LA POLITIQUE COLONIALE DE CESAR EN ESPAGNE ENJEUX DES RESSOURCES NATURELLES ET COLONISATION DANS LA GUERRE CIVILE . 49-44 AVANT J.C. ( CHAPITRE ιIc2)


(suite de  5/06/12)

Le Gall considérait que la Lex Mamilia était sans doute l’un des textes auxquels faisait
référence la Lex Genetiuae et qui ont complété la Lex Antonia.
Comme le remarquait, encore récemment, R. Plana-Mallart420, la formulation dans chacun des passages est semblable. Si l’on observe attentivement le texte, on peut  remarquer que le texte fondant Urso semble compléter le texte de la Lex Mamilia en
ajoutant le nom de la colonie dont il est question. Concernant les détails juridiques, les
formules sont remarquablement similaires :

… quaecumque fossae limitales in eo agro  erunt… Il semblerait que la mention coloniae Genetiuae deducti soit apposée à un texte  plus général.

On trouve également dans le premier et dernier chapitre de la Lex Mamilia une évocation  de magistratus iure dicundo. Ces magistrats seraient apparemment désignés par César de  même que les premiers magistrats d’Urso, voire les membres de la commission chargée  de la deductio, si ces deux derniers collèges n’étaient pas les mêmes. Sans doute peut-on
voir là les prémices d’une organisation centralisée autour d’une autorité majeure, César,
dictateur, qui désigne les premiers magistrats et prêtres chargés des rites de fondation et  de « dire le droit », ainsi que les autorités détenant un imperium ou un pouvoir  exceptionnel dans la province421. Cette autorité aurait fait entrer les magistrats et les  colons dans sa clientèle directe, assurant ainsi son influence dans les provinces  accueillant des colonies.
On a connaissance d’une vingtaine de colonies certainement césariennes et d’un nombre  équivalent sans doute planifiées de son vivant mais établies par les triumvirs. On dispose  de plusieurs évocations concernant une refonte des institutions municipales (Table  d’Héraclée) et coloniale. La Lex Mamilia semble être, quant à elle, une loi générale. Les  différentes formulations techniques le montrent comme ce passage du premier chapitre :

Quae Colonia hac lege deducta, quodue municipium fora conciliabulum constitutum  erit.

En outre, on trouve difficilement des éléments qui s’opposerait à l’appartenance de la lex  Mamilia à une loi générale422. Si l’on suppose l’existence d’une loi régissant les  fondations de colonies et des municipes, permettant de réorganiser les provinces en
ménageant à la fois une autonomie judiciaire afin de limiter par exemple le patronage de  la nobilitas romaine dans les municipes et les colonies, et un lien clientélaire direct avec  une seule autorité gouvernante, César, peut-on y voir une perspective du système instauré  quelques décennies plus tard par Auguste ?

On connaît de plus l’existence d’une Lex Antonia de 44 qui était destinée à « mettre en
oeuvre les projets agraires de César ». S’agissait-il d’une seule loi appliquée ?

La  principale source qui nous renseigne à ce sujet sont Les Philippiques de Cicéron423. Cet
extrait de la cinquième Philippique évoque une Lex Iulia qui aurait concerné le  lotissement des vétérans interrompu par les évènements de 44:

De exercitu autem C. Caesaris ita censeo decernendum :

« Senatui placere militibus ueteranis, qui Caesaris, pontificis, pro praetore,
auctoritatem secuti, libertatem populi Romani auctoritatemque huius
ordinis defenderint atque defendant, ipsis liberisque eorum militiae
uacationem esse ; utique C. Pansa, A. Hirtius, consules, alter amboue, si
iis uideretur, cognoscerent qui ager iis coloniis esset, quo milites ueterani
deducti essent, qui contra legem Iuliam possideretur, ut is militibus
ueteranis diuideretur ; de agro Campano separatim cognoscerent
inirentque rationem de commodis militum ueteranorum augendis…424

