DÉMOCRATIE ET LANGUE (KOMMA-TI Cfin)


(EN CONTINUENT D’ 12/09/09)

Les noms de profession sont, en général, masculins à moins que la profession ne soit exercée exclusivement (ou presque) que par des femmes, les langues officielles hésitant à créer de nouveaux termes, bien que les femmes exercent déjà presque toutes les professions et d´une efficacité au moins égale à celle de l´homme. Les langages populaires sont plus audacieux, suivant la langue parlée, tandis les langages officiels suivent les normes de la langue écrite qui, étant normatives, n´encouragent pas les changements. Les féministes essaient de changer des termes comme salesman et chairman avec des termes, comme salesperson et chairperson. Or, la langue suit plutôt les institutions politiques et elle ne peut pas former une idéologie toute seule. Il faut, d´abord, que la société patriarcale donne à la Femme les mêmes droits civiques qu´elle a donnés à l´homme vis-à-vis du pouvoir politique, du pouvoir sacerdotal, de la nomination des enfants. La langue va suivre.

La syntaxe attique pourrait être une relique linguistique gynécocratique.

Nous avons précédemment parlé de la syntaxe égalitaire du grec et du comportement de l´article et des noms de famille du grec moderne. Nous essaierons maintenant une explication de la syntaxe attiquequi n´est pas un phénomène exclusivement grec.

Rappelons ce qu´est la syntaxe attique. Normalement le sujet et le verbe coïncident par rapport au nombre :

Les élèves écrivent.

Cette règle est valable pour le grec ancien aussi, mais il y a une exception ; quand le sujet est un nom neutre (22) au pluriel, le verbe est au singulier :

Τὰ φύλλα πίπτει. Les feuilles tombent.

Littéralement nous devons traduire : Les feuilles tombe. C´est la syntaxe attique.

L´explication qu´on donne à ce phénomène, c´est que le mot φύλλα (=feuilles) était un nom collectif féminin au singulier au début, feuillagepar ex., mais féminin, et, plus tard, quand le neutre a développé sa déclinaison, il est devenu neutre pluriel ; c´est pourquoi le verbe est au singulier (23).

Voyons le phénomène de plus près. La formation des deux genres grammaticaux dans une langue est tout à fait normale. En effet, elle copie sur les deux sexes naturels et, le polythéisme, la personnification et la déification de tout être de l´univers naturel -organique ou non- aidant, tout objet et phénomène, toute idée abstraite, tout nom, doit avoir un genre. “La langue est une forme” a dit Saussure (24). Donc, tout nouveau terme, tout mot nouveau, appartenant à la partie du discours du nom, doit avoir un genre : masculin ou féminin, si la langue qui l´installe dispose de deux genres ; et : masculin, féminin ou neutre, si la langue est munie de trois genres. La sélection du genre est arbitraire, selon le principe bien connu d´Hermogènes-Saussure (25) que le signe linguistique, signifiant aussi le genre, est tout à fait arbitraire. Toute autre théorie semble être inutile.

Chaque genre, en ce qui concerne le grec, forme ses propres désinences ; examinons-les dans l´article ; celui-ci signale les différences des deux genres d´une manière plus nette, tandis que le nom (y compris l´adjectif) peut représenter les mêmes désinences pour les deux genres, vu que les usagers de la langue pouvaient percevoir le genre de tout mot muni de flexion casuelle, grâce au sens qui peut toujours déterminer le genre-sexe ; or, comme il n´a pas de sens, n´étant qu´une partie du discours qui montre le genre, le nombre et le cas, l´article ne peut déterminer ces trois notions que par la différence de désinence (26) :

l´article grec ancien

singulier                                                                                                                           pluriel

masculin neutre féminin                                                          masculin neutre    féminin cas(27)

nom.      τὸ          ἡ                                                                            οἱ        τὰ        α


gén. τοῦ τῆς *τόων>τῶν<*τάων(28)  dat. τῷ τ τοῖς ταῖς   acc. τὸν τὸ τὴν τοὺς τὰ  τὰς

Le genre neutre serait une innovation de la langue plus récente que les deux autres genres et il serait apparu, lorsque la langue grecque a commencé à sentir l´opposition animé-inanimé (29). Nous avons toujours le droit de soupçonner qu´étant inanimé, le neutre ne jouait pas, -tout au moins au début- le  rôle d´une personne (30), le rôle d´un être humain, le rôle du sujet, et il n´a acquis que beaucoup plus tard les cas droits, c´est-à-dire le nominatif et le vocatif qui sont les cas des interlocuteurs. Le premier cas, donc, qu´aurait acquis le neutre, ne serait que l´accusatif, comme le propose aussi Humbert (voir la n. 23). Quelle désinence devrait prendre le nouveau-né ? Le sens inanimé-indéterminé l´aurait poussé vers la désinence -a du féminin, parce que l´époque était encore gynécocratique et que le genre le plus fort était le féminin. Plus tard, quand le neutre a acquis le droit d´être sujet et interlocuteur, c´est-à-dire quand il est entré dans la syntaxe de la langue, il s´est emparé du nominatif et du vocatif sans changer de désinence (31) et restant toujours au singulier (32). C´est pourquoi le verbe qu´il gèrera sera toujours au singulier dans le dialecte attique qui était plus conservateur que les autres. Plus tard, le nouveau genre sera autonome et il acceptera ses propres désinences qui, en tout cas, seront copiées sur le masculin,ce dernier devenu l´unité forte ou non marquée, de même que la société qui est passée de la Gynécocratie au Patriarcat.

