le paradis terrestre.  Il croit plutôt qu’Hésiode n’a fait que retracer un âge d’or idéal. Dans une société déjà corrompue, l’imagination aime à se rejeter vers le passé comme pour échapper au présent. Beaucoup de poètes, à l’exemple d’Hésiode, ont accusé leur siècle et loué les siècles antérieurs.
La plupart de ces observations de Leclerc ne manquent pas de justesse ; mais un fait qu’elles ne détruisent pas, c’est la croyance générale de lAantiquité à un état primitif de bonheur et d’innocence. Le berceau de presque toutes les religions repose dans un Éden. La longévité des hommes avant le déluge dans la Bible, la supériorité de leur force antérieurement au siècle d’Homère dans l’Iliade, attestent l’existence de cette opinion qui attribuait à l’espèce humaine plus voisine de la création une nature moins imparfaite et presque divine. En effet quand le monde entier ne consistait encore que dans une seule famille, les vices et les crimes n’avaient pas eu le temps de naître et de se développer ; si les premiers habitants de la terre étaient peut-être moins heureux dans cet état sauvage, il y avait entre leur âme et leur corps une sorte d’harmonie, de vigueur et de beauté.

A mesure que la famille s’étendit et se dispersa, les intérêts se divisèrent, les besoins, les passions se multiplièrent et se combattirent ; l’homme devint sanguinaire, cruel, impie. De là l’idée de déchéance qui plane sur toutes les religions de l’Antiquité. Hésiode a donc suivi à son insu la tradition qui consacrait cette idée cosmopolite, mais il l’a suivie en adoptant également ce que les Grecs rapportèrent des premiers temps de leur histoire.  Ainsi dans la Théogonie il raconte le crime de Saturne envers Uranus et dans les Travaux et les Jours il fait le tableau du bonheur du genre humain sous ce même Saturne. Comme d’un côté les souvenirs mythologiques des Grecs ne remontaient pas au-delà d’Uranus et de Saturne, et comme de l’autre tous les peuples anciens croyaient à une époque primitive de félicité et d’innocence, il a consacré ces deux traditions sans réfléchir sans doute à ce qu’elles offrent de disparate. Remarquons toutefois que ce n’est point dans le même poème qu’il les a confondues. Ainsi, prises isolément, elles ont chacune leur vérité relative.
L’opinion sur l’identité d’origine des dieux et des hommes, antérieure sans doute à Hésiode, lui a survécu, puisque Pindare commence ainsi sa sixième Néméenne :
“L’origine des hommes et des dieux est la même, c’est d’une seule mère que nous avons tous reçu le souffle de la vie.”
Julien dit dans un fragment de lettre (p. 291, t. 1, édit. Spantheius)
“On dit qie les dieux et Jupiter sont homogènes avec nous, etc.”
Dans la mythologie grecque, la Terre est appelée la mère commune de tous les êtres ; dans la Théogonie (126), elle enfante le Ciel.

(9) Plusieurs anciens grammairiens ont cru qu’Hésiode parlait ici des Héros à cause de cet hémistiche «Heéra essaménoi, » que Virgile a rendu par ces mots «Obscurci aere septi ; » et ils ont fait dériver leur nom de aeros. Eustathe (Iliade, ch. 1, v. 3) et le grand étymologiste s’y sont trompés eux-mêmes. Mais Heinsius remarque avec raison que les Héros et les Génies ne sont pas ici la même chose. Hésiode, suivant Proclus, divise en quatre classes la hiérarchie céleste et humaine ; dans la première il place les dieux, dans la seconde les Génies, dans la troisième les Héros et dans la quatrième les hommes. Ces Génies, agents intermédiaires entre Jupiter et les rois, président à la justice et distribuent la richesse parmi les mortels. Représentants de la divinité sur la terre, s’ils restent subordonnés aux dieux, leur pouvoir invisible et protecteur s’élève au-dessus de la puissance, humaine. Il y a de l’analogie entre ces Génies et les anges des Hébreux dans la Bible

