(EN CONTINUENT D’ 15/06/11)
Il faut également attirer l’attention, dans la réécriture de Boèce, sur la proximité du tragique et du lyrique, à la fois au sens antique et au sens moderne. Boèce écrit en effet en un mètre lyrique et en un style hymnique des sentiments personnels, d’une manière propre à communiquer au récepteur l’émotion qui l’étreint. Lyrique antique et lyrisme moderne se
rejoignent ainsi, comme ils se rejoignaient déjà chez Sénèque. Cette fusion du lyrique et du lyrisme est davantage sensible dans la seconde partie du poème de la Consolation. Là où la première partie se caractérise par un style hymnique prononcé, associé à une concordance des unités métriques et des unités syntaxiques, la seconde partie, qui s’éloigne du style
hymnique, si l’on excepte la prière finale, est marquée par des enjambements, des disjonctions et un rythme qui traduisent davantage le doute. Cela est en accord avec le changement thématique, mais il est intéressant de constater que chez Sénèque,
enjambements et larges disjonctions sont présents dans tout le chœur. Ils sont même plus présents dans la première partie du chœur que dans la seconde : Boèce inverse le mouvement du texte source, nous y reviendrons. Parallèlement, chez l’auteur tardif,
caractère personnel et caractère universel de l’émotion se rejoignent aussi, dans un poème où la voix poétique de Boèce est multipliée par toutes les voix du chœur sénéquien.
G. Steiner dit des poètes tragiques grecs qu’ils « affirment que les forces qui édifient ou détruisent notre vie se trouvent en dehors du domaine de la raison ou de la justice 18 », et que le tragique naît de l’incompréhension de l’homme broyé par des puissances qui ne sont ni justes ni rationnelles. Cette définition, si elle ne peut qualifier le tragique de Phèdre, semble convenir au tragique de la Consolation. Dans les tragédies sénéquiennes, la catastrophe n’advient pas à cause de « forces qu’on ne peut ni comprendre complètement ni vaincre par la sagesse rationnelle19 », mais avant tout à cause des personnages eux‐mêmes, qui cèdent à
leurs passions. Il est à cet égard significatif d’opposer les questions de la nourrice, v. 209–214,aux questions du chœur, v. 964–965 et 971–976 bis :
Cur sancta paruis habitat in tectis Venus
mediumque sanos uulgus affectus tenet
et se coercent modica ? Contra diuites
regnoque fulti plura quam fas est petunt20?
Cet éloge de la voie moyenne, une constante dans les tragédies sénéquiennes, renvoie par sa forme interrogative au vain questionnement du chœur, qui s’adresse à des dieux qu’il n’atteindra pas :
Cur tanta tibi cura perennes
agitare uias aetheris alti […]
Sed cur idem, qui tanta regis […]
hominum nimium securus abes,
non sollicitus prodesse bonis,
nocuisse malis21?
Dans l’œuvre de Boèce au contraire, le tragique naît de la confrontation avec l’injustice irrationnelle, et renvoie à la définition que donne G. Steiner du tragique grec.
Boèce cite Euripide dans la Consolation22 , et il connaissait les tragiques grecs. Pourtant, c’est
Sénèque qu’il choisit de réécrire. On peut y trouver une raison dans la proximité des interrogations du prisonnier avec celles du chœur de Phèdre, qui, hors contexte (et uniquement hors contexte), témoignent d’un sens du tragique plutôt grec. Mais la réécriture de Boèce est peut‐être également motivée par l’intensité émotionnelle que celui‐ci perçoit dans le texte source, et place à l’arrière‐plan de son propre poème.
Pour mieux comprendre le sens du recours à la généricité tragique, il faut toutefois avant tout revenir au contexte, et en particulier à l’acte fondateur de Philosophie, dont l’épiphanie dans la cellule du prisonnier, au début de l’œuvre, s’accompagne d’un
bannissement des Muses poétiques, dans la tradition platonicienne.
Le passage est souvent cité :
Quae ubi poeticas Musas uidit nostro adsistentes toro fletibusque meis uerba dictantes […] :
« Quis, » inquit, « has scenicas meretriculas ad hunc aegrum permisit accedere […] ? Hae sunt enim
quae infructuosis affectuum spinis uberum fructibus rationis segetem necant hominumque mentes
assuefaciunt morbo, non liberant. […] Sed abite potiu, Sirenes usque in exitium dulces meisque eum
Musis curandum sanandumque relinquite 23» (I, I, 26–41).