C´est pourquoi les désinences du génitif et du datif du neutre et ceux du masculin ont coïncidé, comme nous l’avons vu au tableau ci-dessus. Or, les cas semblables (nom.-acc. pour le pronom-article) ont gardé même au singulier une autonomie, parallèle à celle du pluriel. Plus tard, les cas semblables qui étaient trois, dans le nom-adjectif, ont copié encore une fois sur le masculin ; c´est ainsi que la désinence de l´accusatif singulier empruntée au masculin est devenu la désinence du nominatif et du vocatif singuliers. La désinence du féminin -a(33) est utilisée pour les trois cas semblables du pluriel, le féminin considéré comme exprimant la collectivité, pluriel, par sa nature (34), tandis que le singulier peut être considéré comme une inspiration masculine, mais dans la société gynécocratique, et l´individualisme comme une innovation patriarcale.

3. La ponctuation. Le grec est une langue qui est écrite, depuis trois mille cinq cents ans, le Linéaire B étant la première façon de l´écrire (XVième siècle av. J.-C.). Lorsqu´elle a pris la forme phonétique, l´écriture grecque a commencé à suivre la forme existante de la langue qui n´était pas différente de la langue parlée. L´invention de la dichotomie langue parlée – langue écrite n´est attestée   qu´avec l´Atticisme et la montée du Christianisme au pouvoir (35). Ce long et ancien service de l´écriture auprès de la langue grecque l´a obligée à changer très souvent pour pouvoir lui correspondre. C´est ainsi que l´écriture suit la “liberté” de la langue. L´orthographe n´est pas stable et nous pouvons trouver deux manières d´écrire (et de prononcer) un mot dans la même synchronie du même dialecte, comme, par exemple ἱππῆς // ἱππεῖς ( = cavaliers, chevaliers), θάλασσα // θάλαττα(=mer) (36). La polymorphie est beaucoup plus visible dans le grec moderne.

4. L´usage de l´apostrophe. Nous allons insister un peu sur l´usage de l´apostrophe, vu que plusieurs langues-écritures s´en servent.

En grec moderne, l´usage de l´apostrophe est facultatif :

από τον… // απ’ τον… (du, de l´), το άλλο // τ’ άλλο, (l´autre) σε ουρανό // σ’ ουρανό(dans le ciel).

En français (37) et en italien, l´usage de l´apostrophe est obligatoire. On dira : l´autre et jamais *le autre ou la autre et l´altero ou l´altera et jamais *il altero, *lo altero ou *la altera.

En espagnol, on n´utilise pas l´apostrophe. On dit : la empressa (= l´entreprise). À noter qu´on dit : el agua (=l´eau), en utilisant l´article masculin, pour éviter la cacophonie de *la agua.

Certainement, il semble que l´esprit démocratique a inspiré une libéralité aisément dépistée tant dans la langue grecque que dans son écriture.

5. Les notions : élite-élitisme. Il faut aussi noter que la langue grecque ne dispose pas de mot pour les notions élite-élitisme etc., le terme aristocratiesignifiant, comme en d´autres langues, toute autre chose. En effet, il semble que la démocratie et le tirage au sort ont empêché la création d´un tel terme, vu que la création de la notion était impossible dans un régime et une pensée démocratiques.

LA FIN

par  Alexandre Kontos

NOTES

1. Il y a six facteurs qui participent à la communication réalisée par l´intermédiaire d´une langue naturelle : a) le message, b) l´émetteur, c) le récepteur, d) le con­tact tenté entre l´émetteur et le récepteur, e) le contact communicatif et f) le code lui-même. En relation avec le message, chacun de ces six facteurs fait que la langue puisse avoir une fonction correspondante. C´est ainsi que toute langue naturelle a six fonctions. Ces six fonctions se réfèrent à la relation entre le message et lui-même (a. fonction poétique ou esthétique), à la relation entre le message et l´émetteur (b. fonction émotive), à la relation entre le message et le récepteur (c. fonction cognotive ou injonctive), au contact qu´essaient de produire entre eux par l´intermédiaire du message l´émetteur et le récepteur (d. fonction phatique), à la relation entre divers mots du message et le message lui-même (e. fonction métalinguistique), à la relation entre le message et l´information qu´il réfère (f. fonction référentielle ) ; voir R. Jacobson, Essais de linguistique générale. Éd. de Minuit, Paris 1963 p.p. 214 -220 et P. Guiraud, La Sémiologie. Éd. P.U.F. Collection « Que sais-je ?» n° 1421, p.p. 10-13.