(10) Hésiode, dans le tableau de l’âge d’argent nous montre la race humaine déjà dégénérée : les enfants restent pendant cent années, amollis par une éducation efféminée, auprès de leur mère, et leur intelligence est lente à se développer ; cet état de mollesse et d’ignorance les porte aux actes de violence et d’impiété.
Ce nombre de cent années pendant lesquelles se prolonge l’enfance prouve qu’il ne faut pas assigner à chacun de ces âges la durée précise des générations ordinaires qu’Homère borne à trente ans. Quoique Hésiode dise que les enfants, une fois parvenus à l’adolescence, ne vivaient que peu, leur vie entière, n’eût-elle été composée que du temps de l’enfance, était encore plus longue que celle des héros de l’Iliade. Hésiode en effet rapporte une tradition qui se rapproche plus que la tradition homérique du berceau de l’univers. Le mot de génération dans les Travaux et les Jours entraîne donc l’idée d’un espace de temps d’une longueur indéterminée. C’est dans l’Orient que la Grèce a trouvé le modèle des âges du monde.
II y a dans les écrits des Indiens quatre yougas on quatre âges destinés à la durée du monde : la première période (crita ou satya-youga) a duré trois millions deux cent mille ans ; la seconde (treta-youga), deux millions quatre cent mille ans ; la troisième, (dwapara-youga), un million six cent mille ans ; la quatrième (cali-youga) doit durer quatre cent mille ans, dont cinq mille environ sont déjà écoulés. Les hommes vivaient d’abord cent mille ans, puis dix mille ans, ensuite mille ans, maintenant ils ne vivent plus que cent années,  ainsi la durée de la vie diminue à mesure que la corruption s’accroît.
Dans le Zend-Avesta, la grande période de douze mille ans, pour la lutte des deux principes, se divise en quatre âges : dans le premier, Ormuds règne seul ; dans le second, Arihman commence à paraître ; dans le troisième, qui est l’âge présent, Arihman combat Ormuds ; dans le quatrième, qui est l’âge futur, le mauvais principe doit l’emporter jusqu’à la fin du monde, où le bon principe dominera pour toujours.
La Grèce, comme on le voit, a réduit l’énormité de ces calculs à des proportions moins gigantesques, mais on trouve encore dans cette partie de ses croyances plus d’exagération que dans les autres, d’où l’on peut conclure que l’empreinte des types orientaux est ici plus frappante. 

(11) Hésiode dit que l’âge des Héros fut plus juste et meilleur que l’âge précédent ; mais, comme l’observe Leclerc, combien celui-ci ne dut-il pas être criminel, puisque celui-là nous montre les forfaits de la famille d’Oedipe, et les guerres des sept devant Thèbes, et l’enlèvement d’Hélène et le siège de Troie ! Ce siècle est appelé celui des Héros et des demi-dieux, parce que les hommes se distinguèrent par leur bravoure, et parce qu’ayant eu pour auteurs de leurs jours un mortel et une déesse ou bien une mortelle et un dieu, ils participaient également à la nature divine et à la nature humaine.

(12) II y avait trois villes de Thèbes dans l’antiquité : la première aux sept portes, fondée par Cadmus dans la Béotie ; la seconde aux cent portes, en Égypte, et la troisième, appelée Hypoplacie, en Cilicie ; celte dernière, suivant Tzetzès, était située auprès d’Atramytium, lieu ainsi appelé d’Atramytos, frère de Crésus.

(13) Étéocle et Polynice se disputent les troupeaux d’Oedipe, car dans ces temps primitifs les troupeaux composaient la plus grande partie des richesses royales. Homère nous montre souvent les fils de rois gardant des troupeaux et des brebis ; l’enlèvement de ces animaux était ordinairement l’objet de leurs premières guerres. Cette vie pastorale, à laquelle la muse bucolique rattache des idées de paix, d’innocence et de bonheur, n’était alors qu’une cause de brigandages et de rapines. II y a loin des paisibles bergers de Virgile et de Théocrite à ces hommes violents et farouches qui dans les siècles héroïques s’arrachaient la vie pour s’enlever leurs troupeaux.