À l’orée de l’œuvre, la poésie est condamnée, du moins si elle enferme l’homme dans des passions délétères. Car toute poésie
n’est pas à bannir, pas davantage que toute forme de drame : on souligne souvent le caractère dramatique de la Consolation ; par ailleurs, Philosophie dispose de ses propres Muses, et emploie tout au long de l’œuvre les deux modes d’expression, prose et poésie.
Mais la réécriture sénéquienne est de celles qui, exprimant et créant l’émotion tragique, n’est pas propre à libérer le prisonnier : elle participe du type de poésie que Philosophie rejette, et nous avons indiqué que cette dernière, qui incarne la raison, n’est en rien émue, nihil mota,par le poème du prisonnier (I, V, 2). C’est que le chœur sénéquien n’est repris dans sa
généricité lyrique tragique que pour être mis à distance par Philosophie : la prose qui suit immédiatement le cinquième poème du premier livre canalise le tragique qui vient de s’y exprimer. L’émotion tragique relève de la pathologie, et il faut soigner le prisonnier :
lenioribus paulisper utemur24(I, V, 41). Ainsi peut‐on émettre l’hypothèse que le tragique
s’inscrit dans la Consolation comme une donnée douloureuse et une étape qu’il est à la fois
possible et nécessaire de dépasser, dans un parcours de conversion à la philosophie. De manière générale, tout le propos de la Consolation est de démontrer que l’injustice que Boèce déplore n’en est pas réellement une : comme l’écrit M. Fumaroli, « ces apparents désordres et injustices sont les paradoxes sémantiques résultant sur la terre de l’entrelacement de l’ordre
voulu par Dieu et de la liberté humaine […]. Le bien sur la terre est récompensé par cela seul
qu’il est du bien, […] le mal est châtié par cela seul qu’il est du mal25. »
Boèce finira par quitter le « point de vue borné qui, n’embrassant que le théâtre terrestre, n’y aperçoit que
l’empire de la Fortune, dont le flux et le reflux pathétiques, absurdes, font écran à la Justice
éternelle qui ordonne l’univers entier26. »
Dans le cinquième poème du premier livre de la Consolation, Boèce en est encore au stade de l’apparence et de l’illusion. L’illusion caractérise en propre le théâtre et la généricité tragique, d’où l’emploi de celle‐ci, mais le mouvement de
l’œuvre de Boèce est exactement l’inverse de celui de Phèdre, et l’inverse de celui d’une tragédie. Car là où le chœur de Phèdre prend place dans la partie finale de la tragédie, le poème de Boèce qui le réécrit est destiné à être dépassé. Il faut le lire en regard du sixième poème du quatrième livre, qui, également écrit en anapestes, lui fait exactement pendant :
l’harmonie du monde naturel y devient le gage de l’action d’un conditor dont la justice s’étend à tous les domaines (IVmVI, v. 34–37).
Sedet interea conditor altus
Rerumque regens flectit habenas
Rex et dominus fons et origo
Lex et sapiens arbiter aequi27…
Notre poème s’inscrit donc dans le cadre d’une utilisation complexe de la généricité tragique, qui prend place au sein d’une réflexion sur l’illusion et la vérité, et doit être interprété par rapport aux positions et aux pratiques platoniciennes relatives à l’art
dramatique, comme l’a bien montré M. Korenjak28.
Enfin, il est à souligner que le poème de Boèce contient les indices de son propre dépassement. Car Boèce réécrit Sénèque, et s’appuie sur la généricité du texte source, mais il fait aussi subir à ce dernier des changements, qui, quoiqu’assez discrets, sont significatifs.
Nous avons déjà évoqué la reprise, dans la première partie du poème, de la tournure consécutive sénéquienne en ut, lors de l’évocation des cycles naturels, cycles célestes et cycles saisonniers. Cette tournure consécutive est à associer aux lois de causalité qui régissent le monde naturel, chez Sénèque comme chez Boèce. Cependant, là où le chœur sénéquien tend
à mettre en valeur une causalité physique secondaire – l’alternance des saisons résulte des mouvements célestes – Boèce en revient toujours au premier moteur : c’est Dieu, quel qu’il soit, qui préside au mouvement des astres, et c’est encore de lui que dépend l’alternance des saisons. Dans le chœur sénéquien polythéiste, les dieux sont aussi cause première, mais leur
pouvoir semble effacé, et presque même remis en question, dans un doute général. Le mode interrogatif en effet apparaît dès le sixième vers, et inclut les cycles naturels : cur tanta tibi cura perennes / agitare uias aetheris alti […] ? Cette interrogative est à mettre en relation avec l’interrogation suivante : Sed cur i dem, qui tanta regis, […] non sollicitus prodesse bonis, nocuisse
malis29?