2.Bien que la langue ne puisse être entendue sans avoir un sens et un caractère communicatif, ce n´était pas, paraît-il, assez convaincant. C´est pourquoi il y eut un effort plus ou moins vain finalement qui a voulu désunir la syntaxe du sens et considérer comme proposition grammaticale d´une langue, toute suite de mots pourvu qu´elle suive les structures syntaxiques même vides de sens. C´est ainsi que la suite des mots anglais :

Colorless green ideas sleep furiously.

est considérée par le mathématicien-linguiste Américain Noam Chomsky comme proposition grammaticale anglaise, vu que les mots sont placés selon les structures syntaxiques anglaises qui veulent que l´adjectif soit le premier, que le nom-sujet suive et qu´ensuite le verbe suive, suivi par son adverbe. Or, quoi d´autre que le sens peut caractériser que colorless est un adjectif, que ideas est un nom, que sleep est un verbe etc. ? Chomsky a vite compris son erreur et il l´a corrigée ; voir N. Chomsky, Structures syntaxiques. Traduit de l´américain (éd. 1957) par Michel Braudeau aux éditions du Seuil, Paris 1969, p. 17 et Aspects of the Theory of Syntax. Éd. The M.I.T. Press, p.149.

3. Cette définition du barbarisme est valable pour la langue grecque ; elle est un peu différenciée pour la langue française.

4.Nous nous référons ici surtout aux langues dites Indo-Européennes (I.E.), parce que nos connaissances sur des langues non-I.E. sont trop pauvres pour en parler.

5. Certes, il y a des exceptions à la règle comme, quand le verbe est intransitif :

avant les évocations d´Achille ou de Patrocle, avant le deuil de Priam ou d´Andromaque, viennent le choix de ces personnages et la manière de les caractériser.

dans Jacqueline de Romilly, Pourquoi la Grèce ?Éd. de Fallois. Paris 1992, p. 84. Cf. aussi le phénomène de l´inversion du verbe français.

Sur l´ordre des mots dans le grec ancien, voir aussi Jean Humbert, Syntaxe grecque. Traduit en grec par Georges Kourmoulis, (d´après la 2e édition 1954), Athènes 1957, paragraphes 145-157.

6. I, c´est le nominatif singulier du pronom personnel, première personne, tandis que my, ou mine, est le génitif et meest l´accusatif qui joue souvent même le rôle du datif :

Give me. Give us.

Cf. les français : je, me, moi, nous.

Au pluriel il y a we, our et usréciproquement pour les trois cas. Les autres personnes du pronom forment leurs cas d´une même manière.

Nous pouvons trouver des bribes du système casuel dans toutes les langues I.E.

7. Selon Chomsky et Miller, la capacité de parler est innée chez l´Homme ; par conséquent, l´Homme naît avec des structures grammaticales de fond bien déterminées qui se forment durant la procédure de la maturation. Il est à noter que : « les gens les plus stupides apprennent à parler, mais les singes les plus brillants n´y arrivent pas » ; voir Nicolas Ruwet, Introduction à la Grammaire Générative. Plon, Paris, 1968, p. 367, col. 1.

Or, l´hypothèse des linguistes Américains ne peut pas être valable, si nous pensons qu´il est, certes, certain que les singes ne parleront jamais, mais que, d´une part, il y a des animaux capables d´imiter les voix d´autres animaux ainsi que le parler humain (perroquet, merle et d´autres) et que, d´autre part, les enfants, quand ce sont des loups qui les ont élevés, n´ont jamais pu parler. Une preuve encore contre l´hypothèse chomskienne est le fait que nous pouvons constater facilement que, s´il n´entend pas une langue donnée, durant son âge infantile (au sens propre du mot, c´est-à-dire avant de parler) et en général quand il est tout jeune, tout être humain a des difficultés -quelquefois insurmontables- de distinguer et, raison de plus, de reproduire les phonèmes de ladite langue, à moins qu´il ne s´agisse de phonèmes de sa langue maternelle.