Il semble fort improbable qu’il s’agisse ici de la Lex Iulia de 59 ; les vétérans de Pompée  n’auraient pas attendu une quinzaine d’année avant d’être lotis. D’autre part, on trouve  d’autres évocations d’une loi agraire césarienne. Il y est fait allusion dans le Digeste :Lex agraria C. Caesar tulit …425. A ce sujet rien n’indique qu’il s’agisse de la législation agraire de César durant son consulat. On trouve également de nombreuses allusions à une  Lex Iulia dans le corpus gromatique. On s’intéressera ici à Hygin l’Arpenteur. Il évoque,concernant des mesures de limites trois lois :

Per hos iter populo sicut per uiam publicam debetur : id enim cautum est  lege Sempronia et Cornelia et Iulia.426

Une référence à une Lex Iulia pourrait se rapporter tant à César qu’à Auguste. Ces lois  font références aux mesures appliquées dans les fondations coloniales des Gracques, de  Sylla et des Iulii. Selon M. Clavel-Lévêque et alii427, ces noms de lois auraient été crées  par « généralisation pour la pratique et l’enseignement des arpenteurs ». Elle ne se  réfèreraient qu’aux colonies fondées par les différents législateurs ; ce qui n’impliquerait  pas la promulgation de lois systématiquement pour établir des normes de mesures428.
Cependant, on sait que les tailles des lots destinés aux colons ne peuvent être établies que  par des lois agraires qui déterminent, comme nous l’avons vu toutes les conditions  d’établissement d’une colonie. On trouve un peu plus loin une référence à la lex  Mamilia :

Linearii limites a quibusdam mensurae tantum disterminandae causa sunt  constituti et si finitimi interueniunt, latitudinem secundum legem  Mamiliam acciunt.429

On peut évidemment objecter que les évocations successives d’une lex Iulia et d’une lex  Mamilia impliquerait que ce soit deux lois distinctes ; cela ne reste évident que si l’on  considère qu’il s’agisse d’une lex Iulia césarienne.

Il semblerait donc de deux normes différentes soient ici évoquées. La Lex Mamilia  régirait aussi bien les municipes que les colonies ; on pourrait toujours la considérer  comme une loi générale permettant aux colons d’adapter le lot qui lui est offert au
moment de la deductio. Si l’on établit un lien entre les démonstrations précédentes et les  éléments distinguant la Lex Mamilia d’une Lex Iulia, on est conduit à supposer que la Lex  Mamilia régit une marge de manoeuvre juridique pour s’adapter plus précisément aux  différents cas locaux.
Il demeure que d’autres éléments nous conduisent à penser à une loi Iulia générale  uniformisant les fondations coloniales. On trouve à plusieurs reprises dans le texte  d’Hygin des références aux Iulienses :

Quod ordini coloniae datum fuerit, adscrimus in forma SILVA ET  PASCVA, ut puta SEMPRONIANA, ITA VT FVERVNT ADSIGNATA  IVLIENSIBVS.430

On trouve une autre évocation à des Iulienses, pour qualifier des colons établis dans des  colonies « juliennes » :

Ita si rei publicae concessa fuerint, in aere SVBSECIVA CONCESSA ut  IVLIENSIBVS inscrebimus.431

M. Clavel-Lévêque et alii432 considère qu’il s’agissait d’un statut commun à des colonies  Iuliae établies selon une norme de lots. On peut supposer, si l’on fait le lien, par exemple,avec la taille « normale » des lots attribués par César de 50 jugères433, que les colonies  fondées disposaient des mêmes règles « agraires ». Les Iulienses seraient cités comme  appartenant à une colonia Iulia. Il pourrait s’agir des individus devant leur statut  juridique à une loi Iulia. On peut se poser dès lors la question de l’existence d’une
réglementation précise, dans le cadre d’une loi coloniale, consignant les données  matérielles de l’arpentage notamment.