La seconde interrogation semble avoir impliqué la première, dans un doute qui s’étend et contamine tout, et qui fait de la première partie du chœur sénéquien, des vers 959 à 976 bis, une immense interrogation. Inversement, chez Boèce, l’interrogation est
circonscrite au domaine humain, apparaît tardivement, et ne porte que sur deux vers (v. 28‐29) : Nam cur tantas lubrica uersat / Fortuna uices30?
En outre, comme nous l’avons déjà indiqué, le rythme de la première partie du chœur sénéquien traduit le questionnement des
choreutes, là où l’harmonie du poème de Boèce est bien en accord avec l’harmonie de la nature qu’il décrit. Par contre, lorsqu’il s’agit de dire le désordre du monde des hommes, la concordance entre le vers et les unités syntaxiques chez Sénèque s’accroît, comme si seul ce désordre pouvait faire l’objet d’une affirmation certaine et assurée, plus assurée en tous cas
que les affirmations relatives aux pouvoirs des divinités. Il est permis d’interpréter cette réécriture comme le signe de la réussite de la conversion de Boèce : au cœur de la révolte suscitée par le malheur immérité qui l’accable, Boèce ne doute pas que l’univers est assujetti à la raison divine, et c’est sur cette certitude que Philosophie affirme qu’elle prendra appui pour le guérir (I, VII). Au plus profond du doute subsiste un ferment d’espoir, et cet espoir suscite une prière, absente du chœur de Phèdre. Chez Sénèque, le chœur se clôt sur une exclamation désabusée : […] o uane pudor / falsumque decus !, « o vaine moralité, et gloire
mensongère ! » (v. 987–988). Boèce, face au sentiment du tragique qui l’étreint, face à
l’injustice, face à l’incompréhensible, se tourne, lui, vers la divinité (v. 42–48) :
O iam miseras respice terras
Quisquis rerum foedera nectis.
Operis tanti pars non uilis
homines quatimur fortunae salo.
Rapido, rector comprime fluctus
Et quo caelum regis immensum
Firma stabiles foedere terras31.
Contrairement à ce qui se produit chez Sénèque, le sentiment tragique conduit ainsi chez Boèce à une élévation vers la transcendance, dans notre poème comme dans l’ensemble de la Consolation.
Somme toute, la réécriture de Boèce est assez fidèle, et cela est suffisamment rare,
parmi les réécritures tardo‐antiques dont Sénèque a fait l’objet, pour être souligné. Ainsi l’auteur tardif réécrit‐il le chœur sénéquien dans sa généricité lyrique tragique, sensible à l’intensité émotionnelle dont il est porteur. Cette intensité émotionnelle est un élément important dans les approches tardo‐antiques de la tragédie. Sans doute, surtout si l’on admet
que les tragédies de Sénèque ont été représentées, le poème de Boèce n’atteint‐il pas à l’intensité à la fois lyrique et tragique du chœur sénéquien, d’autant que le doute qu’il manifeste est moins radical que celui qu’exprime le texte source. Mais le tragique chez Boèce a la force d’un point d’appui : destiné à être dépassé, son expression est néanmoins nécessaire. Il est un premier pas vers la prière : l’hymne de Boèce n’a ainsi pas le même sens que l’hymne de Sénèque, qui se révèle vain, dans un univers tragique que les dieux ont déserté. Pourtant, chez les deux auteurs, le tragique pourra être à l’origine d’une catharsis.
Là où elle naît chez Sénèque du spectacle tragique, elle est inscrite chez Boèce dans l’œuvre même, qui est l’itinéraire une conversion philosophique. Par conséquent, chez l’auteur tardif,le tragique témoigne moins d’une innovation générique que d’une expérience de vie 32.
Bibliographie
Éditions utilisées
CHAUMARTIN 2002 : F.‐R. CHAUMARTIN, Sénèque. Tragédies, Paris, 2002 [1eéd. 1996], CUF.