Le parler n´est pas un phénomène biologique pour l´Homme, comme c´est le cas de miauler pour le chat ou d´aboyer pour le chien, mais il s´agit d´un phénomène social ; c´est pourquoi les structures linguistiques ne sont pas innées mais acquises. Même s´il est né parmi les poules, le chat miaulera, il ne chantera pas. Or, l´Homme pourra toujours hurler en cas de   joie ou de douleur, mais, pour parler, il devra se trouver parmi des Hommes ; et il ne parlera que la langue de la société dans laquelle il vit, la langue des gens qui l´élèvent et non pas la langue de ses parents naturels : Le nouveau-né Grec ne parlera pas grec mais français, chinois, swahili, si les gens qui l´élèveront parlent français, chinois, swahili ; aucune structure grammaticale grecque ne se trouve innée dans sa tête. Certes, il y a certains éléments linguistiques communs dans toutes les langues, les universalia ; et nous pouvons trouver des universaliadans les quatre niveaux ou systèmes de toute langue :

le phonologique, le morphologique, le syntaxique, le sémantique. C´est pourquoi nous pouvons trouver les mêmes phonèmes, les mêmes désinences, les mêmes règles syntaxiques, les mêmes sémèmes dans plusieurs langues, même si elles appartiennent à des groupes linguistiques très différents. Dans l´Alphabet Phonétique International (API) sont enrégistrés, à peu près, cent phonèmes parmi lesquels se trouvent les phonèmes de toutes les langues connues, un guide de langues français, Le guide des langues. Éd. BPI-CIREEL (Bibliothèque Publique d´Information Centre Georges Pompidou – Centre d´Information et de Recherche pour l´Enseignement et l´Emploi des Langues, 1983), ayant enregistré 115 langues. Chaque langue utilise 20-40 phonèmes de ces cent. Il est vrai qu´il y a entre 3000 et 5000 langues dans le monde ; or, malgré tout, je crois que le témoignage de 115 d´entre elles est assez convaincant. Donc, nous pouvons conclure que plusieurs langues utilisent les mêmes phonèmes. Est-ce qu´il faut accepter que tout être humain naisse avec une série de phonèmes enregistrés dans son cerveau ? Et lesquels de ces cent ? Et pourquoi ceux-ci et pas ceux-là ? Et si un nouveau-né est déplacé de son pays natal, est-ce qu´il déplace avec lui ses phonèmes natals ? Et qu´est-ce qui va se passer avec les phonèmes de la langue du nouveau pays ? Toutes ces questions peuvent être posées même pour les autres systèmes-niveaux de la langue. Certes, il y a les universalia, mais leur existence est fortuite et l´isomorphismeentre les langues est toujours limité.

Or, l´hypothèse chomskyenne des enregistrement innés réintroduit l´ancien problème philosophique si le savoir est a priori (apriorisme, Platon, idées, Kant, thèse idéaliste) ou si l´Homme naît comme tabula rasa (empirisme, matérialisme, Aristote, thèse matérialiste).

Mais le dilemme : matérialisme ou idéalisme n´est pas la dernière conséquence de l´hypothèse chomskyenne. Pour celui qui se contente des dogmes chrétiens, que l´Homme est créé par Dieu, les enregistrements innés sont quelque chose de probable ; Dieu a dû introduire ces enregistrements au moment de la création de l´être humain, lors du sixième jour de la Création du Monde. Or, pour ceux qui s´attachent à la théorie de Darwin et en général à la Théorie du Développement des Espèces naît, logiquement, la question : Quand les enregistrements furent-ils enregistrés ? À quel stade de son développement ? Lors de l´époque de l´Homme de Neandertal ou lors de l´époque de l´Homo Sapiens? Car les cavités cérébrales montrent que la capacité de parler est un acquis de ce dernier stade de développement. En plus il y a une question encore : comment sont effectués ces enregistrements ? La réponse à toutes ces questions n´est pas une affaire facile.

Décidément, la seule chose que nous puissions penser sur l´Homme et sur son parler c´est qu´il se passe dans le domaine de la capacité de communication ce qui se passe dans le domaine de la capacité de survivre : L´Homme naît sans spécialisation communicative, mais à l´aide de ses lobes cérébraux et dans sa société, en collaboration avec les autres hommes, il a abouti à des résultats incomparables. Quant au domaine de survie, l´Homme naît tout nu, sans outils et armes spéciaux, mais il développe une technologie polyvalente ; quant au domaine de la communication, l´Homme naît sans moyen de communication, mais il développe une manière de communiquer beaucoup plus compliquée et beaucoup plus riche que celle des autres animaux.

8. Selon les conclusions de la Linguistique moderne, si deux unités linguistiques se trouvent en opposition sur l´axe paradigmatique par rapport à une certaine information, l´unité la plus rare contient toujours cette information, tandis qu´au contraire, l´unité la plus fréquente peut ne pas contenir l´information. Exemple : voyons les unités chat-chatte comparées par rapport au sexe ; l´unité chatte comme moins fréquente signifie toujours le féminin de l´animal bien connu ; or, l´unité chat est souvent neutralisée par rapport à l´information sexe ; quand nous disons « Tous les chats du quartier » nous entendons les mâles et les femelles ensembles, mais quand nous disons « Toutes les chattes du quartier » nous n´entendons que les femelles. L´unité à l´information plus complète est dite unité marquée, tandis que l´autre est une unité non marquée. Notons que le même exemple traduit en néo-grec utilise comme unité non marquée le genre féminin. Commentaire : il est facile d´observer que comme unité non marquéele genre masculin est utilisé beaucoup plus souvent, ce qui permet de penser que le Patriarcat a imposé sa présence dans la langue.