On retrouve également dans le texte de la Lex Coloniae Genetiuae cette désignation, au  chapitre 133 :
Qui coloni Genetiui Iulienses hac lege sunt erunt 434
Si l’on admet que ce passage de la Lex Coloniae Genetiuae ait bien été établi à l’époque  césarienne, on peut supposer que ce statut de iulienses est établi à la même époque.
On trouve également des références à une loi agraire proposée par César et approuvée par  le Sénat, avant sa mort ; Cicéron nous renseigne à ce sujet :

Primum duos collegas Antoniorum et Dolabellae, Nuculam et Letonem,
Italiae diuisores lege ea quam senatus per uim latam iudicauit435

Les deux magistrats évoqués faisaient sans doute partie de septemuiri chargés des  assignations en vertu d’une loi agraire. On ignore s’il est fait référence à une loi  césarienne ou antonienne. Il semblerait légitime de penser qu’il s’agisse d’une loi portée
par Antoine. Lorsque Cicéron évoque une loi « portée par la violence » il peut sans doute  penser à une Lex Antonia Agraria qui fut retirée en partie par Vibius Pansa, un des  consuls de 43436. Toutefois il semble avoir confirmé les lois fondant les colonies de
vétérans ainsi que la loi d’Antoine concernant la ratification des derniers actes de César.
La Lex Coloniae Genetiuae en faisait-elle partie puisqu’elle est, en fait, nous l’avons vu,une Lex Antonia et non pas une Lex Iulia?
Si l’on revient à présent au texte même de la Lex Coloniae Genetiuae, un élément  important, insistons sur ce point, permet d’émettre l’hypothèse que cette loi ne serait  qu’un exemplaire local, un modèle appliqué probablement à d’autres colonies. En effet,on trouve au chapitre 79 :

Qui fluui riui fontes lacus aquae stagna paludes sunt in agro,
qui colonis huiusce coloniae diuisus erit, ad eos riuos fontes
lacus aquasque stagna paludes itus actus adquae haustus iis

item esto, qui eum agrum habebunt possidebunt, uti iis fuit,
qui eum agrum habuerunt possederunt. Itemque iis, qui eum
agrum habent possident habebunt possidebunt, itineris
aquarum lex iusque esto.437

Ce chapitre est important : l’énumération des types de ressources en eaux suggère que ce  passage serait issu d’un texte plus général. La morphologie du territoire d’Urso montre  qu’il ne peut y avoir eu ni de lacs ni de marécages, la zone du territoire d’Urso étant  aride438. Les résultats des fouilles archéologiques de R. Corto439 font état de vestiges de  nombreux puits creusés dans la roche. La moyenne de profondeur étant de 60 mètres, ce  dernier considérait que les terres environnantes étaient naturellement peu irriguées440. Ce  point confortait l’opinion d’A. Schulten441, qui déduisait à partir de certaines indications
du Bellum Hispaniense442 que la zone paraissait déjà déboisée. P. Sillières443 considérait  en revanche, d’après ces mêmes indications, que les terres environnantes au-delà des  terres exploitées, soit un rayon de 9km, étaient encore largement boisées. Toujours est-il  que la région immédiate, les zones exploitées ne comprenaient donc, fort probablement,
ni lacs, marais ou bois. Corzo444 avait en outre constaté la présence de couches de sables  qui ne paraissent pas provenir de l’érosion de la roche ni des remparts. L’auteur du  Bellum Hispaniense, qui était sans doute un officier de rang moyen445, fait référence à  l’aridité du sol et au manque d’eau au moment du siège d’Urso :

Hoc accedebat ut aqua praeterquam in ipso oppido unam circumcirca
nusquam reperiretur propius milia passuum VIII. Quae res magno erat
adiumento oppidanis. tum praeterea accedebat ut aggerem …446