FUMAROLI, LAZAM 1989 : Consolation de la Philosophie, traduction de C. LAZAM et préface de
M. FUMAROLI, Paris, 1989.
STEWART, RAND, TESTER 1973 : H. F. STEWART, E. K. RAND, S. J. TESTER, Boethius. Tractates, The
consolation of Philosophy, Cambridge, 1973, Loeb classical library.
Références bibliographiques
CRABBE 1981 : A. M. CRABBE, « Literary design in the De consolatione philosophiae », in
M. T. GIBSON (éd.), Boethius, his life, thought, and influence, Oxford, 1981, p. 237–274.
DANGEL 2001 : J. DANGEL, « Sénèque, poeta fabricator : lyrique chorale et évidence tragique »,
in J. DANGEL (éd.), Le poète architecte, Arts métriques et Art poétique latins, Paris, 2001, p. 187– 292.
GRUBER 1978 : J. GRUBER, Kommentar zu Boethius De consolatione philosophiae, Berlin, 1978 [réédition élargie Berlin, 2006].
KORENJAK 2001 : M. KORENJAK, « Die beste Tragödie ? Die Consolatio Philosophiae des Boethius und das dramatische Verständnis des platonischen Dialogs », Poetica, 33, 2001,p. 23–55.
LERER 1985 : S. LERER, Boethius and dialogue, Princeton, 1985.
NORDEN 1913 : E. NORDEN, Agnostos theos, Untersuchungen zur Formengeschichte religiöser
Rede, Berlin, 1913 [traduction italienne avec élargissements par C. TOMMASI MORESCHINI,Brescia, 2002]
SCHAEFFER 1986 : J.‐M. SCHAEFFER, « Du texte au genre », in G. GENETTE, T. TODOROV (éd.),Théorie des genres, Paris, 1986, p. 179–205.
SCHMIDT 1978 : P. L. SCHMIDT, « Rezeption und Überlieferung der Tragödien Senecas bis zum Ausgang des Mittelalters », in E. LEFEVRE (éd.), Der Einfluβ Seneca sauf das europaische Drama, Darmstadt, 1978, p. 12–73.
STEINER 1993 : G. STEINER, La mort de la tragédie, traduit par R. CELLI, Paris, 1993.
(FIN)
Joëlle WASIOLK
Notice biographique
Joëlle Wasiolka est agrégée de lettres classiques et doctorante à l’université Paris IV‐Sorbonne.
Elle prépare une thèse sur l’héritage littéraire des tragédies de Sénèque dans la latinité tardive, dans
laquelle elle accorde une place de choix aux problématiques liées au genre. Elle a organisé dans ce
cadre un colloque pluridisciplinaire de jeunes chercheurs : Genres en mouvements (actes parus en 2009, Paris).
Textes étudiés
Sénèque, Phèdre, v. 959–988 (CHAUMARTIN 2002)
O magna parens, Natura, deum tuque igniferi rector Olympi, 960
qui sparsa cito sidera mundo cursusque uagos rapis astrorum
celerique polos cardine uersas, cur tanta tibi cura perennes
agitare uias aetheris alti, 965
ut nunc canae frigora brumae nudent siluas, nunc arbustis
redeant umbrae, nunc aestiui colla Leonis 968 bis
Cererem magno feruore coquant uiresque suas temperet annus ? 970
Sed cur idem, qui tanta regis,sub quo uasti pondera mundi
librata suos ducunt orbes,hominum nimium securus abes, 975
non sollicitus prodesse bonis, nocuisse malis ? 976 bis
Res humanas ordine nullo Fortuna regit sparsitque manu
munera caeca, peiora fouens :
uincit sanctos dira libido, 980
fraus sublimi regnat in aula.
Tradere turpi fasces populus gaudet, eosdem colit atque odit.
tristis uirtus peruersa tulit praemia recti :castos sequitur 985
mala paupertas uitioque potens regnat adulter
uane pudor
falsumque decus !
Consolation ImV (STEWART, RAND, TESTER 1973)
O stelliferi conditor orbis Qui perpetuo nixus solio
Rapido caelum turbine uersas Legemque pati sidera cogis,
Vt nunc pleno lucida cornu 5
Totis fratris obuia flammis Condat stellas luna minores,
Nunc obscuro pallida cornu Phoebo proprior lumina perdat,
Et qui primae tempore noctis 10
Agit algentes Hesperos ortus, Solitas iterum mutet habenas
Phoebi pallens Lucifer ortu.