Finalement, si plusieurs unités peuvent s´échanger sur l´axe paradigmatique, la plus fréquente est la plus neutralisée. C´est pourquoi une structure syntaxique qui est plus fréquente statistiquement a une intonation moins forte, plus neutralisée et c´est alors que son message ne contient que la fonction référentielle de la langue ; rien d´autre. Cf. John Lyons, Linguistique générale, Introduction à la Linguistique Théorique. Traduction de F. Dubois-Charlier et D. Robinson, Librairie Larousse, Paris 1970, paragraphes 2.3.7., 3.3.10., 7.5.1., 7.5.2., 7.5.6., 7.6.3., 8.1.2., 8.3.5., 9.3.5., 10.2.6., 10. 3. 6.

9.Un syntagme en Linguistique est un ensemble d´unités qui a une certaine autonomie :

un syntagme du niveau phonologique peut être un ensemble de phonèmes qui a une certaine autonomie c´est-à-dire un mot. Le mot « mot » est un syntagme des phonèmes français /m/ et /o/ qui donnent la prononciation /mo/. (Le morphème est un syntagme de phonèmes, mais son autonomie ou plutôt sa distribution est très limitée.) Un syntagme au niveau morphologique est un ensemble de mots qui ont une certaine autonomie : le chien, un verre d´eau. On pourrait dire que la proposition est un syntagme au niveau syntaxique. Or, à proprement parler, on n´utilise le terme syntagmeque pour désigner le syntagme du niveau morphologique.

En grec, nous ne pouvons pas utiliser le terme grec syntagme pour entendre les unités linguistiques, parce que le mot syntagme signifiait déjà la Constitution et le régiment. C´est   pourquoi la Linguistique Moderne grecque préfère les termes ensembles lexiques ou ensembles syntaxiques.

10. Ce n´est pas par hasard que l´École de Prague, appuyée sur la proposition souple des langues slaves qui jouissent d´une flexibilité très complexe, a introduit la théorie de la Perspective de proposition fonctionnelle (Functional Sentence Perspective). Cette théorie signale la permutabilité des termes de la proposition par rapport à l´intonation sentimentale. Au contraire Noam Chomsky et les Américains génétistes, appuyés sur la proposition rigide de la langue anglaise qui est très pauvre en flexion, ont abouti à la théorie que toutes les propositions, les structures syntaxiques, sont des transformations d´une seule proposition-modèle initiale, de la proposition de structure de fond (deep structure) qui est en anglais la forme la plus utilisée, sinon unique et qui a le schéma S+V+O. Cf. l´article cité de Philippaki.

11. Voir plus haut le Prologuep. 14 et après.

12. Et pourtant, quand nous lisons les textes du Moyen Âge, nous pouvons nous apercevoir que l´ordre des mots est plus libre : « Quant ot li pedre la clamour de son fil… » (Quand le père entend [eut, littéralement] la plainte de son fils). Vers du poète Thibaut de Vernon dans Mary, Anthol. M.Â. I (1967) p.p. 18, 19 ; dans ce vers nous avons la forme 3. Encore un exemple avec une permutation plus compliquée : « Ce nos ont nostre livre apris,| Que Grece ot de chevalerie |Le premier los et de clergie, » (Nos livres nous ont appris que la Grèce eut, la première, des lois [Mary traduit « renom »] de chevalerie et de clergie). Vers du poète Chrétien de Troyes, p.p. 102, 103.

Nous voyons que, comme la flexibililité est encore assez riche, la permutabilité est toujours encouragée.

Cependant, dans la langue parlée la structure S+V+O n´est pas toujours suivie : « Celles de maçon vous les avez vues arrivé à 40 ans les mains de maçon vous les avez pas vues moi j´ai vu les mains de ma mère… » Boutet (1980/83/94).


13. Le symbolisme 1!, 2!, 3!, 4!, 5! …n! s´appelle la factorielle de 1, la factorielle de 2, la factorielle de 3, la factorielle de 4, la factorielle de n et il signifie les produits 1, 2×1=2, 3×2×1=6, 4×3×2×1=24, n(n-1)(n-2)…5×4×3×2×1 réciproquement.

14. Cf. A. Kontos, La permutabilité des syntagmes dans la proposition grecque moderne. GLOSSA, revue de problèmes linguistiques, année 19ème. Hiver 1989. Solonos 77, Athènes 10679.

15. C´est le message qui ne change pas ; or, nous ne pouvons pas dire la même chose en ce qui concerne le style.

16.Thuc. II, 37. Dans ce passage, Thucydide-Périclès est fier du régime de sa cité natale qui enseignait aux citoyens, hormis l´égalité d´accès au pouvoir, d´être tolérants vis-à-vis de leurs concitoyens mais non pas indifférents si le tort avait été fait à quelqu´un.