Nous disposons donc d’éléments environnementaux qui nous permettent, peut-être,
d’éclairer le chapitre 79 de la Lex Coloniae Genetiuae, laquelle ne serait qu’une version
appliquée à Urso.
On sait que César a élaboré une vaste législation agraire durant son consulat de  59, dont on a des traces sur les contenus. Ne serait-il pas envisageable que César ait  planifié un vaste projet agraire dès 49. Certains éléments dans le contenu de la Lex
Coloniae Genetiuae Iuliae peuvent nous laisser admettre l’hypothèse selon laquelle la  fondation de la colonie aurait pu être planifiée dès 49, lors du premier passage de César  en Espagne.
L’éventualité d’une lex Iulia agraria est amplement discutée. Moatti447 considère que les leges rogatae liées aux assignations n’étaient pas nécessaires dans des situations  d’octroi de pouvoirs exceptionnels, comme pour Sylla, César ou les triumvirs. Le Gall,
Hinrichs et Keppie448 considèrent en revanche l’éventualité d’une loi agraire plus  générale décidée par César.
On ignore, cependant, si le projet fut réellement mis en application. Au-delà des  discussions, on ne peut véritablement se fonder sur la lex Mamilia Roscia ou sur les  références présentes dans les corpus littéraires.

(ETRE CONTINUE)

LAURENT GOHARY

NOTES

420 Plana-Mallart, 1994,p.259-273.
421 Comme on peut le constater dans le chapitre 125 de la Lex Coloniae Genetiuae ; César peut « subroger  son imperium ou sa potestas ».

422 A. Piganiol (« La Table de Bronze de Falerio et la Lex Mamilia Roscia Peducaea Alliena Fabia » C.R.
des Séances de l’Ac. Des Inscr. et Belles Lettres, mars-avril 1939. p. 193-200, cit. Crawford 1996) pensait
même à un lien entre la Lex Mamilia Roscia et la table de Falerio, qui en constituerait la sanctio. Cette
hypothèse ne semble toutefois pas avoir convaincu Le Gall (1946. p. 140).
423 Cicéron, Phil. II, 39,100 et 40,102; V, 4, 10 ; X, 8, 17 ; Appien G.C., 3,57.
424 « Au sujet de l’armée de C. César, voici le décret que je propose : « Le Sénat décide que les soldats
vétérans, qui, après s’être ralliés à l’autorité du pontife et propréteur César, ont défendu et défendent encore
la liberté du peuple romain et l’autorité de notre ordre sénatorial, auront, eux et leurs enfants, l’exemption
du service militaire ; que les consuls C. Pansa et A. Hirtius, un seul ou tous les deux, s’ils le jugent bon,
fassent une enquête sur le territoire destiné aux colonies, où les soldats vétérans auraient dû être installés et
qui serait occupé contrairement à la loi Iulia, et le partagent entre les soldats vétérans ; qu’ils fassent une
enquête particulière au sujet du territoire campanien et prennent des mesures pour augmenter les avantages
des soldats vétérans… » Cic., Phil., V, 53. voir infra à propos de l’ager Campanus,n. 425

425 Dig. XLVII, 21, 3, voir à ce propos, Liber coloniarum, I, p.231L.
426 Hyg. Grom., Constitutio Limitum, 134 (Th) trad. M. Clavel-Lévêque, Besançon, 1995.
427 Hyg. Grom., Constitutio Limitum, [Clavel-Lévêque et alii, 1995] note 16 p. 15.
428 Ce qui rejoint l’idée de Galsterer (1987. p. 181-203) qui était opposé à l’existence d’un statut type mis
en vigueur par César ou Auguste, autant pour les municipes que pour les colonies.
429 134 Th.

430 Hyg. Grom., Const.Lim., 161 Th.
431 Hyg. Grom., Const.Lim., 165 Th.
432 Hyg. Grom., const. Lim., (Clavel-Lévêque, 1995). note 103 p. 127.
433 Cf. Brunt, 1971, p. 101 et suivantes.