Tu frondifluae frigore brumae Stringis lucem breuiore mora : 15
Tu, cum feruida uenerit aestas,Agiles nocti diuidis horas.
Tua uis uarium temperat annum Vt quas Boreae spiritus aufert
Reuehat mites Zephyrus frondes 20
QuaequeArcturus semina uidit Sirius altas urat segetes.
Nihil antiqua lege solutum Linquit propriae stationis opus.
Omnia certo fine gubernans 25
Hominum solos respuis actus Merito rector cohibere modo.
Nam cur tantas lubrica uersat Fortuna uices ? Premit insontes
Debita sceleri noxia poena, 30
At peruersi resident celso Mores solio sanctaque calcant
Iniusta uice colla nocentes.
Latet obscuris condita uirtus Clara tenebris iustusque tulit 35
Crimen iniqui.
Nil periuria, nil nocet ipsis Fraus mendaci compta colore.
Sed cum libuit uiribus uti,Quos innumeri metuunt populi 40
summos gaudent subdere reges.
O iam miseras respice terras Quisquis rerum foedera nectis.
Operis tanti pars non uilis Homines quatimur fortunae salo. 45
Rapidos rector comprime fluctus Et quo caelum regis immensum
Firma stabiles foedere terras.
NOTES
18 STEINER 1993, p. 14.
19ID. p. 14.
20« Pourquoi un honnête amour habite‐t‐il sous d’humbles toits, pourquoi l’humanité moyenne garde‐t‐elle des sentiments sains, pourquoi les gens de condition modeste se contrôlent‐ils, pourquoi, au contraire, les riches et ceux qui ont l’appui du pouvoir royal recherchent‐ils plus d’avantages qu’il n’est permis ? » (v. 211–214, traduction F.‐R. CHAUMARTIN).
21« Pourquoi mets‐tu un soin si attentif à mouvoir le cycle permanent des espaces célestes ? […] Mais
pourquoi toi qui diriges des ensembles si grandioses […], te soucies‐tu si peu des humains, es‐tu
tellement loin d’eux, sans te préoccuper d’être propice aux bons et nuisible aux pervers ? » (v. 964–965,
971, 975–976 bis, traduction F.‐R. CHAUMARTIN).
22En III, 6, 1 et III, 7, 6.
23« Lorsqu’elle vit les Muses poétiques se tenir à notre lit et dicter des mots à mes pleurs […] : “Qui,
dit‐elle, a permis à ces courtisanes de scène de s’approcher de ce malade ? […] Ce sont elles qui sous
les épines stériles des passions détruisent la moisson fertile de la raison, et elles habituent les esprits
des hommes à la maladie, loin de les en libérer. […] Mais partez donc, Sirènes douces jusqu’à en
provoquer la mort, et laissez mes propres Muses le soigner et le guérir.” »
24« Nous utiliserons quelques temps des remèdes plus doux. »
25FUMAROLI, LAZAM 1989, p. 34.
26ID., p. 34.
27« Cependant trône tout là‐haut le Créateur : aux commandes du monde, il tient les rênes, roi et
seigneur, source et origine, loi et sage arbitre de ce qui est juste… » (traduction C. LAZAM).
28Voir n. 17.
29Voir n. 21 pour la traduction.
30« Pourquoi la Fortune incertaine roule‐t‐elle de tels retournements ? »
31« Accorde un regard à cette pauvre Terre, toi qui entrelaces les règles de l’univers. Nous les
hommes, part non négligeable de ton grand œuvre, nous sommes ballotés par les remous de la
fortune. Gouverne et contiens ses lames déferlantes et comme tu le fais pour l’immensité du ciel
impose des règles stables à la Terre ! » (traduction C. LAZAM).
32Je remercie Mme le Professeur J. Dangel et M. le Professeur V. Zarini pour l’aide qu’ils m’ont
apportée dans l’élaboration de ce travail, ainsi que les participants au colloque Melpomène dans tous ses
états pour leurs suggestions et leurs questions.
SOURCE MOSAIQUE revue des jeunes chercheurs en Sciences de l’Homme et de la Societe
(ETRE CONTENUE)