17. En anglais, le vouvoiement a tellement dominé la langue que le tutoiement a disparu et considéré maintenant comme archaïsme : les formes du pronom personnel en deuxième personne au singulier, thou, thy, thine, thee qui exprimaient le tutoiement ne se retrouvent que dans de vieux textes, comme ceux de William Shakespeare. Dans la Tempête, par exemple, le marin préfère tutoyer le vent ou ses collègues :

« Boatswain …Blow till thou burst thy wind, if room enough.(Le Maître d´équipage [Il s´adresse à la tempête]. Tu peux souffler jusqu´à extinction de ton vent, tempête, pourvu que nous ayons assez de champ.) »

Au contraire, il vouvoie les nobles :

« Boatswain. Do you not hear him? (Le Maître d´équipage [parle à Antonio]. Ne l´entendez-vous pas ?…) »

Et le noble le tutoie :

« Gonzalo. Good, yet remember whom thou hast aboard. (Gonzalo [parle au Maître d´équipage]. Sans doute ; cependant rappelle-toi qui tu as à bord.) (acte I, scène I) ».

Naturellement les nobles s´entre-vouvoient (acte II, scène I), ou ils s´entre-tutoient, selon le cas (acte V, scène I).

La traduction des vers de Shakespeare est faite par Émile Montégut, dans William Shakespeare, Théâtre Complet, traduit par Émile Montégut. Éd. RVG, Genève 1986.

Je crois que parmi les derniers vers avec tutoiement en anglais est le vers suivant du poète Anglais Francis Thompson (1859-1907) qui est un poète plutôt religieux. La poésie s´appelle The Hound of Heaven(Le Lévrier du Ciel) :

« Thou dravest love from thee, who dravest Me.(C´est l´amour que tu repoussais, toi, qui Me repoussais.) »

La traduction est d´Auguste Morel, dans Georges-Albert Astre, La poésie anglaise. Édition bilingue. Éd. Seghers, Paris 1964, p. 311.

Dans les prières, on utilise, en général, le tutoiement, le dieu étant le seul personnage que tutoient les anglophones, de nos jours. Ce n´est pas par hasard, d´ailleurs, que la poésie ci-dessus est religieuse.

18. « Bel sire reis, jo vos ai servi tant…; ja n´avrez mais guere en vostre vivant… (Beau sire roi, je vous ai bien servi…; et vous aurez plus de guerre en votrevie…) »

Mary, Anthol. etc. p.p. 26, 27.

19. Finalement, nous aboutissons à l´absurdité de tutoyer régulièrement Dieu qui est, quand même, considéré comme l´être suprême, parce que nos prières copient les prières grecques anciennes (cf. la n. 17). Certes, le vouvoiement n´est pas ignoré, dans les prières déjà médiévales. Je cite deux extraits de prière de deux poètes médiévaux Français dont l´un vouvoie et l´autre tutoie la Vierge :

« Per Deu kar m´oez et si ne seiez| Vers mei si amere|(Pour la grâce de Dieu entendez-moi et [si] ne soyez pas si amer vers moi). »

Vers de Thibaut d´Amiens, Mary, Anthol. etc. p.369.

Et :« O fontaine clere et lavans,| Leve nos cuers et refai blans » (ô fontaine claire qui lave, | élève et reblanchis nos cœurs,|).

Vers de Le Renclus de Molliens, Anthol. etc. p.p. 376, 377.

20. Voilà comment les milieux populaires tutoient tout le monde et ils s´entretutoient dans Les mains salesde Sartre. Slick et Georges sont deux types populaires, gardes du corps du Secrétaire Général du Parti Communiste Illyrien Hoederer :

« Slick. Te fatigue pas, petite tête,…Georges. Voyons, mon petit pote, fais pas l´idiot….Georges. Tu n´es pas du Parti ?…Georges. Alors qu´est-ce qu´on t´a appris là-bas ? Tu ne sais pas ce que c´est qu´une consigne ?… Slick. Tu l´entends. Dis, Georges, est-ce tu te respectes ? Georges. Je crois pas. Ça se saurait. Et toi, Slick ? Slick. T´es pas fou ? T´as pas le droit de te respecter, si t´es pas au moins secrétaire…Georges. Fais-le taire, Slick, ou je vais pleurer… »

J. P. Sartre, Les mains sales Éd. Gallimard, Paris 1948, p.p. 86-89.

21. Hdt. I, 173.

22. Le grec (ancien ou moderne) a trois genres (masculin, féminin, neutre [=ni l´un ni l´autre]), comme plusieurs langues, le latin, l´allemand, l´anglais, le russe.

23. Αχιλλέα Τζάρτζανου, Συντακτικόν της αρχαίας ελληνικής γλώσσης. (Achille Tzartzanos, La syntaxe du grec ancien). Éd. Organisation d´Édition de Livres Scolaires, Athènes 1947, p. 12 et Humbert (1954 /57), pargr. 23.