(14) L’idée de l’île des bienheureux est évidemment prise dans ce passage de l’Odyssée (ch. 4 v. 561) :
“Pour toi (c’est Protée qui parle) ton destin n’est point, ô Ménélas ! ô nourrisson de Jupiter ! de périr dans Argos féconde en coursiers, ni de connaître le trépas. Mais lesIimmortels t’enverront aux champs Élyséens, aux extrémités de la terre ; c’est là que règne le blond Rhadamanthe et que les humains jouissent d’une vie fortunée. Jamais de neiges, jamais de longs hivers, jamais de pluies : l’Océan envoie sans cesse les douces haleines du Zéphyr pour rafraîchir les hommes.”
Strabon (liv. 1, c. i) dit que les îles des Bienheureux furent ainsi appelées parce qu’on les croyait heureuses, à cause du voisinage de ces lieux décrits dans l’Odyssée ; il les place vis-à-vis la Maurusie, vers le couchant, du coté de l’extrémité occidentale de l’Ibérie. D’après Diodore de Sicile (liv. 5, c, 82), le continent opposé à ces îles ayant été ravagé par de longues pluies, les fruits de la terre se corrompirent et la famine amena la peste ; mais les îles, rafraîchies par un air sain et abondantes en fruits, rendirent leurs habitants heureux (macarious). C’est leur fertilité qui leur valut leur nom ; “et quelques-uns, ajoute Diodore, disent qu’elles ont été ainsi nommées des fils de Macarée et d’Ion qui y régnèrent. En un mot ces îles dont je viens de parler se distinguaient des îles voisines par leur bonheur, non seulement dans les anciens temps, mais encore dans notre siècle.”
Pindare, Horace, Silius Italicus parlent également du séjour des bienheureux.
Hérodote qui, plus voisin du siècle d’Hésiode que ces auteurs, aurait dit se conformer davantage à sa tradition est cependant celui qui s’en écarte le plus ; il raconte (liv. 3, c, 26) que le territoire de la ville d’Oasis, distante de Thèbes de sept journées de marche, portait un nom qui signifiait l’île des Bienheureux. Après tout, dans un temps où tout ce qu’on rapportait sur l’Afrique occidentale était vague et confus, la renommée avait bien pu placer cette île dans une de ces oasis du désert qui sont réellement des îles de verdure jetées an milieu d’une mer de sables. Si Hésiode a relégué l’île des Bienheureux par-delà l’Océan, c’est que, parlant d’une chose idéale, il a dû choisir la contrée qui, à cause de son éloignement, se prêtait merveilleusement à tout ce que la mythologie avait de singulier et de mystérieux. L’existence et la situation de ce séjour fortuné, où la terre produisait des fruits abondants et délicieux, offrent beaucoup de ressemblance avec le jardin où croissaient les pommes d’or des Hespérides.

(15) La peinture de l’âge de fer dans lequel vécut Hésiode démontre que la corruption et la méchanceté avaient fait d’effrayants progrès depuis l’âge des héros. Peut-être l’auteur, par une exagération permise en poésie, en a-t-il rembruni à dessein les couleurs. Quoi qu’il en soit, il doit y avoir de la vérité dans ce tableau, qui atteste un long intervalle entre les deux siècles d’Homère et d’Hésiode. Le poète exprime le regret de n’être pas né avant son siècle ou du moins le voeu de ne naître qu’après, comme si les âges futurs devaient être meilleurs. Ce tourment de la pensée qui, fatiguée du présent, a besoin de se reporter vers le passé ou de se lancer dans l’avenir est commun aux hommes d’une époque de malaise et de transition. 

(16) Hésiode, pour compléter la peinture d’un siècle d’injustice et d’impiété, nous montre la Pudeur et Némésis prêtes à s’envoler de la terre vers le ciel ; la blancheur de leurs vêtements semble indiquer la candeur et la pureté de leur âme. Nous observerons de nouveau qu’Homère n’est pas dans l’usage de personnifier ainsi les idées morales. Ce passage a été imité par Juvénal (sat. 6) :
Credo pudicitiam Saturno rege moratam
In terris visamqne diu.
Paulatim deinde ad superos Astraea recessit
Hac comite atque duae pariter fugere sorores
.

source http://remacle.org/

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Job title: (f)PHELLOW OF SOPHIA Profession: RESEARCHER Company: ANTHROOPISMOS Favorite quote: "ITS TIME FOR KOSMOPOLITANS(=HELLINES) TO FLY IN SPACE." Interested in: Activity Partners, Friends Fashion: Classic Humor: Friendly Places lived: EN THE HIGHLANDS OF KOSMOS THROUGH THE DARKNESS OF AMENTHE
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