434 « Ceux qui seront colons [iulienses] de la colonie Genetiua selon cette loi… ».
435 « D’abord, les deux collègues des Antoines et de Dolabella, Nucula et Lento, ces distributeurs de l’Italie
en vertu d’une loi que le Sénat a jugée portée par la violence… » Cic., Phil., XI, 13.
436 Cic., Phil., XIII, 31.

437 « Concernant toutes les rivières, ruisseaux, fontaines, lacs, sources, étangs, ou marais du territoire divisé
entre les colons de la colonie. Les détenteurs ou possesseurs de telles terres auront les mêmes droit d’accès,
de transport et de puisage de l’eau dans les dits ruisseaux, fontaines, lacs, sources, étangs, et marais qui
reviennent aux anciens détenteurs et possesseurs. Quelle qu’en soit la circonstance, ceux qui occupent ou
possèdent les dites terres auront les mêmes droits d’accès aux dites eaux ».
438 Bosque Maurel, 1991; Didierjean, 1978, p. 5-33. Il semblerait, hormis la vallée du Baetis que les
territoires avoisinant la région des turdetanos aient été peu propices à contenir lacs et marais. Il est
regrettable, toutefois, que l’on ne trouve pas d’étude pédologique approfondie pour l’époque qui nous
intéresse afin d’apprécier l’aridité du territoire d’Urso. La cité se trouvait sur le versant nord est de l’actuel
mont Pajares. Strabon, de plus nous dit ceci : « … (l’Anas) est également dominé par des montagnes livrées
à l’exploitation minière ; celles-ci se prolongent jusqu’au Tage. Par le fait même qu’ils sont métallifères,
les terrains de cette région sont nécessairement pierreux et très pauvres, comme ceux qui avoisinent la
Carpétanie et plus encore le pays des Celtibères. Telle est aussi la Béturie, dont les plaines desséchées se
déroulent le long de l’Anas. » III, 2, 3.
439 Corzo, 1977, p. 10 et suivantes.
440 Corzo, 1977, p. 28.
441 Schulten A., Geografia y Etnografia antiguas en la Peninsula Ibérica, 2, Madrid, 1963. p. 351.
(=Schulten, 1963)
442 Bell.Hisp., 41, 8.
443 Sillières, 1993. p. 203.
444 Corzo, 1977, p. 28.

445 Si l’auteur n’était vraisemblablement guère instruit des intentions stratégiques de César, il semblait au
fait des considérations tactiques. Voir à ce sujet le commentaire de Nicole Diouron dans la traduction :
Pseudo-César, Bellum Hispaniense, Paris, 1999. p. XVII.
446 « De plus, à part une source unique (de l’eau) dans la ville même, on ne pouvait trouver d’eau nulle part
dans les environs à moins de huit milles, ce qui constituait un grand avantage pour les habitants… » (Bell.
Hisp., 41, 4).
447 Moatti 1993. p. 8-10.
448 Keppie (1983. p. 51) se range à l’opinion d’Hinrichs. Il s’appuie essentiellement sur Cic., Phil., V, 53 ;
Suet. Diu. Iul., 81, 2 ; Ap. Guerres Civiles, III, 3. Il considère également une éventualité d’une lex Iulia
agraria plus générale. Les autres arguments qu’il avance sont toutefois jugés « peu crédibles » par Moatti
(1993, note 12, p. 8).

About sooteris kyritsis

Job title: (f)PHELLOW OF SOPHIA Profession: RESEARCHER Company: ANTHROOPISMOS Favorite quote: "ITS TIME FOR KOSMOPOLITANS(=HELLINES) TO FLY IN SPACE." Interested in: Activity Partners, Friends Fashion: Classic Humor: Friendly Places lived: EN THE HIGHLANDS OF KOSMOS THROUGH THE DARKNESS OF AMENTHE
This entry was posted in HISTORIC THEMES and tagged , , , , , , , . Bookmark the permalink.

Leave a Reply

Please log in using one of these methods to post your comment:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out /  Change )

Google photo

You are commenting using your Google account. Log Out /  Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out /  Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out /  Change )

Connecting to %s

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.