24. Saussure (1971), p.p. 157 et 169. Le fait que la langue est une forme se pose de façon caractéristique dans le problème du sexe du dieu. Un dieu doit avoir un sexe-genre, femelle ou mâle, dans toute langue. Si le dieu est unique ou s´il y a un chef des dieux, dans un régime politique gynécocratique, ce dieu unique ou ce chef des dieux sera de sexe-genre féminin ; dans un régime politique patriarcal, cette déité sera mâle.

25. Nous avons déjà noté que le Sophiste Hermogènes disait dans le Cratyle de Platon que le signe est arbitraire-conventionnel.

26. Déterminant ces trois catégories grammaticales secondaires, l´article du grec moderne a contribué à la simplification des désinences du nom (et de l´adjectif). C´est ainsi que le nom grec moderne n´a que deux formes, d´habitude, pour exprimer tous les cas dont le sens est préservé, malgré l´appauvrissement des désinences.

27. Les cas sont cinq : nominatif, génitif, datif, accusatif et vocatif ; pour ce dernier il n´y a pas d´article. Le néo-grec a maintenu le système casuel dans l´article, exprimant le datif à l´aide de la préposition εις (ou σε, à fr., a ital., toangl.) +acc., comme plusieurs langues européennes.

28.L´article du génitif pluriel est le même pour les deux genres mais d´origine différente.

29. Plusieurs langues font la distinction animé-inanimé au lieu ou à côté de la distinction masculin-féminin-neutre. Pour l´anglais, l´inanimé coïncide avec le neutre (hormis les grands bateaux qui sont féminins).

Dans le grec ancien la phrase :

Πλίνθοι (fém.), λίθοι (fém.), κέραμοι (masc.) ἀτάκτως ἐῤῥιμμένα (neutre). [Des briques, des pierres, des tuiles jetées en désordre.]

démontre la parenté entre inanimé et neutre : comme le sujet [πλίνθοι (fém.), λίθοι (fém.), κέραμοι (masc.)] est composé d´inanimés, le participe [ἐῤῥιμμένα (neutre)], qui devait être au masculin à cause de κέραμοι(masc.), renonce à la règle et il est écrit à la forme neutre.

Le danois est muni aussi de l´opposition animé-inanimé.

Sur l´opposition animé-inanimé, voir Humbert (1954 / 57), pargrs 3-9 et Lyons (1968 / 70), 4. 3. 3., 7. 4. 3., 7. 4. 5., 8. 1. 5., 8. 2. 4., 8. 2. 5., 8. 2. 6.

30.Il faut se rappeler que les verbes qui n´ont pas comme sujet une personne s´appellent verbes impersonnels. Le sujet formel de ces verbes, c´est le pronom personnel de la troisième personne en neutre. Voyons-le dans une langue qui possède le genre neutre :

It rains = il pleut.

Même en français le « il » de il pleut, il fautn´est pas senti comme masculin mais comme neutre.

Nous retrouvons la forme masculine du pronom personnel il sous sens neutre et   diminutif même ailleurs. Rappelons-nous, les plus vieux parmi nous, le sketch « Le télégramme » qu´ont enregistré Yves Montant et Simone Signoret. Dans le rôle de l´amant Yves Montant dit : « Mon chéri.. ». « Mon chéri ou ma chérie ? » demande Simone Signoret, dans le rôle de la téléphoniste. L´adjectif possessif « mon » dans « Mon chéri… » n´est pas masculin mais neutre qui veut cajoler la destinataire bien aimée de l´expéditeur du télégramme.

31. C´est ainsi, paraît-il, qu´est née la règle grammaticale : le neutre a trois cas semblables le nominatif, l´accusatif et le vocatif.

32. Je crois que nous avons le droit de supposer qu´au début, c´était construit un accusatif de genre neutre qui n´indiquait pas de nombre, comme le propose Humbert, déjà cité. Ensuite est née l´opposition singulier-pluriel, dans le pronom et l´article, le pluriel ayant la désinence féminine -a et le singulier la désinence particulière -οδ (grec) / -ud (lat.). Les cas semblables seront le troisième stade, dans le développement du neutre, et l´assimilation entre le neutre et le masculin le quatrième stade.

33. C´est ainsi que les adjectifs, les pronoms et les participes du grec et du latin ont régulièrement le même signifiant, la même désinence, pour signifier le féminin au nominatif singulier et les trois cas semblants du neutre au pluriel, les pronoms démonstratif et relatif latins illustrant le mieux cette théorie : hic (m.), haec (f.), hoc (n.), et qui (m.), quae (f.), quod (n.), dont les nominatifs-accusatifs pluriels sont réciproquement, haec et quae. L´indéfini aliquis (forme adjectivale aliqui) (m.), aliqua (f.), aliquid (forme adjectivale aliquod) (n.), [composé du préfixe ali- + le relatif] retourne à la désinence -aqu´il utilise, naturellement pour les nominatif-accusatif pluriels du neutre ; cf. Gaston Cayrou, André Prévot, Me A. Prévot,

Grammaire latine, Librairie Armand Colin, Paris 1962, 23ème éd. p.p. 29, 37, 40.

34.La femme et la terre, les femelles par excellence, étaient considérées comme exprimant le pluriel par leur nature, l´une ayant en elle les enfants et l´autre contenant toutes les plantes.

35.L´Atticisme fut un mouvement élitiste-socio-linguistique qui date depuis les derniers siècles avant notre ère, dans l´espace grec et surtout en Alexandrie, mais qui a été majeur au IIe siècle après J.-C. Ce mouvement voulait restaurer la langue grecque à sa forme attique. Les Pères de l´Église Chrétienne Basile le Grand, Grégoire de Naziance, Grégoire de Nyssa, Origène, Tertulien, Irénée de Lyon, Ignace d´Antiochie et d´autres furent de gens érudits, de grands hellénistes et connaisseurs de la langue latine, tout au moins ceux qui habitaient dans la partie occidentale de l´Empire Romain, et, lorsqu´ils se sont emparés du pouvoir étatique, grâce au grand nombre de chrétiens et le compromis avec l´empereur Constantin, l´origine populaire du Christianisme est mise de côté, la langue en subissant, la première, les conséquences. La dichotomie, donc, entre la langue parlée et la langue écrite est inaugurée par une élite archaïsante et soutenue ainsi que propagée par le Christianisme et par la Monarchie, qui marchaient, depuis le IVème siècle, la main dans la main. En Orient, la langue officielle de l´Église fut le grec atticisant, tandis qu´en Occident la langue officielle tant de l´État que de l´Église fut le latin. En Orient, l´État proto-byzantin latinisant et l´Église, atticisant toujours, n´ont pas encouragé une littérature en langue contemporaine. Or, malgré tout, la population hellénisée a obligé l´État à abandonner la langue latine et elle a pu ériger une littérature populaire-démotique, comme suite naturelle de la grande littérature antique, tandis que les érudits Byzantins se sont contentés d´une littérature scolastique de valeur poétique – esthétique douteuse.

En Occident, en essayant de garder les populations dans un obscurantisme unifiant, les divers États néo-monarchiques européens et l´Église ont patronné la langue latine et découragé -si non empêché- le développement des nouvelles langues européennes. Cependant une littérature populaire européenne crée les Chansons de geste et de pèlerinage ainsi que les Carmina burana, tandis que la littérature personnelle nous a laissé des œuvres assez nombreuses. Petrarque et Dante ont écrit en italien contemporain plutôt par ignorance du latin que par admiration de leur langue maternelle.

À proprement parler, la première officielle utilisation des langues européennes fut la traduction en allemand de la Sainte Écriture par Luther. Ce fut la grande contribution à la Renaissance et à la Civilisation de la part du grand réformateur. Nous pouvons dire que, grâce à l´audace de Luther la langue allemande d´abord et ensuite toutes les autres langues européennes commencent à apparaître dans la littérature et les sciences. Le français a commencé à entrer timidement dans l´usage officieux et beaucoup plus tard officiel en Europe : Après le Champfleury de Geoffroy Tory et après une dizaine d´efforts, pendant lesquels le français a conquis successivement les mathématiques, l´histoire, l´érudition (Henri Estienne), la médecine (Ambroise Paré), le roi lui-même, François Ier, s´en est mêlé et par l´ordonnance de Villers-Cotterets (1539) a décrété que les actes de justice seraient désormais rédigés en français. Or, le latin et l´influence de l´Église étaient encore trop forts pour accorder une présence si claire à la  langue française, dans la vie politique du pays. Il a fallu passer plus de cent ans, pour que Richelieu décide que les leçons se feraient en français au collège royal (voir Histoire illustrée de la Littérature Françaisepar Émile Abry, Charles Audic et Paul Crouzet. Éd. Henri Didier, Paris 1946, p.p. X-XI).

L´historien marxiste anglais Eric Hobsbaum ne croit pas que la langue peut caractériser une nation. Or, l´Histoire semble avoir un point de vue autre que le sien : le nationalisme commence à naître pendant la Renaissance, tout au moins en Europe, justement parce que la typographie a favorisé le développement des langues dites nationales contre le latin.

36. L´écriture différente de dialecte à dialecte, due à la forme et à la prononciation différentes du même mot, était normale : σιός (dor.) // θεός(autres dialectes) (=dieu).

37.Dans le français parlé, l´usage de l´apostrophe est beaucoup plus libéral. Voici un exemple pris chez J. Boutet, pris par elle chez Boas :

« Des fois, la guerre, y a du bon : au lieu qu´c´est nos hommes qui boit, c´est nous qui s´soûle, à ct´heure ! ».

Voir Boutet, (1980/83/94) p. 41. Cf. aussi note 20 ci-dessus.

 

SOURCE DOCTORAT GENIAL DE A.KONTOS

LA DÉMOCRATIE,un régime politique inconnu “

l´Université Paris VIII

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